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NBA - Tanking : 5 solutions pour Adam Silver et la NBA

NBA – Tanking : 5 solutions pour Adam Silver et la NBA

En plein All-Star Break, la NBA est à l’arrêt, et c’est souvent le moment idéal pour faire le bilan sur la cinquantaine de matchs déjà disputés, mais aussi sur les nouvelles problématiques de la ligue. Cette saison, un des sujets qui revient le plus souvent sur la table est le tanking. En cause, des équipes comme le Jazz, les Wizards ou les Nets qui se mettent à perdre volontairement des rencontres dès février, bien plus tôt que ce qu’on avait l’habitude de voir les années passées.

Adam Silver est conscient du problème et a annoncé avoir lancé un processus de recherche pour faire face à ce fléau, en mettant bien l’accent sur le fait que toutes les options seraient étudiées. Le commissioner a été clair : « Ce qui est en place maintenant […], ça ne fonctionne pas ». Nous avons décidé de lui donner un coup de main en lui proposant quelques solutions !

Qu’est-ce que le tanking ?NBA - Tanking : 5 solutions pour Adam Silver et la NBA

Tout d’abord, il faut déterminer ce qu’est le tanking. Pour faire simple, c’est une pratique qui consiste à perdre volontairement des matchs pour récolter les bénéfices prévus par la ligue pour les équipes plus faibles. En NBA, une équipe moins bien classée aura davantage de chances d’obtenir le premier choix de draft à la loterie, et au global de meilleures chances de choisir haut lors de la prochaine sélection de jeunes talents. Ce processus est surtout viable dans les ligues fermées, comme le sont les grandes ligues américaines, contrairement aux championnats du reste du monde, peu importe le sport, qui misent souvent sur un système de promotion/relégation, sans draft à la fin de la saison.

Dans un monde idéal, si chaque équipe joue à son plein potentiel à chaque match, le classement en fin de saison reflèterait réellement les forces en présence, et permettrait aux équipes les plus faibles d’avoir de meilleures chances d’obtenir un choix de draft haut placé. Le problème en NBA aujourd’hui est que de plus en plus d’équipes commencent à forcer leur destin en perdant volontairement des matchs, et de plus en plus tôt, ce qui affecte grandement la qualité de certains matchs, où les meilleurs joueurs sont carrément mis au repos, ou alors sortis de la rencontre à un moment où ils ne l’auraient pas été si l’objectif était de gagner.

Quelques exemples historiquesNBA - Tanking : 5 solutions pour Adam Silver et la NBANBA - Tanking : 5 solutions pour Adam Silver et la NBA NBA - Tanking : 5 solutions pour Adam Silver et la NBA

Si le sujet revient sur le devant de la scène dernièrement, ça n’est pas pour autant que le tanking est nouveau, loin de là. Les Rockets de 1983-84 avaient commencé la saison avec un bilan de 20 victoires pour 26 défaites. Considérant que la saison était perdue quoiqu’il arrive, la direction a décidé de donner plus de temps de jeu à des joueurs moins expérimentés et moins talentueux, avec comme but de perdre le plus de matchs possible, et s’offrir une chance de récupérer Hakeem Olajuwon.

A l’époque, le premier choix de draft était déterminé par un pile ou face, que la franchise texane a remporté, leur laissant le champ libre pour sélectionner le pivot. En réaction, la NBA a mis en place la loterie, un système où chaque équipe a un certain pourcentage de chances d’obtenir le premier choix, plus ou moins élevé en fonction de leur bilan.

Plus récemment, les Sixers ont enchaîné plusieurs saisons sans remporter plus de 20 matchs dans l’objectif de reconstruire la franchise autour de jeunes prospects, une stratégie qui a fonctionné puisque la franchise s’est ensuite qualifiée pour les Playoffs pendant sept saisons consécutives. Le Thunder a aussi amassé les choix de draft à partir du transfert de Paul George en 2019 pour repartir de l’avant, ce qui leur a, à terme, permis de devenir les champions NBA 2025.

