Une finale lancée pied au plancher
Elle est partie comme une patronne. Devant. Fluide. Tranchante. Pendant toute la première moitié de la finale olympique du sprint de ski-alpinisme à Bormio, Emily Harrop avait la course en main.
Les spatules bien posées, le regard fixé vers l’avant, la Française donnait l’impression de maîtriser le tempo de cette première finale olympique de l’histoire de la discipline. Une page blanche à écrire. Une médaille d’or à aller chercher.
Mais en ski-alpinisme, tout se joue dans les détails. Et parfois, dans une poignée de secondes.
Les transitions, juge de paix impitoyable
La montée était solide. L’engagement aussi. Puis sont arrivées les transitions. Les escaliers. Le rechaussage. Le dépeautage.
Face à elle, la Suissesse Marianne Fatton, championne du monde en titre, n’a rien laissé passer. Plus propre, plus rapide dans les manipulations, elle a grignoté mètre après mètre.
Harrop, elle, a connu ce léger flottement. Un ski rechaussé de travers. Un double dépeautage imparfait. Des gestes habituellement millimétrés devenus un peu moins nets. Et à ce niveau-là, une seconde, c’est une éternité.

Fatton s’est engouffrée dans la brèche et a filé vers l’or olympique inaugural. Harrop s’est battue jusqu’au bout, mais l’écart ne s’est jamais comblé.
« Je suis quand même un peu déçue, ce serait mentir de dire le contraire », a-t-elle reconnu au micro de France TV. Lucide. Touchée. Mais digne.
Ravinel au pied du podium, l’Espagne opportuniste
La frustration n’est pas que tricolore à moitié. Margot Ravinel a longtemps cru pouvoir jouer la médaille. Troisième dans la montée, solide, appliquée.
Puis, elle aussi, a payé la transition. Quelques secondes envolées au moment du dépeautage. L’Espagnole Ana Alonso Rodriguez en profite pour arracher le bronze.
Ravinel termine 6e, à 18’’5 de la championne. Une course pleine d’énergie, mais cruelle dans son verdict.
Une médaille d’argent au goût contrasté
Emily Harrop n’entre pas dans l’histoire comme première championne olympique de ski-alpinisme. Pas cette fois.
Mais elle offre à la France une 18e médaille dans ces Jeux. Et une place dans l’histoire d’un sport qui découvre la scène olympique. L’argent brille, même quand il pique un peu.
« C’est déjà fou d’obtenir une médaille olympique », a-t-elle rappelé.
À chaud, la déception domine. À froid, il restera une médaille. Une grande. Et l’impression que le ski-alpinisme féminin français est déjà au rendez-vous de l’histoire.
Photo by Fabrice COFFRINI / AFP
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