Serie A : histoire, records et faits marquants du championnat d’Italie
- 1 Serie A : histoire, records et faits marquants du championnat d’Italie
- 2 Données historiques et évolution du championnat
- 3 Format actuel, relégations et qualifications européennes
- 4 Clubs emblématiques et joueurs légendaires
- 5 Classement Serie A : clubs les plus titrés en Italie (championnat et coupes)
- 6 Classement Serie A : meilleurs buteurs de l’histoire
- 7 Classement Serie A : meilleurs passeurs décisifs de l’histoire
- 8 Classement Serie A : équipes les plus prolifiques en buts
- 9 Discipline : cartons et fair-play dans l’histoire du Calcio
- 10 Les rois des buts… contre leur camp : top 10 des joueurs aux plus nombreux autogols
- 11 Faits insolites et moments mémorables de la Serie A
Données historiques et évolution du championnat
Le championnat d’Italie de football de première division, aujourd’hui connu sous le nom de Serie A, trouve ses origines à la fin du XIX<sup>e</sup> siècle. Un premier tournoi national est disputé dès 1898 sous forme de phase finale entre clubs régionaux. Toutefois, la Serie A telle qu’on la connaît – un championnat national à poule unique et à points – voit officiellement le jour en 1929-1930, marquant le passage d’un format régional à un véritable championnat national réunissant l’élite des clubs italiens. Cette saison inaugurale à poule unique est remportée par l’Ambrosiana-Inter (aujourd’hui Inter Milan), sacrée premier champion d’Italie de l’ère moderne.
Au fil des décennies, la Serie A a connu plusieurs évolutions. Le nombre de clubs engagés a varié : établi à 18 équipes lors de la création, il descend à 16 dans les années 1930, remonte à 18 puis passe à 20 équipes à partir de la saison 2004-2005. De même, le barème de points a changé : longtemps fixée à 2 points pour une victoire, la récompense passe à 3 points en 1994-1995, afin d’encourager un jeu plus offensif. Par le passé, certaines saisons ont été marquées par des interruptions exceptionnelles : pendant la Seconde Guerre mondiale, le championnat est suspendu (aucun vainqueur n’est désigné en 1944 et 1945) et reprend en 1946 dans un format transitoire avant le retour à la normale en 1947-1948.
La Serie A a construit son identité autour de rivalités historiques et de cycles de domination. Dans les années 1930-1940, le Grande Torino – l’équipe légendaire du Torino FC – marque les esprits avec cinq titres, avant que la tragédie de Superga en 1949 n’interrompe brutalement son élan. Les années 1950 voient l’avènement du style défensif catenaccio, maîtrisé notamment par l’Inter Milan des années 1960 (la « Grande Inter » du coach Helenio Herrera). L’AC Milan brille dans les années 1980-1990, tandis que la Juventus s’impose comme la plus constante sur la longue durée. En 2006, le championnat est secoué par le scandale du Calciopoli, qui entraîne des sanctions contre plusieurs clubs (dont la relégation administrative de la Juventus) et l’attribution exceptionnelle du titre 2005-2006 à l’Inter Milan sur tapis vert. Malgré ces soubresauts, la Serie A demeure l’un des championnats les plus prestigieux d’Europe, fort d’une riche histoire faite de drames, d’exploits et d’innovations tactiques.
Format actuel, relégations et qualifications européennes
De nos jours, la Serie A regroupe 20 clubs qui s’affrontent en matchs aller-retour sur 38 journées. Au terme de la saison, le classement final détermine le sort sportif de plusieurs équipes. Le club terminant champion remporte le Scudetto et arbore fièrement sur son maillot le célèbre écusson tricolore symbolisant le titre. Les équipes classées aux quatre premières places décrochent leur billet pour la prestigieuse Ligue des Champions de l’UEFA (phase de groupe). Derrière elles, la formation classée 5éme obtient une qualification pour la Ligue Europa, tandis que la place en Ligue Europa Conférence (troisième coupe d’Europe) échoit généralement au club classé 6éme.
