KD, Houston, velours et chiffres historiques
Il y a des soirées NBA qui se contentent de scores et de performances. Et puis il y a celles où l’histoire passe, tranquille, presque en souriant. Dimanche soir, au Toyota Center, Kevin Durant a fait basculer un monument statistique sans grand tumulte mais avec un poids énorme dans la balance du temps. Dans une victoire 119-110 des Houston Rockets face aux New Orleans Pelicans, Kevin Durant (KD) a inscrit son 31 562e point en carrière, dépassant ainsi la légende allemande des Dallas Mavericks Dirk Nowitzki pour devenir le sixième meilleur marqueur de l’histoire de la NBA.
Un exploit dans le murmure d’un match
Regardez la scène : pas de folle parade autour de son nom, pas de planches commémoratives aussitôt dévoilées. Kevin Durant, calme plat, en mode scoreur méthodique comme il a souvent été toute sa carrière, a simplement ajouté deux lancers francs à son tableau de chasse et voilà, Dirk n’était plus devant. Le public s’est levé, ovationné presque sans qu’on y croie vraiment, comme si tout le monde attendait ce moment depuis longtemps.
Ce n’est pas un hasard si cet instant tombe dans une saison où Durant, à 37 ans, tourne encore autour de 26 points par match et continue d’apparaître comme une menace constante pour chaque adversaire. Il a inscrit les 17 points qu’il lui fallait pour dépasser Nowitzki, avant d’ajouter un de plus pour sceller l’affaire.
Dirk, l’ombre derrière la lumière
Le symbole est fort. Dirk Nowitzki, le géant silencieux du basket européen arrivé à Dallas il y a plus de deux décennies, avait porté son art vers des sommets que peu imaginaient pour un Européen à la fin des années 90. Et aujourd’hui, la légende allemande a offert une salve de respect à Durant via une vidéo diffusée sur le jumbotron, parlant de lui comme d’un des « scores les plus purs du jeu ». Un clin d’œil affectueux, une passe de témoin en plein milieu de la tempête médiatique NBA.
Nowitzki, Hall of Famer depuis 2023, n’a pas boudé l’honneur de voir KD le rejoindre dans le panthéon des marqueurs d’élite. Il a même plaisanté, comme on le ferait dans un vestiaire entre frères d’arme, avant de souligner la qualité du joueur qui l’a dépassé.
Moving on 🆙
No. 6 all-time for KD 📈 pic.twitter.com/qOSTwuiy6l
— Boardroom (@boardroom) January 19, 2026
La montagne n’est pas encore gravie
Pourtant, ce n’est qu’une étape. KD est désormais sixième, bien au-dessus de la barre Nowitzki, mais encore derrière Michael Jordan, cinquième avec 32 292 points. Et au-delà, des sommets encore plus vertigineux attendent : Kobe Bryant, Karl Malone, Kareem Abdul-Jabbar puis LeBron James, déjà hors catégorie sur le trône de cette liste historique.
Le plus fou dans cette progression, c’est la manière : pas en hurlant chaque étape, pas en tirant la couverture médiatique à soi, mais en jouant, en enchaînant les matchs, les saisons, les guerres de playoffs, les transitions d’équipe. 1 161 matchs au compteur pour frôler un objectif que tant d’autres légendes ont mis des décennies à atteindre.
Là où le passé rencontre l’avenir
La NBA est une ligue de récits et de chiffres, de joueurs qui marquent des paniers et d’autres qui marquent l’histoire. Ce soir, Kevin Durant a fait les deux. Et dans le murmure d’un lancement de free throws, il a rappelé à tout fan de basket que les légendes ne tombent pas, elles s’alignent. Pas toujours en ordre, pas toujours sous les projecteurs, mais toujours dans le grand récit de la NBA.
Ce que KD a accompli n’est pas juste un passage devant Dirk. C’est une déclaration : il est encore là, encore dans la conversation, et il n’a pas fini de gravir les marches d’un classement qui, un jour, pourrait bien lui réserver encore plus haut.



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