Ces franchises ont utilisé une autre facette du tanking, probablement plus éthique : transférer les joueurs de qualité en échange de mauvais contrats et de choix de draft, dans l’objectif de perdre des matchs à cause d’un effectif qui n’a simplement pas les capacités de rivaliser avec les autres équipes de la ligue. Cette manière de tanker ne pose probablement pas de problèmes à la ligue, étant donné qu’il n’y a pas de talent mis de côté, et que les transferts finissent par être relativement gagnant-gagnant, penchant même parfois en faveur de l’équipe qui échange le meilleur joueur au moment de la transaction.


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Les solutions potentielles

Après avoir évoqué ce qu’était le tanking et mentionné quelques exemples, il est temps de revenir à nos moutons, et proposer des solutions à Adam Silver. Ce que le commissioner cherche à abolir, c’est le tanking « forcé », celui où une franchise met au repos ses joueurs en plein match pour perdre une rencontre qui leur était promise, ou quand tous les joueurs du cinq de départ sont malencontreusement absents dans un match susceptible de leur offrir de meilleures chances à la loterie.

Pour le moment, le seul levier mis en place par la ligue pour punir ces pratiques ont été les amendes : 500 000 dollars pour le Jazz, 100 000 dollars pour les Pacers, et une menace de rendre inutilisables certains choix de draft si la situation venait à se reproduire. Ce système pourrait rester le même, mais probablement que les franchises trouveraient des moyens pour le contourner.

Si on ajoute à ça le fait que chaque année, les joueurs stars des équipes de bas de tableau sont reposés de plus en plus tôt, sans aucune raison valable, il est inévitable qu’au bout d’un moment, la pratique sera utilisée dès décembre, augmentant encore plus le nombre de rencontres sans suspense puisqu’une équipe ne cherche pas du tout à gagner.

L’objectif d’Adam Silver est d’offrir un produit où chaque rencontre est compétitive, avec comme but final d’arriver à la parité en NBA, un stade où le talent est réparti aussi également que possible. Ce qui le dérange, c’est le fait que les pires équipes de la ligue ne sont pas nécessairement celles qui ont les meilleures chances à la draft l’été suivant, puisque d’autres équipes s’ajoutent à la course et viennent fausser le classement. Penchons-nous maintenant sur quelques options envisageables selon nous, qui pourrait apporter une solution au problème.

  • Supprimer complètement la draft

C’est sûrement l’option qui chamboulerait le plus le paysage de la ligue, étant donné que la draft est une partie intégrante de la NBA depuis sa création en 1946. Ce système permet à 60 nouveaux joueurs d’être sélectionnés par des équipes NBA, et ouvre la voie à des contrats de plusieurs années pour la majorité d’entre eux. En supprimant la draft, les rookies arriveraient en tant qu’agents libres et pourraient donc signer où bon leur semble, contrairement au système actuel où ils n’ont que très peu d’impact sur le choix de leur destination.

En transformant la draft en un marché ouvert, il n’y a plus aucun intérêt à perdre des matchs volontairement, chaque équipe serait poussée à jouer de son mieux à chaque match. On peut aussi supposer que les équipes plus faibles seront moins attrayantes pour les rookies, contrairement à une équipe qui a montré de belles promesses, sans pour autant faire partie des favoris au titre. D’un point de vue du tanking, la solution paraît parfaite.

Un des problèmes qui vient immédiatement à l’esprit avec cette réponse au tanking : les gros marchés, tels que Los Angeles ou New York seront sûrement favorisés. A offre égale, un jeune joueur qui arrive en NBA ne va probablement pas choisir d’aller jouer à Salt Lake City avec le Jazz s’il peut s’engager avec les Clippers ou les Lakers, dans l’hypothèse où le rôle proposé est similaire aussi.