Il existe toutefois un autre moyen de se qualifier pour l’Europe : la Coupe d’Italie (Coppa Italia). Le vainqueur de cette coupe nationale, organisée en parallèle du championnat, est directement qualifié pour la phase de groupe de la Ligue Europa de la saison suivante. Si le lauréat de la Coppa Italia a déjà obtenu sa qualification européenne via le championnat, son ticket est réattribué au club suivant au classement de Serie A (par effet de glissement, le 6éme du championnat peut ainsi monter en Ligue Europa, et le 7éme récupèrera alors la place en Ligue Conférence).
En bas de tableau, la lutte pour le maintien fait rage chaque année. Les trois derniers du classement final (18éme, 19éme et 20éme) sont relégués en Serie B, l’échelon inférieur, et doivent laisser leur place aux trois meilleurs clubs de Serie B promus en première division. Ce système de promotion/relégation directe (sans barrage) garantit un turnover et entretient l’espoir pour les écuries de l’antichambre du Calcio de goûter à l’élite la saison suivante.
En résumé, la Serie A récompense l’excellence sportive tout en offrant plusieurs enjeux simultanés : le titre national, les tickets européens et la survie parmi l’élite. Ce format actuel, combinant tradition (matchs aller-retour, classement aux points) et adaptations modernes (places européennes, trois points par victoire), fait du championnat italien une compétition complète où chaque position au classement compte et peut changer le destin sportif et financier d’un club.
Clubs emblématiques et joueurs légendaires
Le football italien est profondément marqué par la présence de trois clubs mythiques souvent appelés le “Tre grandi” : la Juventus, l’AC Milan et l’Inter Milan. Ces trois géants, originaires du nord industriel (Turin et Milan), se sont partagé la majorité des titres nationaux et ont acquis une renommée mondiale. La Juventus de Turin, surnommée la “Vieille Dame”, détient le record de Scudetti remportés et a vu passer de véritables légendes comme Giampiero Boniperti, Michel Platini, Alessandro Del Piero ou plus récemment Gianluigi Buffon. Du côté de la Lombardie, l’AC Milan et l’Inter ont écrit de grandes pages de l’histoire du Calcio : le Milan de Franco Baresi et Paolo Maldini a brillé sur la scène européenne (7 Coupes d’Europe des clubs champions/Ligue des Champions remportées, record italien), tandis que l’Inter a connu son âge d’or dans les années 1960 avec Sandro Mazzola puis un renouveau triplé en 2010 sous José Mourinho.
D’autres clubs, bien que moins titrés, occupent une place spéciale dans l’histoire du championnat. Le Genoa CFC, doyen des clubs italiens, fut la première grande équipe du pays (neuf fois champion entre 1898 et 1924). Le Torino FC a marqué les années 1940 avec son équipe du Grande Torino, quasiment invincible avant le drame aérien de 1949. La AS Roma et le SS Lazio, rivaux romains, ont chacune connu des périodes fastes (les Romanisti emmenés par Francesco Totti dans les années 2000, les Laziali par Sven-Göran Eriksson puis Simone Inzaghi).
Le SSC Napoli, club du sud adoré par tout un peuple, a vécu l’épopée Maradona avec deux Scudetti dans les années 1980, et a renoué avec le titre plus de trente ans plus tard, emmené par des idoles modernes comme Lorenzo Insigne. Sans oublier la AC Fiorentina des années 1950-60 (deux titres et le génial António Montuori) ou le Bologna FC du légendaire entraîneur Fulvio Bernardini dans les années 1930.
Côté joueurs, la Serie A a vu évoluer de véritables légendes du football. Dans la catégorie des meilleurs buteurs et symboles de loyauté, on pense à Francesco Totti, “Il Capitano” de l’AS Roma, auteur de 250 buts en Serie A sur deux décennies sous le même maillot. Plus loin dans le passé, Silvio Piola reste le meilleur buteur absolu du championnat avec 274 réalisations entre 1929 et 1954 – un record inégalé. Des artistes du ballon ont enchanté le Calcio : Diego Maradona, dont la magie a conduit Naples aux sommets ; Michel Platini, triple Ballon d’Or ayant illuminé la Juventus dans les années 1980 ; Ronaldo “Il Fenomeno”, l’attaquant brésilien de l’Inter à la fin des années 90, aussi spectaculaire qu’iconique ; ou encore Zlatan Ibrahimović, géant suédois qui a marqué de son empreinte plusieurs clubs (Juventus, Inter, Milan) avec ses buts acrobatiques et son charisme.
