Le Bronx prépare une place pour le géant CC Sabathia
Dans la galaxie des mythes qui veillent sur le Yankee Stadium, les noms résonnent comme une litanie sacrée. Ruth, Gehrig, DiMaggio, Mantle. Et bientôt, un autre s’ajoutera au panthéon. Le 26 septembre, l’organisation honorera CC Sabathia, intronisé à Cooperstown l’an dernier, en retirant son numéro 52 et en gravant son histoire dans le légendaire Monument Park. Une consécration rare. Une poignée d’élus seulement. Une cérémonie qui dira tout ce que le Bronx pense encore de son colosse gaucher.
Sabathia devient ainsi le 24e joueur de la franchise à voir son numéro retiré, le premier depuis Paul O’Neill en 2022, et le cinquième membre de l’escouade titrée en 2009 à obtenir l’immortalité numérique, aux côtés de Derek Jeter, Andy Pettitte, Jorge Posada et Mariano Rivera. Autrement dit, la colonne vertébrale de la dernière dynastie, la dernière bague, le dernier champagne encore frais dans les mémoires.
CC Sabathia will be the 24th Yankee to have his number retired pic.twitter.com/9gpd8b0toI
— Yankees Videos (@snyyankees) February 26, 2026
Un message qui claque comme un fastball
Toujours maître en matière de punchlines, Sabathia a accueilli la nouvelle avec une émotion sincère. Sur son compte X, il a lâché quelques mots qui en disent long sur le chemin parcouru: « From the first number that hung in my locker to 52 forever hanging in Monument Park, this HOF journey has come full circle. » Pas besoin d’artifices. Pas besoin d’en rajouter. On sent le gars qui a tout donné, jusqu’à la dernière goutte de sueur, jusqu’au dernier lancer, usé mais jamais brisé.
Une phrase revient souvent chez ceux qui ont croisé CC Sabathia: il a toujours pris la balle. Toujours. Peu importe la douleur, les enjeux ou les kilomètres avalés par un bras parfois récalcitrant. Cette responsabilité-là, ce goût du combat, c’est exactement ce que New York adore. C’est ce qui transforme un excellent joueur en véritable monument.
Un CV qui force le respect
Avant de devenir l’icône du Bronx, Sabathia avait déjà posé des jalons solides du côté de Cleveland et de Milwaukee. Une carrière complète, riche, avec 251 victoires, 3.74 d’ERA et une réputation de bulldozer capable d’avaler des innings comme d’autres avalent un café. Mais c’est à New York qu’il a forgé sa légende.
Dès son arrivée en 2009, il a mis les choses au clair. Un ERA de 1.98 durant les playoffs. Un titre de MVP de l’ALCS. Une présence massive sur le monticule, comme s’il avait été sculpté pour octobre. Quand les lumières devenaient aveuglantes, Sabathia voyait simplement plus clair.
Sur onze saisons dans l’uniforme rayé, il a compilé 134 victoires, trois sélections au All-Star Game et une place sur le podium du Cy Young en 2010. Il se classe aujourd’hui quatrième de l’histoire des Yankees en nombre de strikeouts, septième en starts, dixième en victoires, onzième en manches lancées. Une empreinte lourde. Une signature indélébile.
Un héritage à la hauteur du personnage
Au-delà des chiffres, Sabathia a apporté autre chose. Un leadership brut, honnête, authentique. Une stature dans le vestiaire qui imposait le respect sans jamais l’exiger. Une façon de tenir le groupe, de serrer les dents, d’être là. Toujours là. C’est cette dimension humaine qui explique pourquoi Monument Park va bientôt accueillir un nouveau numéro.
Le 26 septembre, quand le 52 s’élèvera pour ne plus jamais être porté, le Bronx n’applaudira pas seulement un lanceur. Il saluera une époque, un symbole, un homme qui a incarné ce que signifie être un Yankee. Et dans un coin du stade, une voix résonnera sûrement encore. Celle d’un géant qui aurait simplement dit: « The LegaCCy continues. »


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