Nick Kyrgios fait son retour en simple après neuf mois d’absence
Nick Kyrgios a remis un pied sur un court de simple, neuf mois après sa dernière apparition. Un retour que tout le monde attendait, un peu comme un trailer qu’on rembobine encore et encore. Mais la première scène n’a pas collé au script rêvé. À Brisbane, sur son sol, le finaliste de Wimbledon 2022 a repris la lumière pour mieux la voir vaciller. Défait par Aleksandar Kovacevic, 58e mondial, en deux sets secs 6-3, 6-4, l’Australien a vécu un comeback au goût de sable. Pas amer, mais clairement pas sucré non plus.
Dream Brisbane debut ✅
Kovacevic speeds past Kyrgios 6-3 6-4 in only 65 minutes!#BrisbaneTennis pic.twitter.com/YDsJLRuLlD
— Tennis TV (@TennisTV) January 6, 2026
Un Kyrgios battu, mais pas brisé
Dans la salle de presse, Kyrgios n’avait pourtant rien du joueur abattu. Pas le visage fermé, pas la mine sombre. On retrouvait ce mélange de décontraction, d’humour et de franchise brute qui fait son charme depuis une décennie.
« Regardez, c’est un train », a-t-il lâché, sourire en coin. Une sortie mi énigmatique, mi philosophique, typique du personnage.
Il raconte ensuite avoir discuté avec Daniil Medvedev dans les vestiaires. Le Russe lui aurait rappelé la logique implacable des retours de blessure.
« Tu joues un match comme ça de temps en temps, et ça ne va pas toujours aller comme tu veux. »
Simple. Réaliste. Imparable.
Un retour loin d’être vide
Kyrgios sortait là de son premier match ATP en simple depuis une éternité. Son classement affiche un improbable 670, mais son toucher n’a rien perdu de sa précision. Quelques fulgurances ont même rappelé pourquoi le monde du tennis le considère comme l’un des plus grands talents naturels de sa génération.
Son objectif, lui, est clair.
« Tant que je me sens bien et que je peux bâtir sur cette base, c’est ça mon objectif. Pas juste pour l’Open d’Australie, mais pour l’année entière. »
Ce Kyrgios là ne vend pas du rêve à la pelle. Il parle de travail. D’étapes. De reconstruction.
La wildcard qui retient tout un pays
Reste l’énorme question autour de l’Open d’Australie. Melbourne sans Kyrgios, ce n’est pas totalement Melbourne. Le tournoi débute le 18 janvier, et l’Australien attend toujours une invitation. Une situation qui fait monter la tension.
Parce qu’un Kyrgios en mode grand soir, c’est un stade qui se lève, des supporters qui hurlent, des échanges qui basculent dans la folie. C’est aussi un joueur capable de faire basculer un match sur une inspiration.
Et aujourd’hui, même diminué, il incarne toujours cette promesse.
Une attitude nouvelle, presque apaisée
Le plus frappant dans ce retour, c’est ce calme presque déroutant. Kyrgios parle de stabilité, de répétition, de matches enchaînés. Deux mots qu’on n’associerait pas spontanément au joueur.
« Je veux jouer le plus possible. On verra comment ça se passera. »
Pas de punchline. Pas de provocation. Juste du réalisme.
Le chemin sera long, cabossé, peut-être frustrant. Le corps devra suivre. La tête aussi. Mais Kyrgios semble prêt à accepter ce processus, à l’embrasser même.
Une histoire qui ne demande qu’à s’écrire
Le tennis moderne manque de personnages, de vrais, capables d’allumer un court et d’enflammer une discussion. Kyrgios fait partie de ceux là.
À Brisbane, il n’y a pas eu de magie. Pas encore. Mais il y a eu une base, une envie, un premier pas solide.
Les mois à venir diront si ce comeback sera une dernière danse ou le début d’une renaissance. Kyrgios avance sans se retourner. Et même si le train met un moment à démarrer, il suffit parfois d’une seule accélération pour relancer toute une saison.


Laisser un commentaire