De grands défenseurs et gardiens ont également forgé la réputation tactique et défensive de la Serie A : le Libéro Franco Baresi (Milan) était le patron de l’une des meilleures défenses de l’histoire, tout comme Paolo Maldini, latéral et capitaine emblématique du Milan sur presque 25 ans. Chez les portiers, Dino Zoff (Juventus) puis Gianluigi Buffon ont incarné l’excellence italienne, Buffon détenant d’ailleurs le record de minutes consécutives sans encaisser de but en championnat. Enfin, comment ne pas citer Andrea Pirlo, maître à jouer au milieu au Milan puis à la Juve, ou Franco Causio et Roberto Baggio, véritables artistes du Calcio. La Serie A a toujours été un écrin pour les talents, italiens ou étrangers, et nombre de ces joueurs de légende ont contribué à sa renommée en faisant rêver les tifosi chaque dimanche.
Classement Serie A : clubs les plus titrés en Italie (championnat et coupes)
Plusieurs clubs peuvent se targuer d’un palmarès fourni en compétitions nationales et internationales. Le tableau ci-dessous dresse la liste des équipes ayant remporté le plus de titres de champion d’Italie (Scudetti), en incluant également leurs principaux trophées nationaux (Coupes d’Italie, Supercoupes) et européens.
| Club | Serie A | C. Italie | Superc. Italie | LdC | Autres |
|---|---|---|---|---|---|
| Juventus (Turin) | 36 titres | 14 | 9 | 2 | 4 (3 UEFA, 1 C2) |
| Inter Milan | 20 titres | 9 | 7 | 3 | 3 (3 UEFA) |
| AC Milan | 19 titres | 5 | 7 | 7 | 2 (2 C2) |
| Genoa CFC | 9 titres | 0 | 0 | 0 | 0 |
| Torino FC | 7 titres | 5 | 0 | 0 | 0 |
| Bologna FC | 7 titres | 2 | 0 | 0 | 0 |
| Pro Vercelli | 7 titres | 0 | 0 | 0 | 0 |
| SSC Napoli | 4 titres | 6 | 2 | 0 | 1 (1 UEFA) |
| AS Roma | 3 titres | 9 | 2 | 0 | 1 (1 Conf.) |
| SS Lazio | 2 titres | 7 | 5 | 0 | 1 (1 C2) |
| AC Fiorentina | 2 titres | 6 | 1 | 0 | 1 (1 C2) |
Légende : « UEFA » = Coupe UEFA / Ligue Europa ; « C2 » = Coupe des Coupes (Compétition européenne aujourd’hui disparue) ; « Conf.» = Ligue Europa Conférence.
Ce palmarès met en lumière la domination historique de certains clubs. La Juventus occupe la première place avec 36 Scudetti officiels, reflet d’une suprématie nationale quasi ininterrompue (dont une série record de 9 titres d’affilée entre 2012 et 2020). Les deux grands clubs de Milan suivent : l’Inter totalise 20 championnats (le dernier en date obtenu en 2024), et l’AC Milan 19.
Ces trois-là sont loin devant les autres, puisque le quatrième plus titré, le Genoa, compte 9 anciens titres remportés principalement avant la Seconde Guerre mondiale. Notons que la Juventus, l’Inter et le Milan sont aussi les seuls clubs italiens à avoir remporté la Ligue des Champions (ex-Coupe des Clubs Champions), l’AC Milan menant la danse avec 7 trophées européens majeurs.
À l’échelle nationale, la Coupe d’Italie (créée en 1922) est dominée par la Juventus et l’AS Roma (respectivement 14 et 9 victoires). Des clubs comme le Napoli, la Lazio ou la Fiorentina, s’ils ont moins brillé en championnat (2 à 4 Scudetti chacun), ont enrichi leur vitrine avec plusieurs coupes nationales et même quelques succès européens (par exemple, la Coupe des Coupes 1999 pour la Lazio ou la Ligue Europa 1989 pour le Napoli). L’ensemble de ces données illustrent la richesse du palmarès footballistique en Italie, partagé entre une poignée de géants historiques et quelques exploits ponctuels d’outsiders.
