Rabat, nuit folle et drapé vert-rouge : Sénégal bat Maroc 1-0 et soulève l’Afrique
Il y a des matchs qui se gagnent. La finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025, jouée ce dimanche soir à 20H heure française au Stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, aura été digne d’un film d’action. Une finale au scénario digne d’un thriller, où le Sénégal est sorti victorieux face au pays hôte, le Maroc, 1-0 après prolongation, dans une atmosphère aussi électrique qu’incontrôlable.
C’est le milleur de terrain du Sénégal Pape Gueye, joueur du club de Villarreal en Espagne, qui a libéré les Lions de la Teranga a la 94e minute avec une frappe puissante dans la lucarne, mettant fin à un suspense infernal et offrant au Sénégal une deuxième étoile continentale. Une hargne invraisemblable des sénégalais après une embrouille arbitrale concernant un pénalty accordé aux marocians à la dernière seconde du match (sifflé finalement raté).
Un match qui n’a ressemblé à rien de prévu
De l’ouverture jusqu’au coup de sifflet final, cette finale a oscillé entre stratégie, tension et chaos pur. Pendant 90 minutes, les deux équipes se sont rendues coup pour coup dans une bataille tactique. Le score restait vierge. Les occasions franches rares. Les gardiens, Yassine Bounou pour le Maroc et Édouard Mendy pour le Sénégal, tenaient la baraque.
Puis vint le moment qui a changé le destin de la rencontre. En toute fin de temps règlementaire, après une interminable consultation VAR, l’arbitre accorde un penalty très contesté au Maroc. Les spectateurs hurlent, les Sénégalais explosent. Quelques secondes plus tard, dans une scène surréaliste, les Lions de la Teranga quittent temporairement la pelouse en signe de protestation.
Le monde du football retient son souffle. Sadio Mané, figure tutélaire, incarne le rôle de médiateur, persuadant ses coéquipiers de revenir sur la pelouse. Ce sont ces mêmes pieds qui, quelques instants plus tard, voient Brahim Díaz manquer un Panenka tout droit dans les gants de Mendy, gâchant l’occasion de faire basculer l’histoire en faveur des Marocains.
PTDRRR LA STORY DE MBAYE QUAND LE SÉNÉGAL AVAIT QUITTÉ LE TERRAIN 😂 pic.twitter.com/ZFUPA4Jb1S
— lélé ❤️💙 (@Julien_27LS) January 18, 2026
Prolongations, héroïsme et délivrance
Le coup de théâtre a laissé des traces. Le public marocain, d’abord électrisé, se retrouve médusé. Les prolongations démarrent sur un rythme frénétique. Et c’est dans cette fournaise que Pape Gueye, jusque-là discret mais constant, trouve le chemin des filets. Une frappe en lucarne, une explosion de joie sénégalaise, une désolation marocaine.
Ce but n’était pas seulement un moment clé du match. Il était l’expression d’une patience féroce, d’une concentration retrouvée, et de cette conviction que le Sénégal tenait sa revanche. Car malgré le chaos arbitral, malgré la pression de jouer contre le pays hôte, malgré une ambiance digne d’un finale de coupe d’Europe, les Lions de la Teranga ont su concrétiser leur domination morale.
Rabat sous tension, l’Afrique en ébullition
Quand le sifflet final retentit après une dernière défense héroïque, le score s’inscrit : Sénégal 1, Maroc 0. L’euphorie explose d’un côté, la déception écrase de l’autre. Les supporters sénégalais chantent, dansent, fêtent dans les rues de Dakar et au-delà, tandis que le Maroc, fort de tout un tournoi remarquable, s’interroge encore sur la façon dont la décision arbitrale a influencé le destin de sa CAN.
Cette finale ne sera pas seulement retenue pour son résultat sportif. Elle prendra place dans les livres comme une des plus dramatiques, où l’émotion n’a cessé de défier la logique, où le football africain s’est rappelé au monde comme un théâtre de passion brutale, de rebondissements imprévisibles et d’hommes prêts à tout donner jusqu’à la dernière seconde.
Le Sénégal au sommet, le Maroc au cœur
Au final, c’est un Sénégal conquérant, solide et d’une résilience rare qui soulève le trophée. C’est une nation qui a déjà fait vibrer le continent il y a quatre ans qui remet ça, dans une finale qui restera terrible et magnifique à la fois. Le Maroc, lui, doit digérer. Il aura affronté ses démons, poussé ses joueurs jusqu’à l’ultime souffle, et laissé aux spectateurs une impression d’inachevé.
Mais si cette CAN avait un message à envoyer, c’est que le football africain ne se contente pas de dramaturgie. Il la forge. Et dans une arène où les héros se créent dans l’ombre du chaos, ce Sénégal là reste roi.

Crédit photo : Photo par SEBASTIEN BOZON / AFP


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