Medhi Benatia, l’OM dans la peau
À Marseille, rien ne se fait à moitié. Ni les amours, ni les ruptures, ni les révolutions internes. Et celle qui se dessine en coulisses pourrait bien redéfinir la carte du pouvoir olympien. Medhi Benatia prend de l’épaisseur. Du poids. De l’espace. L’ancien roc de la défense, passé par la AS Roma, le Bayern Munich ou la Juventus, n’est plus seulement une caution football dans l’organigramme. Il devient le centre de gravité.
À l’OM, les murs tremblent souvent. Mais cette fois, le séisme est feutré. Pas de conférence enflammée, pas de clash public. Juste un glissement progressif. Presque naturel. Comme si le club avait trouvé en Benatia ce qu’il cherchait depuis des années, une voix crédible, un regard de terrain, une autorité qui ne s’invente pas.
Medhi Benatia conserve finalement ses fonctions à l’@OM_Officiel jusqu’à l’issue de la saison 🤯 pic.twitter.com/j1Tp2NBCiQ
— Ligue 1 McDonald’s (@Ligue1) February 17, 2026
Du vestiaire aux bureaux, la légitimité comme carte maîtresse
Benatia, ce n’est pas un costume-cravate parachuté. C’est un mec qui a connu la pression des grands soirs, les quarts de Ligue des champions, les vestiaires où chaque mot pèse lourd. Il parle football comme d’autres parlent business plan. Avec instinct. Avec vécu.
À Marseille, ça compte. Dans une institution où tout brûle vite, il apporte une forme de stabilité rugueuse. Il connaît les joueurs, comprend leurs cycles, leurs doutes, leurs besoins. Il sait aussi ce que représente ce maillot. L’OM n’est pas un club neutre. C’est un volcan. Et pour survivre ici, il faut du caractère.
En interne, son influence s’est élargie. Recrutement, stratégie sportive, vision à moyen terme. Son empreinte est visible. Moins de paris flous, plus de cohérence. Moins d’agitation, plus de colonne vertébrale.
Ce n’est pas un hasard si son pouvoir grandit.
Pablo Longoria, l’heure du costume institutionnel
Face à ce rééquilibrage, le rôle de Pablo Longoria évolue. Le président de l’Olympique de Marseille reste la tête politique, le visage officiel, l’homme des négociations et des réseaux. Mais le terrain, le sportif pur, semble glisser vers Benatia.
Longoria, c’est le stratège, l’architecte financier, le diplomate. Ces dernières saisons ont été intenses, parfois électriques. L’exposition permanente, les critiques, les crises successives. À Marseille, présider n’est pas une fonction, c’est un sport de combat.
Le repositionner vers des responsabilités plus institutionnelles, plus transversales, aurait du sens. Relations avec la Ligue, avec les instances européennes, structuration globale du club. Laisser à Benatia la gestion quotidienne du sportif, le lien direct avec le vestiaire et la cellule de recrutement. Une répartition plus lisible. Plus moderne aussi.
Un OM à deux têtes, mais une seule direction
La question n’est pas de savoir qui gagne du pouvoir. La vraie question, c’est celle de l’équilibre. Marseille a longtemps souffert de luttes d’influence, de décisions court-termistes, de visions fragmentées. Si le tandem fonctionne, l’OM peut enfin respirer.
Benatia incarne la crédibilité football. Longoria la vision structurelle. L’un parle aux joueurs, l’autre aux institutions. L’un connaît l’odeur du vestiaire après un Clasico perdu, l’autre maîtrise les arcanes du marché et des règlements.
À condition que les frontières soient claires.

Marseille réclame des actes
Ici, les discours ne suffisent jamais. Le Vélodrome veut des résultats, de la cohérence, une identité. L’OM ne peut plus naviguer à vue, balloté entre projets avortés et reconstructions permanentes.
La montée en puissance de Benatia est un signal. Celui d’un club qui cherche à se reconnecter au football pur. À l’essence même de ce sport. Moins de bruit, plus de sens. Reste à transformer l’essai.
À Marseille, on ne juge pas les organigrammes. On juge les dimanches soir. Si cette nouvelle architecture permet à l’OM de retrouver constance et ambition, alors le virage sera salué. Sinon, le volcan reprendra ses droits. Et dans cette ville, personne n’a envie d’entendre à nouveau la lave gronder.
Crédit photo : Photo par ALEX MARTIN / AFP


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