Classement Serie A : meilleurs buteurs de l’histoire
Le Calcio a toujours été le royaume des grands buteurs, ces goleador dont les réalisations font vibrer les tifosi. Voici le classement absolu des 15 meilleurs marqueurs de la Serie A (depuis 1929), un palmarès dominé par des légendes italiennes :
| Rang | Joueur | Buts Serie A | Principaux clubs en carrière |
|---|---|---|---|
| 1. | Silvio Piola | 274 buts | Pro Vercelli, Lazio, Juventus, Novara |
| 2. | Francesco Totti | 250 buts | AS Roma (club unique) |
| 3. | Gunnar Nordahl | 225 buts | AC Milan, AS Roma |
| 4. | Giuseppe Meazza | 216 buts | Inter, AC Milan (également Juventus brièvement) |
| 4. | José Altafini | 216 buts | AC Milan, Napoli, Juventus |
| 6. | Antonio Di Natale | 209 buts | Empoli, Udinese |
| 7. | Roberto Baggio | 205 buts | Fiorentina, Juventus, AC Milan, Inter, Brescia |
| 8. | Ciro Immobile (actif) | 201 buts | Lazio, Torino (entre autres) |
| 9. | Kurt Hamrin | 190 buts | Fiorentina, Napoli, Padova |
| 10. | Giuseppe Signori | 188 buts | Foggia, Lazio, Bologne |
| 10. | Alessandro Del Piero | 188 buts | Juventus |
| 10. | Alberto Gilardino | 188 buts | Parme, AC Milan, Fiorentina |
| 13. | Gabriel Batistuta | 184 buts | Fiorentina, AS Roma, Inter |
| 14. | Fabio Quagliarella | 182 buts | Udinese, Napoli, Juventus, Sampdoria |
| 15. | Giampiero Boniperti | 178 buts | Juventus |
Silvio Piola demeure le meilleur buteur de tous les temps en Serie A avec 274 réalisations entre 1929 et 1954. Attaquant prolifique des années 1930-40, Piola a marqué de son empreinte des clubs comme la Lazio et la Juventus. Derrière lui, Francesco Totti incarne la loyauté et l’efficacité avec 250 buts inscrits sous le seul maillot de la Roma, son club de cœur, au cours d’une carrière de 25 saisons. Le podium est complété par le Suédois Gunnar Nordahl (225 buts), redoutable avant-centre du Milan AC dans les années 1950.
On retrouve ensuite des monuments tels que “Peppino” Meazza (216 buts), idole de l’Inter des années 1930 dont le nom orne aujourd’hui le stade milanais, à égalité avec José Altafini (216 buts), Italo-Brésilien qui brilla à Milan et Naples dans les sixties. Suivent Antonio Di Natale (209 buts), extraordinaire buteur de l’Udinese dans les années 2000, et Roberto Baggio (205 buts), le “Divin Codino”, Ballon d’Or 1993, dont le talent s’est exprimé sous plusieurs tuniques (Fiorentina, Juventus, Milan, Inter…).
Parmi les joueurs en activité, Ciro Immobile s’est déjà hissé dans le top 10 historique avec plus de 200 buts, principalement inscrits avec la Lazio. Il côtoie dans ce club très fermé des légendes des décennies passées comme Kurt Hamrin (ailier suédois des années 50-60), Giuseppe Signori (meilleur buteur des années 90 avec la Lazio) ou encore Alessandro Del Piero (emblème de la Juventus, 188 buts). Ce classement illustre la riche histoire offensive de la Serie A, où se mêlent buteurs italiens fidèles à un club et stars internationales venues marquer de leur empreinte le Calcio.
