Le roi de Suzuka a 19 ans et s’appelle Antonelli
Il y a des dimanches qui changent une saison. Et puis il y a des dimanches qui changent une ère. Suzuka, 29 mars 2026. Kimi Antonelli coupe la ligne d’arrivée en premier, lève le poing, et à ce moment précis, le classement du championnat du monde de Formule 1 porte pour la première fois son nom. Devant celui de son coéquipier George Russell. Devant tout le monde.
Le pilote Mercedes de 19 ans s’adjuge sa deuxième victoire consécutive, après la Chine deux semaines plus tôt. Il devance Oscar Piastri et Charles Leclerc sur le podium, tandis que Russell termine quatrième. 20 minutes Résultat comptable froid, mais ce qu’il cache est bien plus grand. Antonelli ne gagne pas seulement une course. Il prend le pouvoir.
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Shanghaï n’était pas un accident
On aurait pu voir la victoire en Chine comme un coup de chance, une étoile filante. Un rookie qui profite d’une journée parfaite, d’un peu de chaos dans le peloton, de la malchance d’un rival. Ces choses-là arrivent. Mais là, à Shanghai comme à Suzuka, Mercedes a verrouillé les deux premières lignes de grille, deux doublés en autant de courses. Antonelli a signé la pole et la victoire en Chine, confirmé les deux à Suzuka. C’est une affirmation, pas un heureux hasard.
En qualifications, son temps de 1:28.778 lors de sa première tentative en Q3 s’est révélé confortablement trois dixièmes plus rapide que Russell, lui qui tourne en F1 depuis des années et connaît Suzuka par coeur. Trois dixièmes en qualifications, c’est un gouffre. Et en course, ça n’a pas été plus serré.
Le plus jeune chef de championnat de l’histoire
La stat tombe et elle fait mal à la tête. Kimi Antonelli devient le plus jeune pilote de toute l’histoire de la Formule 1 à mener un championnat du monde. 20 minutes Pas le plus jeune depuis dix ans. Pas le plus jeune de la décennie. Le plus jeune. Tout court.
On a eu Verstappen précoce, Hamilton fulgurant, Leclerc prometteur. Aucun n’avait franchi cette ligne-là à cet âge. Et Antonelli, lui, ne se contente pas d’être leader par défaut, par la faiblesse des autres, ou parce que les favoris sont tombés. Il écrase son coéquipier, pilote expérimenté et lui-même prétendant sérieux au titre. Il le fait deux fois de suite. Il le fait sur deux circuits très différents.
Russell dans l’ombre de son cadet
C’est peut-être ça, la partie la plus inconfortable de ce dimanche pour l’Anglais. Russell était le leader du championnat avant la course, séparé d’Antonelli par seulement quatre points. Il arrive à Suzuka en chef, il repart numéro deux. Et pas numéro deux sur une erreur, un accident ou un coup du sort. Numéro deux parce que son coéquipier de 19 ans était simplement plus rapide que lui ce week-end. Sur les chronos du samedi. Sur le rythme du dimanche. Sans discussion, bien que la safety car a favorisé le jeune italien, contrairement à son co-équipier anglais
Il y a quelque chose de presque cruel dans cette dynamique interne chez Mercedes. Russell a décrit une séance de qualifications très étrange, évoquant des problèmes récurrents avec l’adhérence arrière de sa voiture. Mais Antonelli, lui, n’a rien eu de tel à déplorer.
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Voilà le chiffre qui donne le vertige. Pour trouver un pilote italien ayant signé deux victoires consécutives en Formule 1, il faut remonter à 1953. Alberto Ascari, sous les couleurs Ferrari, remportait alors des courses à la pelle et devenait le premier double champion du monde de l’histoire. Entre les deux hommes, soixante-treize ans de F1, des centaines de Grands Prix, des dizaines de pilotes transalpins, et aucun n’avait réussi à enchaîner comme ça.
Avant Antonelli, le dernier succès d’un pilote italien en F1 remontait au Grand Prix de Malaisie 2006, remporté par Giancarlo Fisichella, cinq mois avant même la naissance d’Antonelli. Motorsport Il n’était pas encore là que la fête italienne en F1 était déjà terminée. Et le voilà qui remet l’Italie au sommet, non pas le temps d’un podium, mais d’un leadership au championnat.
Une saison qui commence à peine, une légende qui démarre
Trois courses disputées en 2026. Trois poles pour Mercedes. Deux victoires pour Antonelli. On serait tentés de calmer le jeu, de parler de régularité à confirmer, d’une longue saison à tenir. Et c’est vrai, tout ça. Mais la réalité, elle, est là, brute et immédiate : un gamin de 19 ans mène le championnat du monde de Formule 1 après avoir battu son coéquipier deux fois de suite sur des circuits qui ne se ressemblent pas.
Suzuka n’est pas un circuit pour les timides. Ses enchaînements à grande vitesse, ses virages qui réclament du cran et de la précision en même temps : tout ça demande une maturité que les années donnent en général. Kimi Antonelli, visiblement, n’a pas attendu les années.
Il est le plus jeune leader de l’histoire du championnat. Il est le premier Italien à gagner deux fois de suite depuis avant la naissance de la télévision couleur. Et il n’a toujours pas fêté ses vingt ans.
Certains arrivent en F1 pour apprendre. Lui, on dirait qu’il est arrivé pour régner.
Crédit photo : Photo par TOSHIFUMI KITAMURA / AFP



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