Cette solution devrait donc venir accompagnée de restrictions, que ce soit en termes de masse salariale disponible par équipe pour recruter des prospects ou encore de nombre de spots dans le roster mis à disposition à cet effet. Supprimer la draft serait aussi synonyme de la fin des choix de draft transférables, ce qui affecterait grandement la capacité des équipes à effectuer des échanges, ce qui reste un des éléments qui font de la NBA une ligue spectaculaire et passionnante à suivre saison après saison.

  • Une loterie qui prend en compte les 2 ou 3 dernières saisons

C’est le système actuellement en place en WNBA. Les chances d’obtenir le premier choix de draft à la loterie sont basées sur le bilan de la franchise sur les 2 dernières saisons. Cela « oblige » les équipes qui veulent tanker à le faire pendant deux années de suite pour avoir une meilleure chance d’obtenir le premier choix de draft, autant dire qu’il faudrait convaincre les fans de la stratégie, sous peine de perdre tout soutien de leur part si jamais la stratégie ne fonctionne pas.

Ce système pourrait connaître les mêmes dérives que celui utilisé actuellement, avec encore plus d’ampleur, si jamais une équipe a vraiment envie d’être dans les meilleures dispositions pour obtenir un prospect sur les tablettes de ses scouts depuis plusieurs années. Mais cela ouvre la franchise au risque de perdre sciemment pendant deux années consécutives, pour au final se retrouver avec un choix de draft trop lointain pour récupérer un talent qui va changer la trajectoire de la franchise, et théoriquement devoir recommencer l’année suivante, en espérant avoir une meilleure chance.

Dans le cadre de la NBA, Adam Silver pourrait décider de prendre le bilan des trois dernières saisons, ce qui devrait refroidir assez les équipes de perdre volontairement pendant aussi longtemps pour augmenter leurs chances à la loterie et rétablir une hiérarchie logique dans la ligue, avec les vraies équipes les plus faibles en bas de tableau. Le tanking serait bien moins récompensé, en tout cas beaucoup moins rapidement.

Cela éviterait aussi de venir renforcer des équipes habituellement bonnes, mais qui ont un de leurs meilleurs joueurs blessés pour une longue partie de la saison. Les Pacers de cette saison en sont un bon exemple : sans Tyrese Haliburton, la direction a décidé qu’il était plus judicieux de tanker pour ajouter un jeune talent aux côtés de l’effectif qui a déjà réussi à se hisser en Finales NBA en 2025.

  • Un système de bonus/malus

Dans cette hypothèse, la ligue mettrait en place un système de barème anti-tanking, arbitré totalement par la NBA. Les pourcentages de chance d’obtenir le premier choix restent les mêmes, mais la différence, c’est qu’ils peuvent évoluer en cours de saison. Si le comité anti-tanking (qui serait mis en place par Adam Silver pour veiller au grain et faire fonctionner ce système) estime qu’une équipe a usé de ruses pour perdre volontairement le match, alors elle perdrait un certain pourcentage de ses chances d’obtenir le plus haut choix de la draft. Cette part perdue serait alors redistribuée également aux 13 autres équipes de la loterie.

En clair, avec cette méthode, une équipe qui tank volontairement trop sera pénalisée énormément à la loterie, tandis que les équipes qui sont réellement en difficulté et qui ont besoin d’un jeune talent pour se relancer et remonter la pente verra son pourcentage de chance toujours aussi bon, voire encore meilleur que dans le système actuel en fonction du sérieux des autres équipes, qui auront respecté ou non les règles.

Pour que cette idée fonctionne, il faudrait évidemment définir très clairement ce qui est considéré comme du tanking non éthique et associer à chaque faute un malus en pourcentages, qui se transformera en bonus pour les autres équipes. Le principal point faible de cette proposition réside évidemment dans le fait qu’il est compliqué de juger si un joueur est réellement blessé ou non, et il y aura forcément une part arbitraire dans les décisions prises par la ligue, mais une menace de moins 0.5% de chances pour le first pick à chaque faute risque de refroidir quelques équipes qui tank, d’autant plus que ça renforce les chances de leurs concurrents directs.