Classement Serie A : meilleurs passeurs décisifs de l’histoire
Si les buteurs occupent le devant de la scène, leurs exploits seraient impossibles sans l’aide de grands passeurs. La Serie A a vu défiler de véritables maestros du dernier geste, capables de délivrer des passes décisives millimétrées. D’après les données disponibles (depuis les années 1980 environ), voici le Top 10 des meilleurs assist-men de l’histoire du championnat d’Italie :
| Rang | Joueur | Passes décisives | Période |
|---|---|---|---|
| 1. | Francesco Totti | 158 | 1993-2017 (AS Roma) |
| 2. | Roberto Baggio | 119 | 1985-2004 (Juve, Inter, etc.) |
| 3. | Alessandro Del Piero | 113 | 1993-2012 (Juventus) |
| 4. | Gianni Rivera | 105 | 1960-1979 (AC Milan) |
| 5. | Antonio Candreva | 101 | depuis 2008 (Lazio, Inter, etc.) |
| 6. | Andrea Pirlo | 100 | 1995-2018 (Milan, Juve) |
| 7. | Antonio Cassano | 99 | 1999-2017 (Roma, Real, Inter…) |
| 8. | Marek Hamšík | 82 | 2007-2019 (Napoli) |
| 9. | Domenico Berardi | 80 | depuis 2013 (Sassuolo) |
| 9. | Alejandro “Papu” Gómez | 80 | 2010-2020 (Atalanta) |
Candidats actifs : Antonio Candreva et Domenico Berardi poursuivent encore leur carrière au plus haut niveau.
En tête de ce classement, Francesco Totti apparaît une nouvelle fois comme le roi des stats offensives : en plus de ses 250 buts, le capitaine romain a offert 158 passes décisives en Serie A, faisant de lui le meilleur passeur du championnat. Véritable numéro 10 dans l’âme, Totti a souvent préféré la passe parfaite à la conclusion lui-même, régalant ses coéquipiers de ballons millimétrés pendant plus de deux décennies.
Il est suivi du génial Roberto Baggio (119 assists) – qui confirme qu’il n’était pas seulement un buteur hors pair mais aussi un créateur pour ses partenaires – et d’Alessandro Del Piero (113 assists), autre meneur-buteur emblématique. Viennent ensuite des milieux offensifs de grand talent comme Gianni Rivera (105 passes décisives connues, bien que l’assistance ait commencé à être comptabilisée officiellement tard dans sa carrière), Andrea Pirlo (100, dont une bonne partie sur coups de pied arrêtés) ou Antonio Cassano (99, alias “Fantantonio”, capable d’inspirations géniales).
Parmi les joueurs toujours en activité figurent Antonio Candreva (101 passes et une longévité remarquable dans plusieurs clubs de Serie A) et Domenico Berardi (80 passes décisives à Sassuolo), preuve que la tradition des grands passeurs se perpétue. Ce classement des assist-men met en avant une autre facette du Calcio : celle de la créativité et de l’altruisme, avec des joueurs qui ont marqué l’histoire non seulement en marquant, mais aussi en faisant briller leurs coéquipiers.
Classement Serie A : équipes les plus prolifiques en buts
La Serie A est souvent associée à la solidité défensive, mais son histoire est également riche en attaques flamboyantes. Certains clubs, par leur longévité et leur style de jeu, ont accumulé un nombre impressionnant de buts inscrits en championnat. Voici le classement des équipes ayant marqué le plus de buts en Serie A (période 1929-2025) :
| Rang | Club | Buts en Serie A |
|---|---|---|
| 1. | Juventus | ≈ 5 440 |
| 2. | Inter Milan | ≈ 5 380 |
| 3. | AC Milan | ≈ 5 090 |
| 4. | AS Roma | ≈ 4 580 |
| 5. | AC Fiorentina | ≈ 4 090 |
Nota : valeurs arrondies, incluant les buts marqués sur l’ensemble des saisons de Serie A depuis 1929.
Sans surprise, on retrouve en tête les clubs présents sans discontinuer parmi l’élite. La Juventus affiche la meilleure attaque cumulée avec plus de 5 400 buts inscrits dans son histoire en Serie A. Il faut dire que le club bianconero a presque toujours joué les premiers rôles, alignant des générations de buteurs prolifiques (de Sivori et Bettega à Platini, Del Piero ou Cristiano Ronaldo). L’Inter suit de très près avec environ 5 380 réalisations, portée par son statut d’unique équipe n’ayant jamais connu la relégation – disputant ainsi toutes les saisons depuis 1929. Le podium est complété par l’AC Milan et ses quelques 5 090 buts, reflet de décennies de football offensif pratiqué à San Siro sous l’impulsion des Gunnar Nordahl, Gianni Rivera, Marco van Basten, Andriy Shevchenko et autres attaquants de légende rossoneri.
