Le clasico passe au tribunal
Cette fois, l’affaire Negreira ne se réglera pas sur un terrain de foot. Le FC Barcelone a décidé de porter le combat devant la justice, et la cible ne pourrait pas être plus symbolique : Florentino Pérez lui-même, le président du Real Madrid.
Vendredi, dans un communiqué sec et sans détour, le club catalan a confirmé avoir déposé une demande de conciliation préalable à l’engagement de poursuites pénales pour diffamation. Une étape obligatoire en Espagne avant tout procès, mais qui sonne déjà comme un coup de semonce.
Retour sur une conférence de presse explosive
Tout part du 12 mai. Ce jour-là, Florentino Pérez organise une conférence de presse hors norme, dans laquelle il règle ses comptes avec une bonne partie de la presse espagnole. Mais c’est surtout ce qu’il dit sur l’affaire Negreira qui va mettre le feu aux poudres.
Le président madrilène évoque une « corruption systémique » et va jusqu’à affirmer que plusieurs titres ont été « volés » au Real Madrid ces dernières années, en lien direct avec ce dossier qui empoisonne le Barça depuis des mois. Le lendemain, dans une interview accordée à plusieurs médias, il enfonce le clou sans rien renier de ses propos.
Pour le club catalan, la ligne rouge est franchie. Des mots pareils, venant du président du rival numéro un, ce n’est plus de la rivalité sportive. C’est, selon Barcelone, de la diffamation pure et simple.
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Une demande claire, un ultimatum à peine voilé
Dans son communiqué, le Barça pose une condition précise : que Pérez retire « certaines déclarations qu’il a faites en connaissance de cause », jugées diffamatoires et portant atteinte à l’image du club. Le message est limpide. Soit le président merengue fait un pas en arrière, soit l’affaire part devant les tribunaux pour de vrai.
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— FC Barcelona (@FCBarcelona) June 12, 2026
Le timing, lui, ne doit rien au hasard. Pérez vient tout juste d’être réélu à la tête du Real début juin, dans un mandat qui s’annonçait tranquille après une saison déjà tendue entre les deux clubs. Le voilà rattrapé par des propos tenus quelques semaines plus tôt, alors qu’il pensait peut-être l’épisode déjà digéré.
Negreira, le dossier qui refuse de mourir
Difficile de comprendre cette nouvelle escalade sans revenir sur l’affaire Negreira. Depuis que le scandale a éclaté, le Barça est soupçonné d’avoir versé des sommes colossales pendant des années à l’ancien numéro deux de l’arbitrage espagnol, José María Enríquez Negreira. Officiellement pour des rapports techniques. Officieusement, selon les accusateurs, pour influencer les désignations d’arbitres.
Le club s’est toujours défendu, mais le dossier reste judiciairement actif et empoisonne durablement l’image du Barça, surtout aux yeux de ses adversaires historiques. Et Florentino Pérez, qui n’a jamais caché son aversion pour ce sujet, a visiblement décidé de ne pas mâcher ses mots.
Le problème, c’est que parler de titres « volés » touche directement à la légitimité sportive du Barça, à ses trophées, à son histoire récente. Pour un club aussi obsédé par son image que le sien, c’est intouchable.
Vers un nouveau front entre les deux clubs</h2
Reste à savoir comment Pérez et le Real vont réagir. Un retrait des propos semble peu probable, tant le président madrilène a construit cette sortie comme un acte de défiance assumé. Plus vraisemblablement, l’affaire pourrait bien finir devant un juge, ajoutant un nouveau chapitre judiciaire à une rivalité déjà saturée de polémiques.
Une chose est sûre : entre Barcelone et Madrid, la guerre ne se joue plus seulement sur le terrain. Elle se joue aussi, désormais, dans les prétoires.
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