  • Enlever la possibilité d’avoir des choix dans le top 5 plus d’une fois en trois ans

Cette option est relativement explicite. On conserve le même système actuellement en place en termes de pourcentages de chance, sauf que si une franchise se retrouve dans le top 5 de la draft une année, elle ne peut plus y entrer lors des deux prochaines drafts, même si elle est la pire équipe de la ligue sur ces deux saisons-là. Avec cette méthode, le message est clair : vous avez une année sur trois pour récupérer un des top prospects.

Cela n’interdit pas complètement le tanking, mais instaure une contrainte supplémentaire pour les équipes qui voudraient encore et toujours truquer leur destin. Il faudra bien choisir sur les cycles de trois saisons, laquelle vaudra réellement la peine de se saboter pour espérer avoir un des meilleurs choix à la draft. Autant dire que faire le calcul n’est probablement pas la meilleure option pour progresser rapidement, puisque l’objectif de chaque franchise reste logiquement d’aller chercher le titre.

Une chose est sûre : miser sur des 6èmes choix de draft au mieux deux années sur trois ne sera jamais la meilleure stratégie pour faire avancer une franchise. Pour référence, voilà les cinq derniers 6èmes choix : Tre Johnson, Tidjane Salaun, Anthony Black, Bennedict Mathurin et Josh Giddey. De très bons joueurs, mais rien d’assez impactant pour changer la trajectoire d’une franchise.

  • S’inspirer du système utilisé en PWHL

Dernière option, adopté par la ligue féminine de hockey sur glace (PWHL) et qui nous vient d’un étudiant en doctorat à l’époque, Adam Gold, qui avait réfléchi à un système pour contrer le tanking, en poussant les équipes déjà éliminées dans la course aux Playoffs à remporter le plus de matchs possibles pour booster leurs chances de remporter le premier choix de la future draft.

La proposition est simple. Dès qu’une équipe est mathématiquement éliminée de la course aux Playoffs, chaque victoire lui offre des points qui amélioreront ses chances d’obtenir le premier choix de la draft à venir. Avec ce système, les pires équipes, qui seront logiquement éliminées plus tôt, auront donc plus de matchs pour améliorer leurs chances à la loterie. Avec cette méthode, chaque équipe a toujours une raison de gagner.

En adaptant un peu ce « plan Gold » à la NBA et ses spécificités, Adam Silver pourrait peut-être tenir une belle solution contre le tanking, qui permettra à chaque équipe de se battre à chaque match, puisque chaque victoire sera bonne à prendre. Si une équipe veut contourner le système et saborder le début de saison pour obtenir un grand nombre de matchs qui compteraient pour leurs chances à la draft, ainsi soit-il, mais pour les joueurs laissés au repos, il sera sûrement compliqué de rentrer en plein feu de l’action contre des joueurs avec 45 matchs dans les jambes, voire plus.

Avec ces cinq options, Adam Silver a certainement de quoi réfléchir. Toutes ont évidemment leurs points positifs et négatifs, et peut-être que la solution sera totalement différente de tout ce qui a été proposé dans cet article, ou peut-être faudra-t-il combiner certaines idées pour arriver à bout de ce fléau. Le tanking prend une dimension trop grande aujourd’hui, et la NBA a décidé d’agir pour reprendre le contrôle sur ces franchises qui veulent forcer leur destin. Reste maintenant à voir dans les prochains mois quelle sera la direction prise par la grande ligue.

Crédit photo : Ryan Sirius Sun / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

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    Fan de NBA et des Spurs depuis maintenant plus de 10 ans, j’ai fondé le média Buzzer Beater sur les réseaux sociaux. Etudiant en licence information-communication, j’écris aussi des articles sur PenseBet.


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