Un match, des bijoux et une tempête
En plein brouillard parisien et sur la terre ocre de Roland Garros, une histoire parallèle a dépassé les lignes de fond. Les projecteurs ne se sont pas braqués uniquement sur les frappes lourdes d’:contentReference[oaicite:0]{index=0} mais sur ce qu’elle portait autour du cou. Deux colliers, une paire de boucles d’oreilles, des grenats, des diamants et une valeur qui tutoie les 100 000 dollars. Autant dire que l’entrée en lice de la numéro 1 mondiale avait déjà un parfum de polémique avant même que la première balle ne rebondisse.
Face à elle, l’Espagnole Jessica Bouzas Maneiro, battue 6-4, 6-2 mais repartie avec un chèque de 87 000 euros, soit quasiment le prix de la parure de son adversaire. De quoi alimenter les débats, et surtout réveiller les critiques envers Sabalenka, devenue l’une des voix les plus audibles du mouvement pour une meilleure répartition des revenus en Grand Chelem.
Une accusation d’hypocrisie qui ne passe pas
Alors forcément, en conférence de presse, les questions ont fusé. Comment concilier un combat pour les joueurs les moins bien classés avec des bijoux qui valent plus qu’une saison complète de nombreux athlètes du circuit secondaire. Sabalenka n’a pas esquivé. Elle a contre attaqué, raquette virtuelle en main, en dissociant clairement les deux sujets.
Aryna Sabalenka was asked if she sees how people could think it’s hypocritical that she’s calling for extra prize money while walking on court with very expensive diamonds
“I’ve seen a few people making a comparison between you calling for extra prize money and then wearing the… pic.twitter.com/BtOZAoR13K
— The Tennis Letter (@TheTennisLetter) May 26, 2026
Elle a rappelé que sa prise de position sur le prize money ne relevait pas de sa situation personnelle. Elle gagne déjà confortablement sa vie, personne n’en doute. Le circuit le sait. Le public aussi. L’intéressée encore plus. Ce qu’elle martèle, c’est que la lutte vise ceux qui galèrent, ceux qui naviguent entre qualifications, blessures, allers retours sur le circuit ITF et budgets serrés. Une réalité qui frappe des centaines de joueurs dans l’ombre des grands courts.
Une porte parole malgré elle
Sabalenka a touché 15 millions de dollars en tournois la saison dernière et cumule quatre titres majeurs. Pourtant, elle insiste sur le fait que ce statut ne doit pas l’empêcher de prendre position. Au contraire, c’est même précisément ce qui lui donne une voix qui porte. Être dominante dans le jeu n’empêche pas de dénoncer les failles du système. Et elle l’assume.
Elle parle des jeunes, de ceux qui reviennent de blessure, de ceux qui n’ont pas de sponsors. Elle martèle que le sujet dépasse sa personne. Ce n’est pas une revendication égocentrée, c’est un plaidoyer collectif. Une nuance que beaucoup balayent trop vite mais que Sabalenka, elle, refuse de laisser filer.
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Le contraste avec le luxe affiché
Reste que l’image compte. Une joueuse qui milite pour une meilleure redistribution des richesses tout en arborant des bijoux à six chiffres, ça heurte. La championne l’a compris mais ne s’en excuse pas. Porter des bijoux fait partie de son rituel, de sa manière de se sentir bien sur un court. Elle dit même que si elle se plaît dans son apparence, elle joue mieux. Elle assure qu’elle ne sent presque pas le poids des colliers, et a même réduit leur nombre avant le match. Deux au lieu de trois. Comme pour rappeler qu’elle a conscience du moment, sans renoncer à ce qui la met en confiance.
Un contexte qui dépasse le cas Sabalenka
D’ailleurs, pendant qu’elle répond aux critiques, le reste du tournoi avance. Si :contentReference[oaicite:2]{index=2} soulève une nouvelle fois le trophée cette année, il touchera 250 000 euros de plus que l’an passé. Les records tombent, les revenus explosent en haut du tableau et l’écart avec le bas continue de s’étirer.
C’est ce fossé que Sabalenka pointe du doigt. Ses bijoux ne changeront rien à la dynamique. Mais sa voix pourrait contribuer à faire évoluer un équilibre économique longtemps figé. Et c’est peut être là, loin des caméras braquées sur son collier, que se trouve le vrai combat.
Crédit photo : Matthieu Mirville / DPPI via AFP
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