Fin de partie pour Gattuso, et l’Italie cherche encore son rebond
Dans la nuit glaciale qui a suivi l’élimination, un silence étrange a envahi Clairefontaine version italienne. Pas un bruit, pas une porte qui claque, juste ce moment suspendu où tout un pays se rend compte qu’il ne partira pas aux États-Unis. Le lendemain, la sentence est tombée. Gennaro Gattuso n’est plus le patron de la Nazionale. L’histoire aura duré moins d’un an, et elle se termine sur un goût amer, presque métallique, celui des tirs au but ratés et des regrets qui collent à la peau.
Un échec lourd, une décision évidente
La non-qualification pour la Coupe du monde 2026, c’était l’obstacle à ne pas se prendre en pleine tête. L’Italie savait qu’elle jouait gros. Elle avait flairé la tempête, mais espérait encore une éclaircie. Puis est arrivée la Bosnie, la vraie, celle qui ne tremble pas quand il faut aller au combat, celle qui a finalement éteint le rêve bleu. La Bosnie-Herzégovine n’a pas volé sa qualification. L’Italie, elle, n’a pas su s’en rendre digne.
Le communiqué est tombé tel un verdict sec mais digne. « C’est le cœur lourd… » a écrit Gattuso pour officialiser son départ, citant l’objectif manqué comme point final. Pas de drame, pas de posture. Juste la lucidité de celui qui sait que le football ne pardonne pas. Quelques minutes plus tard, la Fédération italienne de football confirmait la nouvelle, remerciant l’entraîneur pour avoir rallumé une flamme que beaucoup croyaient éteinte. Une manière élégante de tourner la page.
Il n’est pourtant pas le seul à quitter le pont. Avant lui, le président Gabriele Gravina avait déjà rendu les clés, suivi de près par une icône, une légende, un monument: Gianluigi Buffon, qui tirait sa révérence après avoir accompagné la sélection dans un rôle plus institutionnel. Trois départs en quelques jours, comme un signal d’alarme en lettres majuscules.
Ce turnover express ressemble à un chantier XXL. La Nazionale n’a pas seulement perdu un billet d’avion pour 2026. Elle a perdu un cap, une continuité, un projet. Gattuso était venu pour remettre un peu de fureur dans ce groupe, un peu de mordant, un peu de ce feu intérieur qui faisait autrefois plier l’Europe. Par moments, ça a marché. L’enthousiasme était revenu. Le jeu, parfois, aussi. Mais l’équation n’a jamais été totalement résolue, et chaque grain de sable s’est transformé en avalanche.
Une Italie en quête de renaissance
Alors, que reste-t-il aujourd’hui? Une sélection en recherche d’identité, un pays qui commence à s’habituer aux déceptions mais qui refuse d’en faire une norme. L’Italie n’est pas un football comme les autres. C’est une dramaturgie permanente, une pièce en plusieurs actes où les rebondissements arrivent toujours au moment où personne ne les attend.
La suite s’écrit désormais dans le brouillard. Le futur sélectionneur devra trouver un équilibre entre héritage et renouveau. Il devra surtout travailler là où tout a récemment craqué: la constance, la créativité, la capacité à dominer les matchs importants. Les candidats ne manqueront pas, les attentes encore moins.
Gattuso s’en va, mais l’histoire continue
Pour Gattuso, cette parenthèse refermée en 2026 n’est ni une tache ni un drame. C’est un chapitre. Un entraîneur n’est jamais aussi fort que sa prochaine aventure. Il part avec la dignité qu’on lui connaît et la rage qu’il ne perdra jamais. Il laissera derrière lui le souvenir d’un homme qui a tenté, parfois réussi, souvent lutté, mais qui n’a pas trouvé la dernière pièce du puzzle.
L’Italie, elle, doit continuer d’avancer, même si la route semble longue. Les cicatrices sont fraîches, la honte est évitée mais la blessure est profonde. Il va falloir du courage, des idées et un vrai souffle nouveau pour reconstruire. Mais ça, l’histoire de la Nazionale l’a déjà prouvé: elle sait renaître. Parfois même plus vite qu’on ne le pense.


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