Manchester United a retrouvé de l’élan. Une identité. Des résultats. Depuis l’arrivée de Michael Carrick sur le banc, Old Trafford recommence à vibrer. Trois matchs, trois performances marquantes, une quatrième place provisoire et un vestiaire relancé. Mais dans cette dynamique retrouvée, tout le monde n’avance pas au même rythme. Pour Leny Yoro, l’air s’est brutalement raréfié.
Carrick change tout… ou presque
Le choc a été immédiat. Manchester City balayé dans un derby maîtrisé, Arsenal dominé à l’Emirates, Fulham contenu avec sérieux. En quelques semaines, Carrick a réinstallé des principes simples et lisibles : bloc compact, transitions rapides, ailes agressives. Un Manchester United courageux, collectif, connecté. Un United qui ressemble enfin à quelque chose.
Et paradoxalement, ce retour aux bases a laissé Yoro sur le côté. Le défenseur français de 20 ans n’a disputé que quelques secondes contre Fulham, envoyé sur la pelouse à la 96e minute pour fermer la boutique. Le symbole est cruel.

Une hiérarchie qui s’est refermée
Le déclassement ne date pas uniquement de l’ère Carrick. Sous Rúben Amorim, Yoro avait déjà perdu du terrain. Titulaire en début de saison, il a progressivement reculé, jusqu’à sortir du onze et parfois même de la rotation. Avec l’émergence d’Ayden Heaven, recruté à Arsenal à l’hiver 2025, la concurrence s’est encore durcie.
Aujourd’hui, la charnière Harry Maguire – Lisandro Martínez s’est imposée comme une évidence. Défense à quatre stabilisée. Leadership clair. Le temps des bricolages à trois derrière semble révolu.
Un tournant qui lui a coûté cher
Il y a aussi ce match de novembre contre Crystal Palace. Un penalty concédé, une sortie prématurée, un joueur visiblement touché. Amorim avait mis des mots dessus, sans détour : trop d’analyse, trop de pression, trop jeune. En Angleterre, les critiques sont revenues en boucle. Manque de densité physique. Difficulté à gérer les temps faibles.
Sa dernière titularisation contre Brighton en FA Cup n’a pas inversé la tendance. Depuis, le banc est devenu sa place par défaut.
Maguire, l’obstacle inattendu
La situation se complique encore avec le retour en grâce de Maguire. À 32 ans, en fin de contrat, l’Anglais enchaîne les grosses performances. City, Arsenal, mêmes combats, mêmes certitudes. Son expérience rassure le staff, son leadership stabilise les jeunes autour de lui. Et il est prêt à revoir son salaire à la baisse pour prolonger.
Sportivement logique. Symboliquement délicat. Car chaque minute donnée à Maguire est une minute de moins pour la nouvelle garde, Yoro en tête.
Un avenir encore flou
Du côté d’INEOS, le discours reste rassurant. Yoro, sous contrat jusqu’en 2029, est toujours considéré comme un joueur d’avenir, au même titre qu’Ayden Heaven. L’exemple Kobbie Mainoo prouve qu’un jeune peut revenir fort après une phase creuse.
Mais le timing inquiète. Arrivé à l’été 2024 pour 62 millions d’euros, courtisé par le PSG et le Real Madrid, Yoro n’a jamais vraiment pu lancer sa trajectoire. Sa grave blessure à la malléole, survenue dix jours après sa signature, l’a tenu éloigné des terrains pendant quatre mois. Un coup d’arrêt brutal.
Le club repart, Yoro attend
Manchester United avance. Les résultats suivent. Le public y croit de nouveau. Mais pour Leny Yoro, le décor est plus trouble. Le projet sportif se redessine sans lui, au moins à court terme. Même l’équipe de France semble s’éloigner, avec une perspective plus probable vers l’Euro Espoirs que vers les A.
Rien n’est perdu. À 20 ans, tout peut encore basculer. Mais dans un club qui recommence à gagner, l’attente devient plus lourde que jamais. Et pour Yoro, le plus dur n’est peut-être plus de progresser. C’est simplement de retrouver une place.
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