LeBron revient, et les Lakers respirent enfin
Il y a des soirs où une salle NBA sonne comme un moteur qu’on rallume après des semaines d’hibernation. À Los Angeles, quand LeBron James a refoulé le parquet face au Jazz, l’air a changé d’épaisseur. Rien qu’au moment où il a traversé le tunnel, les téléphones se sont levés comme un champ de lucioles et les murmures se sont transformés en un grondement sourd. L’icône revenait, et tout le monde le savait.
Un match qui ressemblait à un test de survie
Avant son retour, les Lakers avaient l’allure d’un bateau qui prend l’eau plus vite qu’on ne peut écoper. Des séquences brouillonnes, un collectif en pointillés, et cette impression de manquer de repères dès que le tempo s’emballe. Contre Utah, c’était l’occasion de voir si Los Angeles pouvait retrouver un semblant de colonne vertébrale.
LeBron n’a pas fait semblant. Dès les premières possessions, il a posé sa griffe, pas avec un coup de marteau mais avec cette précision chirurgicale qui rappelle qu’il connaît la NBA comme d’autres connaissent leur salon. Une passe laser dans le corner. Un drive qui fait reculer trois défenseurs d’un seul pas. Un jumper propre comme un coup de compas. Pas besoin d’en faire trop, juste de rappeler comment l’orchestre sonne quand le chef lève la baguette.
Utah voulait y croire, mais la lumière était trop forte
Le Jazz n’est pas venu pour faire de la figuration. Ça court, ça shoote, ça n’a peur de personne. Quelques runs bien sentis ont d’ailleurs forcé les Lakers à se regarder dans le miroir. Mais à chaque fois que le match menaçait de basculer, James ramenait le calme. Comme un métronome qui refuse la panique.
Ce n’était pas un retour fleuve. Pas un opéra en triples doubles. Mais une masterclass de présence et de contrôle de Lebron et des Lakers. Le genre de match qui rappelle que parfois, la seule différence entre un groupe agité et une équipe solide, c’est un joueur qui sait quand accélérer, quand ralentir, quand parler et quand trancher.
Des Lakers enfin dans le bon sillage
Autour de Lebron, les role players ont enfin respiré, comme si on venait d’ouvrir une fenêtre dans une pièce saturée. Davis a retrouvé ses angles préférés, Reaves a repris son groove, et même le banc, si souvent en apnée ces dernières semaines, a montré des séquences cohérentes. Rien d’explosif, mais assez pour dire que cette équipe sait encore jouer quand son phare est allumé.
Le score final n’était que la ponctuation d’un texte écrit à quatre mains: le talent de James et le besoin viscéral des Lakers de retrouver un capitaine. Une victoire qui ne dit pas tout, mais qui dit l’essentiel: Los Angeles n’a pas perdu ses ambitions, seulement son guide pendant trop longtemps.
La suite? Une route qui s’éclaircit
LeBron n’a pas l’habitude de revenir pour jouer les figurants. À 40 printemps tout neufs, il préfère réécrire les chapitres plutôt que tourner les pages. Et les Lakers, eux, ont besoin de chaque phrase, chaque geste, chaque soupir de leur leader pour espérer exister dans une conférence qui ne pardonne rien.
Ce match contre Utah n’était pas un triomphe, c’était un redémarrage. Le genre de soirée où l’on se dit: d’accord, ils sont encore vivants, et avec James sur le terrain, ils peuvent à nouveau respirer comme une vraie équipe de basket.



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