Un tir, un rugissement, Milan en fusion
Il y a des buts qui font gagner un match. Et puis il y a ceux qui font exploser une salle.
Mercredi soir à Milan, à la Santagiulia Arena, Quinn Hughes a armé un tir en pleine prolongation, à 3:27 exactement, et l’a envoyé à l’intérieur du poteau. 2-1 pour les États-Unis face à la Suède. Fin de l’histoire. Ou plutôt début d’autre chose.
Hughes a frappé la vitre avec son bâton. Matt Boldy l’a enlacé. Le banc américain s’est vidé comme une vague blanche et bleue. “Free Bird” a hurlé dans les enceintes. Milan a tremblé.
« Juste un soulagement », a soufflé Hughes après coup.
Un mot simple pour un moment gigantesque. Parce que oui, ça aurait pu basculer de l’autre côté.
Un rêve presque brisé, puis ravivé
Pendant 58 minutes et 29 secondes, les Américains ont cru tenir leur quart de finale. Une avance 1-0, acquise grâce à Dylan Larkin, une défense compacte, un Connor Hellebuyck solide derrière. Ça sentait le match de Game 7, tendu, fermé, brutal dans les coins.
Puis la Suède a retiré son gardien. À 1:31 de la fin, la rondelle traverse la zone américaine. Mika Zibanejad surgit et égalise. 1-1. Silence, puis explosion côté suédois.
En un instant, la quête américaine pour un premier or olympique depuis 1980 vacille. Le doute s’invite. Le scénario catastrophe aussi.
Mais cette équipe a appris à encaisser. Elle n’a pas paniqué. En prolongation à 3 contre 3, c’est un jeu d’échecs à haute vitesse. Moins d’espace qu’on ne l’imagine. Plus de pression qu’on ne veut l’admettre.
« Donnez-la à Quinn. C’est généralement le plan », a résumé Boldy, presque en souriant.
Le retour du patron
Il y a un an, les États-Unis avaient dû composer sans Hughes lors du 4 Nations Face-Off. Blessure oblique. Défaite en finale contre le Canada. Le manque était criant.
Cette fois, le lauréat du trophée Norris 2023-24 est là. Et ça change tout.
« C’est une meilleure équipe avec lui, il n’y a même pas débat », a assuré Matthew Tkachuk.
Sur l’action décisive, Hughes entre en zone, crée son propre espace, fixe son défenseur et déclenche. Un tir chirurgical depuis le haut de l’enclave. Jacob Markstrom, pourtant énorme avec 38 arrêts, est battu à l’intérieur du poteau droit.
« L’un des meilleurs sentiments que j’ai jamais eus », a confié Brady Tkachuk.
Ce but, c’est plus qu’une qualification. C’est la confirmation que Team USA a son leader technique, son métronome, son briseur d’équilibres.
Vendredi, les Américains affronteront la Slovaquie en demi-finale. Le rêve continue.
La Suède, entre fierté et chagrin
Pendant que les Américains célébraient, la Suède s’effondrait.
Lucas Raymond à genoux sous la ligne de but, le visage caché. Markstrom immobile dans son demi-cercle. Gabriel Landeskog regard vide. Zibanejad plié en deux sur le banc.
« Je ne vais pas fuir l’amertume et le chagrin », a dit Landeskog. « Je vais m’asseoir un peu dedans. »
Les Suédois étaient venus chercher l’or. Ils repartent avec des regrets. Une phase de groupes mal maîtrisée. Un tour de qualification en plus à jouer. Des marges minuscules.
Et puis ce coup du sort cruel. Victor Hedman blessé lors des échauffements, incapable de jouer ce qui devait être ses seuls Jeux olympiques. Présent sur le banc, impuissant. Image déchirante.
« C’est notre vie », a lâché le sélectionneur Sam Hallam. « On peut dire que ce n’est que du hockey, mais ce n’est pas vrai. »
Le tir de Hughes a tout effacé. La joie, l’élan, l’espoir suédois.
Cap sur la Slovaquie
Les États-Unis sont en demi-finales. La Slovaquie les attend. Une équipe en pleine confiance, qui vient de corriger l’Allemagne.
Hughes, lui, savoure sans s’emballer.
« Vous voulez juste que ça dure le plus longtemps possible », a-t-il glissé.
À Milan, ça dure encore. Et avec un défenseur capable de transformer la pression en étincelle, Team USA avance avec une certitude nouvelle.
Dans ces tournois-là, il faut un héros. Les Américains ont trouvé le leur.
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