Depuis son arrivée dans la ligue il y a trois ans, Wembanyama ne fait pas dans la dentelle. Il s’impose, brutalement, comme une évidence qu’on attendait sans vraiment oser y croire. Lundi soir, la NBA a officialisé ce que tout le monde savait depuis des mois : le pivot français Victor Wembanyama est le meilleur défenseur de la ligue, élu DPOY 2025-2026.
La vidéo des Spurs pour l’annonce du premier DPOY de Victor Wembanyama…🤯🎬 pic.twitter.com/hS7bzjS4TZ
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Une victoire à l’unanimité. La première de l’histoire du trophée, créé en 1983. Oui, vous avez bien lu. En plus de quarante ans d’existence du prix, personne n’avait jamais convaincu absolument tous les votants. Ni Dikembe Mutombo, ni Ben Wallace, ni même Kawhi Leonard dans ses meilleures années. Wembanyama, lui, l’a fait à 22 ans. Sans discussion, sans débat, sans une seule voix discordante dans toute la presse américaine et mondiale.
Trois saisons pour plier le dossier
Retour rapide sur le parcours, parce qu’il mérite d’être raconté. Lors de sa saison rookie, Wemby termine déjà deuxième au vote du Défenseur de l’Année. Deuxième, en première année, dans une ligue peuplée de monstres athlétiques qui jouent depuis dix ans. La saison suivante, il part grand favori avant qu’une condition médicale ne vienne tout court-circuiter. Cette année, plus d’excuses, plus de mauvaise fortune.
3 minutos de lo que fue la temporada DPOY de Victor Wembanyama
Me parece que si se mantiene sano, los ganará todos por mucho…mucho tiempopic.twitter.com/VfTfpQE9rH
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Il mène la ligue aux contres pour la troisième saison consécutive, passe son temps à terroriser les arrières adverses dès qu’ils s’approchent de la raquette, et transforme chaque possession offensive en cauchemar collectif pour les équipes qui lui font face. Chet Holmgren d’Oklahoma City et Ausar Thompson de Detroit figuraient parmi les finalistes. Deux joueurs excellents, deux vraies saisons défensives de haut niveau. Mais face à Wembanyama, il n’y avait tout simplement rien à negocier.
Son coéquipier Keldon Johnson ne mâche pas ses mots : « Meilleur joueur du monde. » Trois mots. Secs. Définitifs.
Des records qui donnent le vertige
Ce trophée n’est pas qu’une belle image pour les réseaux sociaux. Il est accompagné d’une accumulation de records historiques qui donne littéralement le tournis. Wembanyama devient le plus jeune Défenseur de l’Année de l’histoire du prix, lui qui ne soufflera ses 23 bougies qu’en janvier prochain. Il rejoint David Robinson et Michael Jordan comme seuls joueurs à avoir remporté à la fois le Rookie de l’Année et le Défenseur de l’Année au cours de leur carrière. San Antonio devient de son côté la première franchise à aligner quatre lauréats différents du trophée, après Alvin Robertson en 1986, Robinson en 1992 et Leonard en 2015 et 2016.
Mais le détail le plus vertigineux, c’est peut-être celui-là. Wembanyama vient de remporter deux trophées majeurs à l’unanimité : le Rookie de l’Année en 2024, le Défenseur de l’Année en 2026. Personne, dans au moins les cinquante dernières saisons, n’avait réussi ça. Pas LeBron James. Pas Michael Jordan. Ces deux noms-là, à titre de comparaison, n’ont jamais remporté le moindre trophée individuel majeur à l’unanimité de leur carrière. Wembanyama en a deux. À 22 ans.
Ce n’est que le début
La saison des trophées NBA n’est pas terminée. Le Clutch Player of the Year sera révélé mardi, avec Anthony Edwards, Shai Gilgeous-Alexander et Jamal Murray dans la course. Puis viendra le MVP, l’award suprême, dont le résultat ne sera connu qu’en fin de semaine prochaine au plus tôt. Wembanyama est finaliste, aux côtés de Gilgeous-Alexander, tenant du titre, et de Nikola Jokic, triple lauréat. Ce qui est déjà acté, en revanche, c’est sa présence dans la All-NBA First Team et dans la All-Defensive Team. Quatre trophées au minimum à l’issue de cette saison. À 22 ans.
Keldon Johnson, encore lui, a résumé la situation avec une lucidité désarmante : « C’est juste un avant-goût de ce qui l’attend. Il est spécial sur le terrain, encore plus en dehors. » Difficile de lui donner tort. Parce que si Wembanyama produit ça maintenant, à cet âge, avec cette régularité, la question n’est plus de savoir s’il deviendra le meilleur joueur de l’histoire. La question, c’est jusqu’où il peut aller. Et cette question-là est peut-être la plus excitante de tout le basket mondial en ce moment.
Crédit : Photo par RONALD CORTES / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / GETTY IMAGES VIA AFP



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