Plus loin, la Roma et la Fiorentina complètent le Top 5 historique avec respectivement environ 4 580 et 4 090 buts marqués. À noter que ces chiffres bruts favorisent les clubs les plus anciens et réguliers en première division : ils témoignent surtout de la constance au plus haut niveau de ces institutions du Calcio. Derrière ce quinté de tête, on trouve des équipes comme le Napoli, la Lazio ou le Bologna, dont le compteur de buts dépasse également les 3 000 en Serie A. Globalement, ce classement montre que si la Serie A sait mettre les défenses à l’honneur, elle n’a jamais manqué non plus de spectacle offensif grâce à ses grandes équipes historiques.
Discipline : cartons et fair-play dans l’histoire du Calcio
Le football italien est réputé rugueux et tactique, et la Serie A n’échappe pas à la distribution de cartons par les arbitres. Voici un aperçu des équipes les plus sanctionnées de l’histoire en championnat (période moderne depuis l’introduction des cartons en 1970), en considérant le cumul des avertissements (cartons jaunes) et des expulsions (cartons rouges) sur le long terme :
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Cartons jaunes – équipes les plus averties : Sans surprise, les clubs ayant disputé le plus grand nombre de matchs en Serie A sont ceux qui totalisent le plus de cartons jaunes. L’Inter Milan serait l’équipe ayant accumulé le plus d’avertissements (on estime environ 3 500 cartons jaunes au total) du fait de sa présence ininterrompue dans l’élite et d’un style souvent intense. La Juventus suit de près (autour de 3 300 cartons jaunes cumulés), tandis que la Roma et l’AC Milan se tiennent dans un mouchoir de poche pour la troisième place (aux environs de 3 000+ chacun). Des clubs comme la Fiorentina, la Lazio ou le Napoli figurent également parmi les plus “jaunes” historiquement, reflet de leur longévité et de certains cycles où l’engagement physique était particulièrement prononcé. Il convient toutefois de nuancer ces chiffres bruts par le nombre de saisons disputées : en termes de moyenne de cartons par match, des équipes plus modestes mais au jeu rugueux peuvent parfois rivaliser sur une période donnée.
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Cartons rouges – équipes les plus expulsées : Là encore, sur la durée, l’Inter et la Juventus sont parmi les équipes ayant écopé du plus grand nombre de cartons rouges, avec probablement plus d’une centaine d’expulsions chacune dans leur histoire en Serie A. La Roma et le Milan suivent, dans la fourchette de 90–100 expulsions cumulées. Il est intéressant de noter que certaines équipes de milieu de tableau réputées pour leur agressivité ont pu, sur des périodes données, afficher un taux d’expulsions élevé – mais globalement, sur près de 90 ans de championnat, ce sont bien les cadors aux longs palmarès qui dominent aussi ce classement (par la force des choses, ayant joué le plus de matchs).
En matière de discipline individuelle, le joueur le plus expulsé de l’histoire de la Serie A est Paolo Montero (ex-défenseur de la Juventus), avec 16 cartons rouges à lui seul en carrière – un record peu enviable. D’autres joueurs comme Luigi Di Biagio, Giulio Falcone ou Giampiero Pinzi ont chacun dépassé la dizaine d’expulsions. Côté cartons jaunes, le “recordman” absolu est Giampiero Pinzi (Udinese), averti 147 fois en Serie A, talonné de très près par Daniele Conti (Cagliari) et Daniele De Rossi (Roma). Ces statistiques témoignent du fait que le Calcio, tout en étant un championnat très technique, n’a jamais hésité à sanctionner la rudesse et le jeu dur. Elles font aussi partie de la légende du championnat, où l’engagement physique fait souvent bon ménage avec la passion des tifosi et l’intensité des duels sur le terrain.
