Une nuit électrique à la Rod Laver Arena
Il y a des matchs du premier tour qui passent sans bruit, et puis il y a ceux qui laissent une trace. Celui-ci appartenait clairement à la seconde catégorie. Ce 20 janvier 2026, sous les lumières de la Rod Laver Arena, Ben Shelton a franchi un cap symbolique en dominant Ugo Humbert en trois sets accrochés, 6-3, 7-6(2), 7-6(5). Le score est sec, mais le combat, lui, a été bien plus rude qu’il n’y paraît. Pendant près de trois heures, les deux hommes ont livré une bataille de nerfs, de puissance et de timing, offrant au public australien un match d’ouverture déjà chargé de tension et de promesses.
Shelton frappe fort d’entrée
Dès les premiers jeux, Shelton a posé le décor. Service lourd, engagement total, volonté d’imposer un rythme élevé. Le gaucher américain a rapidement pris l’ascendant grâce à une première balle autoritaire et un coup droit capable de dicter l’échange. Humbert, pourtant réputé pour sa capacité à casser le tempo, a subi dans le premier set. Trop de balles courtes, trop de retours neutralisés par la puissance adverse. Le 6-3 est logique, presque clinique, et Shelton semble alors sur une autoroute.
Humbert s’accroche et change la dynamique
Mais le Français n’a jamais été du genre à disparaître sans réagir. Dans le deuxième set, Humbert ajuste. Il recule légèrement en retour, varie davantage, cherche les angles plutôt que la confrontation directe. Le match s’équilibre, les jeux s’enchaînent, et la tension monte à chaque service tenu. Humbert s’offre même des opportunités, sans réussir à les convertir pleinement. Arrive alors le tiebreak, ce territoire où les détails deviennent décisifs. Shelton y fait parler sa solidité mentale. Moins d’erreurs, plus de prises d’initiative au bon moment. Humbert force, Shelton punit. Le set bascule, et avec lui, une partie de l’espoir français.
Un troisième set à suspense total
Le scénario aurait pu s’écrire autrement. Humbert démarre le troisième set pied au plancher, prend une avance de 3-0 et semble enfin avoir trouvé la clé. La Rod Laver Arena sent le basculement possible. Shelton doute quelques minutes, commet des fautes inhabituelles, mais refuse de lâcher. C’est là que le match change de dimension. L’Américain resserre le jeu, s’appuie sur son service, accepte de rallonger les échanges. Point après point, il grignote son retard, jusqu’à revenir à hauteur.
Le tiebreak final est une épreuve de sang-froid. Humbert joue juste, Shelton joue fort. Et dans ces moments-là, la différence se fait souvent à l’instinct. Shelton attaque le second service, prend le filet, assume le risque. À 6-5, une dernière frappe gagnante scelle le sort du match. Le public applaudit, conscient d’avoir assisté à un vrai combat.
Un message envoyé après la désillusion de 2025
Cette victoire n’est pas anodine pour Shelton. L’an dernier, au même endroit, il avait vu sa route s’arrêter en demi-finale face à Jannik Sinner, futur vainqueur du tournoi. Ce souvenir plane encore, mais cette entrée en matière maîtrisée montre un joueur plus mature, plus patient, capable de gérer les temps faibles sans paniquer. Shelton n’est plus seulement un serveur spectaculaire. Il devient un compétiteur complet, conscient de ses forces et de ses limites.
Humbert, une défaite frustrante mais encourageante
Pour Humbert, l’élimination est cruelle, mais elle ne raconte pas toute l’histoire. Le Français a tenu tête à l’un des joueurs les plus explosifs du circuit, a su ajuster son plan de jeu et pousser son adversaire dans ses retranchements. Il lui a manqué un soupçon de réussite dans les moments clés, et peut-être un peu plus de tranchant sur les balles de break. Mais la performance reste solide, et elle confirme qu’Humbert possède toujours les armes pour rivaliser sur les grandes scènes.
Shelton s’installe parmi les prétendants
À l’échelle du tournoi, ce succès place Shelton dans une position intéressante. Sans faire de bruit excessif, il avance avec autorité. Dans un tableau où la concurrence est féroce, cette capacité à gagner sans concéder de set, tout en traversant des zones de turbulence, est souvent un signe révélateur. L’Australian Open ne pardonne rien, mais il récompense ceux qui savent durer.
Ce premier tour n’était qu’un début. Mais pour Shelton, il ressemble déjà à une déclaration.
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