Jérémy Jacquet, le pari brûlant de Liverpool
Il y a des trajectoires qui ressemblent à des contes de fées écrits à la hâte, comme si le football s’amusait à accélérer le destin d’un gamin trop pressé d’embrasser le très haut niveau. Jérémy Jacquet appartient à cette catégorie. Il y a encore douze mois, il défendait les couleurs de Clermont en Ligue 2. Aujourd’hui, il représente l’une des transactions les plus chères de l’histoire du Stade Rennais et un pari affirmé de Liverpool pour la prochaine décennie.
Soixante-dix, soixante-douze millions. Peu importe le chiffre final, l’idée est la même: Rennes vient de signer un jackpot XXL, et Jacquet, lui, s’offre une rampe de lancement vers un univers qui ne pardonne rien mais qui peut tout offrir.
We have reached an agreement for the transfer of Jeremy Jacquet from Stade Rennais, with the defender set to join the club ahead of the 2026-27 season, subject to a work permit and international clearance 🙌🔴
— Liverpool FC (@LFC) February 2, 2026
La montée fulgurante
Quand Rennes l’a rappelé de son prêt en janvier 2025, ce n’était pas pour faire de la figuration. Le club savait déjà ce qu’il avait dans les mains. Un central de 20 ans, profil moderne, capable de relancer sous pression, d’attaquer l’espace, de couvrir large sans transpirer. Très vite, Jacquet est devenu plus qu’un espoir: un pilier. Trente et une titularisations plus tard, il possède l’aura d’un défenseur qui dégage autant d’explosivité que de calme intérieur.
Les recruteurs n’ont pas mis longtemps à s’en rendre compte. Milan, le Real Madrid, le Bayern Munich ont jeté un œil. La Premier League, elle, a débarqué avec un carnet de chèques qui n’a pas tremblé. Chelsea a tenté le forcing cet hiver, persuadé de pouvoir rafler la mise avant tout le monde. Refus catégorique de Rennes. Jacquet ne partira pas avant juin, point final.
Liverpool, le bon moment, le bon projet
Dans ce jeu de séduction, c’est Liverpool qui a joué sa partition avec le plus de finesse. Attentifs mais jamais intrusifs, les Reds ont attendu le bon moment pour accélérer. Le joueur, déjà séduit par la perspective de rejoindre le champion d’Angleterre, n’a pas hésité longtemps. Le discours est clair: un rôle majeur à construire, un environnement qui valorise les défenseurs intelligents, un football qui colle à son ADN.
Sur les réseaux du Stade Rennais, Jacquet a livré un message simple, presque pudique: il est honoré. Honorer Liverpool, oui, mais honorer Rennes d’abord, ce club formateur qu’il considère comme plus qu’une maison. Il veut finir solide, complet, avec du cœur. Une promesse presque banale mais qui sonne vraie chez lui.
Un deal en or pour Rennes
Dans les bureaux bretons, le sourire est discret mais réel. C’est un coup financier majeur dans une période où chaque euro compte. Avec Jacquet, plus les 35 millions tirés de la vente de Kader Meïté à Al Hilal, Rennes respire un peu mieux. Le club peut colmater son déficit structurel, continuer de miser sur ce centre de formation qui fait la fierté du Roazhon Park, et maintenir une stratégie connue: former, valoriser, vendre cher.
Habib Beye, lucide, l’a reconnu: Rennes ne peut pas lutter sur le terrain économique. La Premier League joue dans une autre galaxie. La phrase est tombée, nette: on n’a pas les armes pour combattre. Alors autant transformer chaque départ inévitable en modèle sportif et financier. Jacquet en est la définition parfaite.
La fin de saison en rouge et noir
Rennes garde son défenseur jusqu’à juin. Une petite victoire dans ce tumulte mercato. Le club espère le voir se remobiliser, refermer la parenthèse marché pour servir la cause rennaise jusqu’au bout. Cette dernière danse peut offrir une vraie conclusion à son histoire locale avant le grand saut vers Anfield.
Sur le terrain, Jacquet n’a pas encore tout vécu. Mais une chose est certaine: il avance vite, très vite. Trop vite pour la Ligue 1, peut-être. Assez vite, sûrement, pour Liverpool.
La suite appartient au joueur. Et pour une fois, tout le monde est prêt à payer pour la connaître.


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