Turin accélère et impose son tempo
Il y a des victoires qui comptent double. Celles qui rassurent, celles qui replacent une équipe dans le sens de l’histoire. Mardi soir, à Reggio Emilia, la Juventus a livré exactement ce genre de prestation. Un 3-0 net, sans bavure, face à Sassuolo, qui dit beaucoup plus que ce que le score raconte. La Vieille Dame avance, retrouve de la verticalité, du mordant, et surtout une vraie autorité dans les moments clés.
Après le nul frustrant concédé face à Lecce quelques jours plus tôt, les Bianconeri avaient besoin d’un signal. Pas d’un match maîtrisé à 60 %, mais d’un message clair envoyé au reste du championnat. Ils l’ont fait, avec sérieux, intensité et une impression de contrôle presque froide. Résultat : un top 4 sécurisé et un écart réduit à trois points derrière l’Inter, même si les Nerazzurri gardent encore deux matchs en réserve.
Un départ canon pour étouffer Sassuolo
La Juventus n’a pas perdu de temps. Dès les premières minutes, le pressing est haut, les lignes serrées, les intentions limpides. À la 16e minute, la récompense tombe. Pierre Kalulu déborde côté droit, centre fort devant le but, et Tarik Muharemovic, malheureux, dévie le ballon dans ses propres filets. Le genre de but qui symbolise une équipe acculée, prise de vitesse, incapable de respirer.
Sassuolo tente de répondre timidement, mais la Juve sent l’odeur du sang. Jonathan David, très mobile, multiplie les appels. Arijanet Muric s’interpose une première fois, puis une deuxième face à Kenan Yildiz, déjà intenable entre les lignes. Ce n’est que partie remise. Quelques minutes plus tard, Fabio Miretti surgit, puis David conclut dans la foulée. 110 secondes. Deux buts. Match plié.
Jonathan David, enfin libéré
C’était l’un des dossiers les plus scrutés de la saison turinoise. Jonathan David, recrue attendue, symbole d’un projet plus offensif, peinait à trouver son rythme. Son premier but en Serie A remontait à août, face à Parme. Depuis, le silence. Long. Pesant. 135 jours sans marquer en championnat, la plus longue disette de sa carrière entre Ligue 1 et Serie A.
Mardi soir, le compteur s’est enfin débloqué. Pas un but spectaculaire, mais un but juste. Placé, propre, sans fioriture. Celui qui enlève un poids. Celui qui change une dynamique. David n’a pas seulement marqué, il a pesé. Dans ses déplacements, dans son pressing, dans sa relation avec Yildiz. La Juve a besoin de ce David-là pour rêver plus haut.
Une domination chiffrée, assumée, logique
Les chiffres confirment ce que les yeux ont vu. 17 tirs pour la Juventus, un expected goals à 2,53. Sassuolo, lui, n’a jamais vraiment existé : six tentatives, 0,22 xG, et une incapacité totale à mettre en danger l’arrière-garde turinoise. Trois victoires consécutives à l’extérieur en Serie A, une première depuis l’hiver 2023-2024. Cette Juve voyage mieux, gère mieux, frappe au bon moment.
Luciano Spalletti peut s’appuyer sur un collectif de plus en plus cohérent. Moins dépendant d’un seul homme, plus équilibré dans ses temps faibles, plus clinique quand l’adversaire vacille. Ce n’est pas encore une machine parfaite, mais c’est une équipe qui avance avec une idée claire.
La Roma s’accroche et refuse d’abdiquer
Plus tôt dans la journée, la Roma avait elle aussi fait le travail. Face à Lecce, lanterne rouge, les Giallorossi n’ont pas tremblé. Evan Ferguson ouvre le score dès la 14e minute, profitant d’un ballon mal repoussé et d’une inspiration de Paulo Dybala à l’entrée de la surface. Un tir rasant, précis, imparable.
Après l’heure de jeu, Ferguson cède sa place. Artem Dovbyk entre, et comme souvent, il fait la différence. À cinq minutes du terme, sur un centre parfait de Niccolo Pisilli, l’Ukrainien conclut du gauche. 2-0. Propre. Efficace. La Roma reste dans le rythme, refuse de décrocher, et continue de mettre la pression sur les équipes de tête.
Gasperini entre dans l’histoire du championnat
Au-delà du résultat, la soirée romaine avait une saveur particulière. Gian Piero Gasperini a franchi un cap symbolique. Avec cette victoire, il devient le troisième entraîneur de l’ère des trois points à atteindre les 1000 points en Serie A, derrière Massimiliano Allegri et Luciano Spalletti. Une longévité rare, une régularité impressionnante, et une empreinte tactique qui a marqué le football italien.
Ce genre de jalon ne se fête pas avec des discours, mais avec des victoires. Gasperini le sait. Ses équipes aussi.
Une Serie A plus ouverte que jamais
La Juventus frappe fort. La Roma s’accroche. L’Inter observe, avec ses matchs en retard. Et derrière, personne ne lâche vraiment. La Serie A version 2026 tient ses promesses. Des styles différents, des entraîneurs chevronnés, des joueurs qui montent en puissance au bon moment.
À ce stade de la saison, chaque match ressemble à un test de maturité. Et mardi soir, la Juventus a clairement validé le sien. Pas encore championne. Pas encore favorite absolue. Mais bien de retour dans la discussion. Et en Italie, c’est souvent là que tout commence.
Photo by Marco BERTORELLO / AFP
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