James Harden choisit la douleur
Il y a des soirs où l’info tombe comme un poster dunké en pleine tête. Mardi, James Harden s’est fracturé le pouce droit face aux Knicks. Le genre de pépin qui fait grimacer, qui crispe toute une salle, qui renvoie même les plus solides vers le banc en serrant les dents. Sauf que Harden n’est pas les plus solides. Il fait partie de ces joueurs qui voient une blessure comme un ralentisseur, pas comme un mur. Le diagnostic est tombé, la douleur est bien là, mais le vétéran a choisi d’avancer. Pas de pause, pas de repos, juste du basket.
Dès mercredi, Harden a consulté un spécialiste. Verdict médical: fracture du pouce. Verdict personnel: on continue. Une décision presque anachronique dans une NBA obsédée par la gestion de charge, où la moindre alerte devient une absence préventive. Lui coche la case disponible sans hésitation. Le message est clair. On ne coupe pas la barbe, on ne coupe pas le rythme.
Just in on NBA Today — after hand specialist evaluation, Cavaliers star James Harden plans to play through his fractured right thumb: pic.twitter.com/xQz87Swecp
— Shams Charania (@ShamsCharania) February 25, 2026
Cleveland découvre la version gladiateur
L’annonce a résonné dans le vestiaire des Cavs. Arrivé début février lors de la trade deadline, Harden s’est vite fondu dans l’Ohio. Pas encore les chiffres stratosphériques de ses grandes années, mais une présence, un leadership évident. Depuis son arrivée, il tourne à 18,9 points et 8 passes décisives en un peu plus de 32 minutes, preuve qu’on peut peser sans dominer la feuille de stats.
À côté de Donovan Mitchell, il s’est mué en stabilisateur, en métronome, en colonne vertébrale lors des soirs difficiles. Mardi, Cleveland a dominé New York 109-94, une victoire solide mais arrachée au prix d’un pouce qui a cédé. Harden a répondu: pas aujourd’hui.
Un déplacement sous tension
La suite arrive à toute vitesse. Dans la nuit de mercredi à jeudi, Cleveland se déplace chez les Bucks, pour un choc programmé à deux heures du matin en France. Un match déjà compliqué à aborder, rendu encore plus piquant avec un Harden diminué. Les Bucks ne se gêneront pas pour tester sa main droite, lui taper dessus, évaluer sa tolérance à la douleur. Une fracture du pouce n’est pas une simple gêne qu’on oublie sous un strap. C’est un rappel à chaque dribble, chaque passe, chaque tir.
Et malgré cela, Harden veut être là. Jouer blessé n’est pas une posture héroïque. C’est un message au groupe. Je prends des coups, mais je reste. Restez aussi. Les Cavaliers jouent une saison charnière, pleine d’ambition mais aussi d’incertitudes. Voir l’un de leurs leaders refuser la moindre minute de repos laisse une empreinte. Les jeunes observent, enregistrent, apprennent.
Le pari du barbu
On peut débattre du raisonnable ou du risqué. Mais on ne peut pas ignorer ce que révèle cette décision. Harden joue un nouvel acte à Cleveland, après des années à chercher la stabilité, le bon rôle, le bon contexte. Et c’est peut-être ici, dans cette franchise encore brute mais ambitieuse, qu’il a enfin trouvé l’équilibre.
Alors oui, il jouera sans pouce fonctionnel. Oui, chaque tir réveillera une douleur sèche. Mais Harden veut montrer qu’à 36 ans, il a encore autre chose qu’un step-back iconique. Il lui reste une détermination féroce, presque old school, celle de jouer coûte que coûte.
Cleveland n’a pas simplement recruté un ancien MVP. La franchise a récupéré un guerrier. Et ce guerrier, fracture ou pas, sera sur le parquet.


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