Les rois des buts… contre leur camp : top 10 des joueurs aux plus nombreux autogols
Les défenseurs italiens sont parmi les meilleurs au monde, mais il leur est arrivé à tous, un jour de malchance, de tromper leur propre gardien. Certains, hélas, s’y sont distingués plus souvent que d’autres. Voici la liste des 10 joueurs ayant marqué le plus d’autogols (buts contre son camp) en Serie A :
| Rang | Joueur | Autogols en Serie A | Clubs principaux |
|---|---|---|---|
| 1. | Franco Baresi | 8 | AC Milan |
| 1. | Riccardo Ferri | 8 | Inter Milan |
| 3. | Francesco Morini | 7 | Juventus, Sampdoria |
| 3. | Sergio Santarini | 7 | AS Roma |
| 5. | Luigi Apolloni | 6 | Parme, Hellas Verona |
| 5. | Giulio Corsini | 6 | Atalanta (et Roma) |
| 5. | Ciro Ferrara | 6 | Napoli, Juventus |
| 5. | Armando Ferroni | 6 | Fiorentina (années 60) |
| 5. | Giacomo Losi | 6 | AS Roma |
| 5. | Armando Picchi | 6 | Inter Milan |
On constate que Franco Baresi et Riccardo Ferri se partagent le triste honneur d’être en tête de ce classement avec 8 buts contre leur camp chacun. L’anecdote est savoureuse car ces deux joueurs étaient par ailleurs d’exceptionnels défenseurs internationaux : Baresi fut l’âme de la défense du grand Milan AC, tandis que Riccardo Ferri formait un duo redoutable à l’Inter avec Giuseppe Bergomi dans les années 1980. Leur record d’autogols s’explique par la longévité de leur carrière et peut-être aussi par un brin de malchance à certains moments cruciaux.
Derrière eux, Francesco Morini (défenseur rugueux de la Juventus des années 70) et Sergio Santarini (pilier de la Roma dans la même époque) ont chacun marqué 7 fois involontairement pour l’adversaire. Une série de joueurs suivent avec 6 autogols au compteur, parmi lesquels des figures comme Ciro Ferrara – grand défenseur de Naples puis de la Juve – ou Armando Picchi, le capitaine de la Grande Inter des années 60. On trouve aussi des noms moins connus du grand public (Corsini, Ferroni…), témoins de périodes où leur malchance a frappé.
Ce classement insolite rappelle que la Serie A, réputée pour ses défenses hermétiques, a aussi ses moments de comédie involontaire. Chaque but contre son camp, s’il fait enrager sur le coup joueurs et tifosi, s’inscrit finalement dans la grande histoire du Calcio comme une anecdote de plus à raconter aux générations futures.
Faits insolites et moments mémorables de la Serie A
L’histoire presque centenaire du championnat d’Italie regorge d’épisodes étonnants, de matchs fous et d’anecdotes uniques. En voici quelques-uns des faits les plus étranges ou marquants qui ont jalonné la légende de la Serie A :
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Le match à huis clos… le plus peuplé : En juin 1961, un imbroglio administratif offre une scène surréaliste. La Juventus et l’Inter doivent rejouer un match sur décision fédérale, ce qui provoque la colère du club milanais (le premier duel avait été interrompu et donné perdu sur tapis vert à l’Inter, avant annulation). En signe de protestation, Helenio Herrera, coach interiste, aligne lors du replay l’équipe réserve de l’Inter face à la Juventus au Stadio Comunale de Turin. Les gamins intéristes, dépassés, s’inclinent 1-9, offrant à la Juve l’une des plus larges victoires de son histoire. Anecdote savoureuse : le match étant censé se tenir à huis clos pour des raisons disciplinaires, de nombreux supporters bianconeri s’étaient perchés sur les toits avoisinants pour assister à la rencontre – le huis clos le plus violé qui soit, pour un score fleuve entré dans les annales.
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Un Scudetto décidé dans les bureaux : La saison 2005-2006 reste unique. Au terme du championnat, la Juventus finit première sur le terrain, mais le scandale Calciopoli éclate et révèle un réseau d’influence sur les désignations arbitrales impliquant la Juve et d’autres clubs. La punition est sévère : la Juventus est destituée de son titre (et reléguée en Serie B), tandis que le Scudetto 2006 est attribué sur tapis vert à l’Inter Milan, classé troisième initialement. C’est la première fois qu’un titre de champion d’Italie est décerné en dehors du terrain – un épisode controversé qui alimente encore les débats entre tifosi.
