Il restait moins d’une minute quand Moses Moody a souffert du pire. Le match venait de basculer dans cette zone étrange, là où la fatigue se mêle à l’adrénaline, où chaque possession pèse plus lourd que les précédentes. Les Golden State Warriors venaient de faire le plus dur à Dallas, dans un combat tendu, prolongé, arraché en prolongation face aux Dallas Mavericks. Et puis tout s’est arrêté.
Moody coupe une ligne de passe sur Cooper Flagg, surgit près de la ligne médiane et intercèpte le ballon au joueur des Mavs. Après cela il se dirige vers le panier adverse en contre attaque sans aucun contest du joueur des Mavs. Mais tout d’un coup, sur un appui à deux pieds pour le dunk, le genou lâche et le numéro 4 des Warriors s’arrête instantanément en plein mouvement.
Il s’effondre directement tout en attrapant sa jambe, grimace. Pas un seul cri n’émane de lui et l’action continue. Par contre cette douleur sèche, immédiate, elle, glace tout le monde. Dans les tribunes de l’American Airlines Center, le bruit disparaît d’un coup. Comme si 20 000 personnes venaient de comprendre en une seconde que quelque chose n’allait pas.
Moses Moody is taken out on a stretcher after a gruesome non-contact injury, after stealing the ball from Cooper Flagg in a clutch moment in OT, and during a wide open layup (with replays).
Including reactions by players, fans and announcers. NBC and Warriors commentaries
— MrBuckBuck (@MrBuckBuckNBA) March 24, 2026
Un instant que tout le monde redoute
Sur le banc, Steve Kerr se fige, les mains sur la bouche. Sur le terrain, les joueurs lèvent les bras, appellent les soigneurs. Plus personne ne pense au score, ni à la victoire qui se dessine. Juste à lui. « J’ai vu sa jambe lâcher », dira Kerr plus tard. Pas besoin d’en dire beaucoup plus. Les images suffisent. Même Moody sur les vidéos semble choqué de sa propre blessure.
Le jeu s’interrompt. Longtemps. Une civière arrive. Moody est évacué sous les applaudissements. Un réflexe humain, presque instinctif tandis que son coéquipiers Draymond Green tente de le consoler. Peu importe le maillot. Parce qu’à ce moment-là, il n’y a plus d’adversaires.
Le vestiaire, entre soulagement et peur
Dans le couloir, loin des caméras, l’ambiance bascule. Seth Curry et plusieurs cadres attendent devant la salle d’examen. Personne ne parle vraiment. On attend, on espère, on imagine le pire sans vouloir le dire. Pas de résultat pour le moment même si le joueur devrait avoir des examens plus complet au cours de la journée. Par contre on peut imaginer que l’arrière des Warriors manquera la fin de saison et possiblement un bout de la suivante…
Moses Moody just suffered what could be a patellar dislocation of left knee on a non contact injury while laying it up. It’s a little gruesome, so watch with caution. pic.twitter.com/BenNpt1eO8
— BBALLBREAKDOWN (@bballbreakdown) March 24, 2026
Son coéquipier, Brandin Podziemski, lâche une phrase qui en dit long. Le même sentiment que lors de la blessure de Jimmy Butler en janvier : ce vide, cette impuissance. Le sport de haut niveau a cette cruauté-là. Une seconde, un appui, et tout peut basculer même à une minute de la fin de la rencontre.
Une soirée brillante devenue floue
Le plus dur, c’est peut-être le contexte : Moody revenait de trois semaines d’absence, un poignet à remettre en place, du travail dans l’ombre. Et ce soir-là, tout cliquait plutôt bien : 23 points pour lui avec une efficacité un peu moins là. Mias de l’agressivité, de la défense et de l’impact.
Il était partout et faisait basculer le match. Et puis ce dernier run et cette action anodine. Ce non-contact que tous les joueurs redoutent et qui ne laisse aucune place au doute.
« C’est dur », lâche Gary Payton II. Le mot est faible, mais il est juste. Parce qu’il n’y a rien à comprendre. Rien à corriger. Juste accepter.
Plus qu’un joueur, un coéquipier
Dans ce vestiaire, Moody n’est pas seulement un role player. C’est un gars apprécié malgré sa discretion c’est un véritable bosseur, toujours à sa place. Le genre de joueur que tous les coachs veulent, que tous les coéquipiers respectent.
Draymond Green ne cherche même pas à analyser. « Je pense à Mo. » C’est tout. Et ça suffit. Parce que derrière les systèmes, les rotations, les stats, il y a des carrières fragiles. Des corps qui lâchent. Des saisons qui basculent sans prévenir. C’était sa meilleure saison de sa carrière jusque là, il jouait le meilleure basket de sa vie et prenait de plus en plus de place dans la rotation de kerr.
En attendant les réponses
Radiographies dans la foulée. IRM prévue. Le verdict médical n’est pas encore tombé, mais les visages racontent déjà une partie de l’histoire. Moody quitte la salle, béquilles sous les bras, grosse attelle au genou. Plus tard, il est installé dans un fauteuil roulant, la jambe surélevée, entouré par le staff.
Moses Moody deixou a arena em uma cadeira de rodas com a perna imobilizada em cima de toalhas pic.twitter.com/LHUcdIX90H
— NBA do Povo 🏀🇧🇷 (@NBAdoPovo) March 24, 2026
Image dure. Image réelle. Les Warriors ont gagné ce match, 137-131. Sur le papier, ça compte. Au classement aussi.
Mais personne n’avait vraiment la tête à ça en quittant la salle. Parce que parfois, une victoire passe au second plan. Et lundi soir, à Dallas, tout le monde regardait dans la même direction. Le genou de Moses Moody. Et l’espoir, fragile, que ce ne soit pas aussi grave que ça en avait l’air.



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