Les États-Unis frappent fort et Snoop Dogg valide: un derby nord-américain sous haute tension
Il y a des matchs qui ressemblent à des séances de respiration. On inspire, on expire, on réalise qu’on est resté en apnée pendant un moment sans même s’en rendre compte. Le duel États-Unis Canada en curling mixte, vendredi à Milano Cortina, faisait partie de ceux-là. Une petite folie glacée, un bras de fer qui a tenu la salle entière, y compris un certain Snoop Dogg, dans une sorte de tension électrique.
Sur la glace, Korey Dropkin et Cory Thiesse n’ont jamais vraiment eu le contrôle complet, mais ils n’ont jamais lâché la corde non plus. En face, Brett Gallant et Jocelyn Peterman jouaient comme ces voisins un peu trop bruyants que vous adorez détester. Le score avançait à petits pas, péniblement, presque à contretemps. 4 4 après six ends, preuve d’un match qui cherchait encore son point de bascule.
Le powerplay qui change tout
Puis est arrivé ce moment que chaque équipe espère voir surgir au bon instant. Un powerplay parfaitement calé. Une fenêtre tactique trop belle pour être ignorée. Et Thiesse, qui jusque-là jouait avec un calme olympien, a sorti LE tir de la soirée. Une trajectoire propre, une précision chirurgicale, la pierre canadienne éjectée du house comme si la glace s’était inclinée pour lui ouvrir la voie. Trois points arrachés, la salle qui explose, Dropkin qui serre le poing comme si tout l’air retenu pendant deux heures s’échappait d’un coup.
Victoire 7 5. Une victoire qui compte. Une victoire qui respire un parfum de qualification, mais aussi une victoire dans un derby qui, par définition, vaut toujours un peu plus que les autres.
Après le match, Dropkin reconnaît que l’ambiance avait de quoi secouer les nerfs. Snoop Dogg, debout, lunettes fumées, sourire XXL, n’était pas vraiment du genre à passer inaperçu. Ni les fans américains, bruyants comme dans une salle NBA. Mais l’Américain l’admet avec un petit rire: parfois, cette folie extérieure aide à se recentrer. On se laisse flotter un instant avant de replonger dans le sérieux du geste. Un équilibre fragile, mais salvateur.
L’Italie se réveille, et de quelle manière
Plus tôt, on aurait pu croire que l’Italie championne en titre avait perdu la main. La défaite de jeudi contre le Canada avait laissé quelques traces. Puis Stefania Constantini et Amos Mosaner se sont rappelés à tout le monde. Menés 4 3 par la Suisse, ils ont retourné le match comme on retourne une table en plein débat. Quatre points dans le quatrième end, trois dans le cinquième, deux dans le sixième. Un rouleau compresseur. Score final 12 4, et la Suisse contrainte de jeter l’éponge avant la fin.
Le message est clair: ne jamais enterrer l’Italie trop tôt.
La Grande Bretagne déroule
Pendant ce temps, Jennifer Dodds et Bruce Mouat continuent leur petit récital. Une victoire solide 7 4 contre la paire suédoise Rasmus et Isabella Wranaa. Quatre matchs, quatre victoires, une maîtrise tranquille, une sensation d’équipe qui a déjà trouvé son rythme de croisière. Mouat le résume simplement: ils jouent bien, ils s’amusent, et surtout ils montent en puissance.
La suite? Encore cinq matchs de round robin, encore des pièges, encore des moments où tout peut basculer. Mais ce vendredi, entre un powerplay parfait, un champion olympique renaissant et un rappeur mythique au bord de la piste, le curling a offert ce qu’il sait faire de mieux: transformer de la glace en énergie vive. Une histoire, un rythme, une tension. Le genre de truc qui vous fait oublier que vous étiez venu regarder glisser des pierres sur une surface gelée.
Crédit photo : Richard Heathcote/Getty Images


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