Il y a les défaites. Et puis il y a les soirs où tout s’effondre.
Au Riyadh Air Metropolitano, le Atlético de Madrid n’a pas simplement battu le FC Barcelone. Il l’a démonté, méthodiquement, froidement, presque cruellement. 4-0 à la pause. 4-0 score final. Une demi-finale aller de Coupe du Roi qui ressemble déjà à une condamnation.
Les hommes de Diego Simeone ont joué comme une équipe qui sait exactement ce qu’elle fait. Ceux de Hansi Flick ont donné l’impression inverse.
Quarante-cinq minutes de naufrage
Le Barça arrive diminué, mais pas abattu. Six victoires consécutives toutes compétitions confondues. Un 4-3-3 ambitieux avec Lamine Yamal, Dani Olmo et Ferran Torres devant.
Sept minutes plus tard, tout est déjà en train de brûler.
Passe en retrait mal assurée, contrôle raté du portier catalan, ballon qui file au fond. Premier cadeau. Premier coup derrière la tête.
L’Atlético sent le sang.
Antoine Griezmann envoie une frappe dans le petit filet. 2-0. Lookman percute, Alvarez conclut. 3-0, puis 4-0 juste avant la pause. Une démonstration d’intensité, de verticalité, d’efficacité.
Le Barça, lui, tient le ballon. Beaucoup. Mais sans âme, sans pressing coordonné, sans agressivité dans les duels. Une possession stérile face à une équipe qui attaque chaque transition comme si sa vie en dépendait.

Une défense à la dérive
Le symbole de la soirée ? Une ligne défensive incapable de se parler.
Eric Garcia hésite. Cubarsi joue le hors-jeu à contretemps. Baldé souffre dans son couloir. Jules Koundé sauve ce qu’il peut, mais colmate des brèches impossibles à fermer seul.
Le deuxième but de Griezmann résume tout : liberté totale dans les 16 mètres, aucun cadrage, aucune pression réelle.
Ce n’est pas un accident. C’est un problème structurel.
À la pause, le Barça encaisse quatre buts pour la deuxième fois seulement depuis 2004-2005. Et cette fois, ce n’est pas une anomalie statistique. C’est le reflet d’un déséquilibre.
Un sursaut… et une polémique
En seconde période, le Barça montre enfin un peu de vie. Fermin Lopez tente. Pau Cubarsi croit réduire l’écart après un cafouillage.
But annulé. Hors-jeu.
Après plusieurs minutes de vérification, la CTA admettra un problème technique du système semi-automatique. Erreur de modélisation des joueurs, densité dans la surface, recalibrage impossible.
La polémique explose.
Eric Garcia s’emporte. Flick aussi. “C’est un désastre”, lâche l’entraîneur allemand, furieux du manque de clarté.
Mais la vérité est brutale : même sans cette décision, le Barça perdait 4-0.
L’arbitrage ne masque pas la faillite.
Simeone, maître de la tempête
Pendant que Barcelone se cherche, l’Atlético déroule. Solide, discipliné, chirurgical.
Même après les sorties de Griezmann, Lookman ou Alvarez, la structure tient. Bloc compact, transitions rapides, gestion parfaite du tempo.
Simeone a préparé son coup comme un stratège. Pressing ciblé sur la première relance catalane, exploitation systématique des espaces derrière les latéraux.
Ce n’était pas une victoire émotionnelle. C’était un plan exécuté à la perfection.
Un exploit ou une illusion ?
Le 3 mars, au Camp Nou, le Barça devra marquer quatre fois. Sans encaisser.
Eric Garcia y croit. Deco parle d’intensité retrouvée. Flick évoque deux mi-temps de 45 minutes pour inscrire deux buts à chaque fois.
Mais la réalité est lourde.
Pour espérer renverser la situation, Barcelone devra d’abord se reconstruire défensivement. Retrouver de la cohérence, du pressing collectif, une ligne compacte.
Sinon, cette demi-finale aller restera comme le soir où le tenant du titre s’est désintégré.
Et où l’Atlético a rappelé que dans les grands rendez-vous, l’intensité et la discipline écrivent souvent l’histoire.
Photo by BURAK AKBULUT / Anadolu via AFP
Découvrez le reste de l’actu sportive sur PenseBet !


Laisser un commentaire