Quand Zverev raconte sa nuit brûlante à Melbourne
Alexander Zverev n’a pas mis longtemps à remettre le nez dans le guidon. A peine arrivé à l’ATP 500 d’Acapulco, tête de série numéro 1 et attendu face au Français Corentin Moutet au premier tour, l’Allemand a replongé quelques minutes dans ses émotions australiennes. L’occasion, pour lui, de revisiter cette demi-finale perdue contre Carlos Alcaraz, match dingue, match coup de massue, match où tout le monde a cru, à un moment ou à un autre, que le momentum avait définitivement changé de camp.
Interrogé par les équipes de Tennis TV, Zverev a parlé sans filtre. Pas d’excuses, pas de faux-semblants. Juste la vérité brute du sportif au bout de lui-même.
Un cinquième set joué sur la ficelle
Alors qu’Alcaraz, touché par les crampes, semblait prêt à s’écrouler, beaucoup ont pensé que la voie était ouverte pour l’Allemand. Visuellement, l’Espagnol ne bougeait plus. Le chat était devenu un félin à terre, immobile, attendant l’impact. Mais Zverev, lui, était déjà essoré. Et c’est cette réalité que son discours laisse filtrer, presque avec soulagement.
“J’ai joué de la bonne manière. J’ai perdu le match parce que j’étais fatigué à la fin, pour être honnête. Je n’avais plus rien à 5–4.” La phrase claque, simple, froide. Aucun détour. Dans ces mots, on sent l’homme qui a tout donné, qui voit le mur arriver et qui ne peut plus freiner.
Il raconte ce moment où les jambes disent stop. Ce moment où la tête hurle d’y aller, mais où le corps, lui, ne suit plus. “Il y a eu quelques points où j’aurais dû frapper le coup droit plus tôt, ou le revers, mais il fallait se déplacer vers ces balles, et je ne pouvais plus me déplacer.” Le tennis, souvent, se résume à ça. Une fenêtre, un timing, une impulsion. Quand les jambes ne répondent plus, la lucidité s’évapore.
Alcaraz en panne, Zverev sans carburant
Le récit est d’autant plus frappant que Zverev n’essaie jamais de minimiser la baisse de régime d’Alcaraz. Il en parle même frontalement. Le numéro 2 mondial n’avait plus l’allure habituelle, planté dans le ciment de Melbourne, mains sur les cuisses, regard dans le vide. Sauf qu’au tennis, un adversaire en souffrance ne garantit rien. Il faut encore avoir l’énergie pour l’achever.
“Carlos a eu un petit coup de mou physique pendant deux sets. Il ne bougeait plus autant, alors que moi, j’ai dû me remettre dans le match.” On imagine la scène. Le public sent le basculement. Les commentateurs s’enflamment. Vous aussi, derrière l’écran, vous voyez Zverev qui pousse, qui s’accroche, qui grappille. Mais chaque montée d’adrénaline coûte des cartouches. Et quand l’heure des comptes arrive, il n’en reste plus.
Un échec qui ressemble à une promesse
Le plus surprenant, dans ce débrief à cœur ouvert, c’est la conclusion. Zverev ne parle pas d’un raté. Il parle d’un signal positif. D’une confirmation. D’un tournoi qui dit quelque chose de son état actuel. “J’ai le sentiment que l’Australie a été une réussite, même si je n’ai pas remporté le tournoi. Mon jeu fonctionnait. Le plan pour cette année porte ses fruits.”
Cette phrase, on l’entend souvent. Mais ici, elle sonne juste. Il y a eu du jeu, de la densité, une présence dans les grands moments. Et même si Alcaraz a fini par s’en sortir, l’Allemand a montré qu’il avait retrouvé un niveau capable de toquer à toutes les portes, même les plus lourdes.
Alors oui, il a perdu. Oui, le cinquième set restera comme un combat de gladiateurs rincés. Mais dans le regard de Zverev aujourd’hui, il n’y a aucun regret. Juste la certitude que la route est ouverte. Et qu’à Acapulco, Corentin Moutet sera le premier témoin d’un joueur qui avance, qui croit, qui construit.
L’histoire ne s’est pas terminée en Australie. Elle ne faisait que recommencer.


Laisser un commentaire