Un ours piqué qui a rugi
On avait entendu les Suisses parler de « piquer l’ours ». Mauvaise idée.
Vendredi soir à Milan, le Canada a répondu comme le font les grandes puissances du hockey : en appuyant sur l’accélérateur et en ne regardant plus dans le rétroviseur. Victoire 5-1 face à la Suisse, première place du groupe A, billet direct pour les quarts de finale et, surtout, un message envoyé à tout le tournoi.
Ce Canada-là ne joue pas. Il impose.
La ligne McDavid – MacKinnon – Celebrini, laboratoire nucléaire
Quand tu alignes Connor McDavid, Nathan MacKinnon et Macklin Celebrini sur la même ligne, tu ne cherches pas l’équilibre. Tu cherches le chaos chez l’adversaire.
Résultat ? Huit points à eux trois. Trois buts, cinq passes. Des séquences à haute vitesse où la rondelle semble attachée à leur lame. McDavid et MacKinnon terminent chacun avec un but et deux assists. Celebrini, 19 ans, ajoute un but et une passe. Deux matchs olympiques, déjà deux buts. L’insouciance a parfois des allures de génie.

Le premier coup de massue tombe en power play. McDavid, cercle droit, tir du poignet qui fuse et surprend Akira Schmid. 1-0. Quelques minutes plus tard, il sert Thomas Harley plein axe. 2-0. La Suisse vacille.
Quand ces trois-là trouvent leur tempo, tout paraît simple. Trop simple.
Une Suisse courageuse… puis débordée
La Suisse n’a pas été ridicule. Loin de là. Portée par une tribune bruyante à une heure de sa frontière, elle a joué crânement sa chance. Pius Suter profite d’un rebond pour réduire l’écart à 2-1. Pendant quelques minutes, le doute flotte.
Puis le Canada accélère encore.
Celebrini conclut d’une reprise limpide après une passe aveugle de MacKinnon. 3-1. L’écart devient structurel. La profondeur canadienne fait le reste. Sidney Crosby et les autres s’inscrivent dans la partition. Logan Thompson ferme la porte avec 24 arrêts, propre, sobre, efficace.
Ce n’est pas seulement du talent. C’est de la maîtrise.
L’ombre inquiétante autour de Kevin Fiala
La fin de match a laissé un goût amer. Kevin Fiala, pièce essentielle du dispositif suisse, a quitté la glace sur civière après un contact le long des bandes avec Tom Wilson. Direction l’hôpital. Les visages suisses étaient fermés.
Dans un tournoi court, chaque blessure pèse double. Et celle-ci pourrait coûter cher.
Le favori assume son statut
Deux matchs, deux démonstrations. Après la Tchéquie balayée 5-0, la Suisse dominée 5-1. Le Canada ne se contente pas de gagner, il contrôle. Il impose son rythme, son intensité, son identité.
McDavid est déjà à six points en deux rencontres. MacKinnon joue avec la rage d’un homme qui veut tout prendre. Celebrini, lui, découvre les Jeux comme s’il les avait déjà gagnés cent fois.
Le Canada file en quarts avec un bye. Les autres regardent. Et se demandent comment ralentir une machine lancée à pleine vitesse.
Pour l’instant, la réponse est simple : on ne ralentit pas l’ours. On évite juste de le piquer.
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