Les espoirs français renaissent à l’US Open
L’air de Flushing Meadows avait jusque-là un goût amer pour les fans tricolores. Défaites en série, espoirs douchés dès le premier tour… bref, un scénario connu trop souvent ces dernières années. Mais dans ce décor morose, deux noms ont redonné de la couleur au tennis français : Benjamin Bonzi et Arthur Rinderknech. Deux joueurs qui refusent de se contenter du rôle de figurants, deux histoires de persévérance qui s’entrelacent à New York pour offrir un rayon d’espoir.
Un premier tour cauchemardesque
Ugo Humbert, Giovanni Mpetshi Perricard, Alexandre Muller, Corentin Moutet, Gaël Monfils, Loïs Boisson. Un par un, les Français ont quitté la scène dès le départ. Une hécatombe qui a ravivé les critiques sur la capacité du tennis hexagonal à peser dans les grands rendez-vous. Dans les tribunes, les drapeaux bleu-blanc-rouge semblaient flotter plus bas, comme fatigués de répéter la même désillusion.
Mais le tennis est imprévisible. Et au milieu des éliminations, une brèche s’est ouverte.
Benjamin Bonzi, le revenant
Il fallait oser. Benjamin Bonzi, lui, n’a pas tremblé. Dès le premier tour, il s’est offert Daniil Medvedev, rien que ça. Un exploit qui avait déjà l’allure d’un coup d’éclat isolé. Mais le Gardois ne s’est pas arrêté là. Contre Marcos Giron, mené deux sets à rien, il aurait pu s’écrouler. Il a choisi de se battre. Résultat : une remontada majuscule pour s’imposer en cinq sets, sous les acclamations d’un public conquis.
Au-delà du score, c’est la manière qui frappe. Bonzi a montré qu’il avait l’endurance, la tête et le panache pour survivre à une guerre de nerfs. De joueur de l’ombre, il est en train de devenir l’une des histoires inattendues de cet US Open.
Arthur Rinderknech, la confirmation
Si Bonzi surprend, Rinderknech confirme. Depuis Wimbledon, où il avait atteint le troisième tour, le Français surfe sur une dynamique positive. À New York, il a ajouté une nouvelle ligne à son CV en domptant Alejandro Davidovich Fokina, 18e mondial, au terme d’un marathon de plus de trois heures.
Rinderknech n’a pas seulement gagné, il a imposé sa volonté. Puissance de service, calme dans les moments chauds, solidité physique : il ressemble de plus en plus à un joueur taillé pour les grandes scènes. Et son regard après la balle de match disait tout : il ne compte pas s’arrêter là.
Un choc 100 % bleu-blanc-rouge
Le destin aime parfois écrire ses propres histoires. Et voilà que Bonzi et Rinderknech vont devoir s’affronter pour une place en huitièmes de finale. Duel fratricide, certes, mais duel excitant surtout. Peu importe le vainqueur, le tennis français aura un représentant parmi les seize derniers à New York, ce qui n’était plus arrivé depuis trop longtemps.
Dans les gradins, les fans français se divisent déjà : certains scandent “Allez Benji”, d’autres “Allez Arthur”. Mais tous savent qu’ils assisteront à une rencontre qui comptera. Parce que ce match, c’est plus qu’un simple affrontement : c’est la preuve que le tennis tricolore n’est pas mort.
Un souffle nouveau
Bonzi, Rinderknech. Deux noms que peu auraient pariés au centre de l’affiche à l’US Open. Pourtant, ce sont eux qui rallument la flamme, eux qui offrent enfin des raisons d’espérer. Dans un tableau où la France semblait condamnée à regarder les autres briller, ils rappellent que tout est encore possible.
Et vendredi, quand l’un d’eux s’ouvrira la porte des huitièmes, ce sera plus qu’une victoire individuelle. Ce sera un symbole : celui d’une génération qui refuse de céder à la fatalité et qui, peut-être, amorce un nouveau départ pour le tennis français.
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