Il était un peu plus de 2h30 du matin quand le communiqué est tombé. Sec. Sans fioritures. L’Olympique de Marseille a officialisé la fin de sa collaboration avec Roberto De Zerbi. Quelques heures après la claque reçue face au Paris Saint-Germain au Parc des Princes (5-0), la rupture est actée.
Communiqué officiel de l’Olympique de Marseille.
— Olympique de Marseille (@OM_Officiel) February 11, 2026
À Marseille, les nuits sont rarement calmes quand ça tangue. Celle-ci ne l’a pas été.
Le Classique comme détonateur final
La décision couvait depuis plusieurs semaines. Mais l’humiliation subie à Paris a servi d’accélérateur. Une équipe dépassée, friable défensivement, incapable de rivaliser dans l’intensité. Le 5-0 n’a pas seulement fait mal au classement. Il a touché l’orgueil.
Dans les heures suivant la rencontre, une réunion interne a scellé le sort du technicien italien. Officiellement, une séparation “d’un commun accord”. Officieusement, un projet arrivé à bout de souffle.

Un projet séduisant, jamais stabilisé
Arrivé à l’été 2024 avec l’image d’un entraîneur moderne et exigeant, De Zerbi incarnait une promesse : celle d’un OM audacieux, capable d’imposer son jeu. Construction basse, pressing coordonné, circuits travaillés. Sur le papier, l’idée était claire.
Dans les faits, l’irrégularité a tout rongé. Élimination prématurée en Ligue des champions, notamment après une contre-performance marquante face au Club Bruges. En championnat, des trous d’air répétés, une remontada subie face au Paris FC, et une incapacité à tenir le cap dans les matchs à haute pression.
Soutenu longtemps par Pablo Longoria et Mehdi Benatia, De Zerbi n’a jamais totalement convaincu dans la gestion des temps faibles. Son équipe, séduisante par séquences, restait trop exposée derrière. À Marseille, cela finit toujours par coûter cher.
Un 32e entraîneur depuis 2000 : symptôme d’un mal profond
Avec ce départ, l’OM s’apprête à nommer son 32e entraîneur du XXIe siècle en Ligue 1, intérimaires compris. Trente-deux. Aucun autre club français n’affiche une telle rotation.
Ce chiffre raconte une histoire à lui seul. Celle d’une instabilité devenue chronique. Chaque nouvel entraîneur arrive avec sa vision, son système, ses exigences en matière de recrutement. Et souvent, le temps manque pour que l’ensemble prenne forme.
Marseille vit dans l’urgence permanente. La pression populaire, médiatique, institutionnelle ne retombe jamais. Le moindre trou d’air devient tempête.
Un défi qui dépasse le nom du prochain coach
Le départ de De Zerbi ouvre une nouvelle page. Mais la question n’est plus seulement de savoir qui sera le prochain sur le banc. Elle est plus profonde : l’OM est-il capable d’installer enfin une continuité sportive ?
Changer d’entraîneur peut provoquer un électrochoc. Construire un projet durable, en revanche, demande du temps et de la cohérence. Deux ressources rares sur la Canebière.
Une chose est sûre : à Marseille, l’histoire recommence. Encore.
Photo by KURT DESPLENTER / BELGA MAG / Belga via AFP
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