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Le mystère de l’année sans champion : Si l’on demande quel club a remporté le championnat 1927, la réponse est… personne. En 1926-1927, le Torino FC termine champion sur le terrain, mais le titre lui est retiré quelques mois plus tard à la suite de la découverte d’une tentative de corruption (affaire Allemandi). Le Scudetto 1927 reste à ce jour non assigné, créant un vide inhabituel dans le palmarès officiel de la Serie A. Ironie du sort, le Torino se rattrapera largement dans les années suivantes en gagnant plusieurs titres consécutifs durant la décennie suivante.
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Le final le plus fou de l’histoire : La dernière journée de la saison 1972-1973 offre un scénario rocambolesque. L’AC Milan, en tête, n’a besoin que d’un nul à l’ultime match pour coiffer la couronne. Mais les Rossoneri s’effondrent de façon inattendue en s’inclinant 5-3 sur le terrain du modeste Hellas Verona. Dans le même temps, l’Inter Milan gagne son match et dépasse son rival in extremis. Ce jour-là, même la Juventus aurait pu en profiter : elle perd à Rome contre la Lazio et termine finalement troisième à un point. Jamais trois prétendants au titre ne s’étaient retrouvés dans un mouchoir pareil le jour J : l’Inter est champion avec 45 points, la Juve et Milan suivent à 44 points. Ce dénouement à suspense reste l’un des plus mémorables du Calcio.
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Le match des expulsions record : En 1994, un certain Fiorentina–Atalanta entre dans l’histoire disciplinaire. Pas moins de 5 cartons rouges sont distribués durant la rencontre, qui se termine dans une confusion totale à 8 contre 9 ! C’est l’une des rares fois en Serie A où l’on frôle l’interruption faute de joueurs suffisants. Les esprits s’étaient échauffés et chaque échauffourée a coûté cher, au point que la presse italienne évoquera “la bataille de Florence”. Ce record d’expulsions sur un seul match n’a plus été battu depuis.
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Un champion invaincu… mais pas titré : Performance rarissime dans l’histoire moderne, le Perugia réalise lors de la saison 1978-1979 l’exploit de ne perdre aucun match (30 matchs d’affilée sans défaite). Pourtant, les Grifoni d’Umbria ne décrochent pas le titre ! Ils terminent deuxièmes, enchaînant 11 victoires et… 19 matchs nuls, ce qui profite au Milan AC, champion avec 3 points d’avance. Perugia reste à ce jour la seule équipe invaincue sur une saison complète de Serie A à ne pas être sacrée championne – un drôle de paradoxe qui illustre l’âpreté du championnat à cette époque (2 points seulement pour une victoire, ce qui rendait les nuls “coûteux”).
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La tragédie qui bouleverse le Calcio : Le 4 mai 1949, l’équipe entière du Torino – alors championne en titre et sans doute la plus forte formation du monde – périt dans l’écrasement de son avion sur la colline de Superga, près de Turin. Ce drame anéantit le « Grande Torino », qui venait de remporter 5 Scudetti d’affilée. Le championnat 1948-1949, presque achevé, est attribué au Torino en hommage posthume. Lors des matchs restants, le club grenat aligne son équipe réserve junior, et par respect, les adversaires font de même. Cette tragédie de Superga marque profondément l’Italie et reste un fait à part, mêlant deuil et légende dans l’histoire du football italien.
Ces quelques anecdotes illustrent la richesse de la Serie A au-delà des chiffres bruts. Entre décisions de justice, coups du sort sportifs, records insolites et drames humains, le championnat d’Italie a tout connu. C’est ce cocktail d’histoire, de folklore et de passion qui fait du Calcio bien plus qu’une compétition sportive : une véritable épopée populaire, où chaque saison écrit un nouveau chapitre parfois imprévisible, souvent intense, et toujours suivi avec ferveur par des millions de tifosi à travers la Botte.
Sources :
Championnat d’Italie de football – Wikipédia
Serie A – Wikipédia
Classement buteurs historiques – Transfermarkt
Meilleurs passeurs Serie A – Transfermarkt
Discipline et cartons – Transfermarkt
Statistiques buts contre son camp – Transfermarkt
Classements européens Serie A – UEFA
Site officiel de la Serie A
FIGC – Fédération italienne de football
