L’ambiance n’était pas celle des grands soirs pour les Warriors, mardi, avant la réception de Toronto. Pas de faux suspense, pas de discours enflammé. Juste un constat brut. Jimmy Butler est à l’arrêt pour une année entière, et avec lui, une bonne partie des certitudes de Golden State. Face aux micros, Mike Dunleavy Jr. n’a pas esquivé. Il a parlé vrai. Sans poudre aux yeux. Et surtout sans annoncer de révolution imminente.
Golden State avance désormais dans un brouillard familier. Celui des franchises qui savent que leur fenêtre se rétrécit, mais refusent de paniquer.
Butler, le présent mis entre parenthèses
Dunleavy ne cherche pas à vendre du rêve à court terme pour la communauté des Warriors. Il regarde plus loin. Beaucoup plus loin. Pour lui, l’idée n’est pas de réagir dans l’urgence, mais de projeter Jimmy Butler au-delà de cette saison brisée. Un retour l’an prochain, peut-être même en cours de saison 2026-27. Une vision patiente, presque à contre-courant de la NBA actuelle.
Mike Dunleavy said he does not envision he will trade Jimmy Butler’s contract and believes Butler will rehab and return to help the team at some point next season pic.twitter.com/FjU1xzDnb6
— Anthony Slater (@anthonyVslater) January 21, 2026
Le discours est clair. Butler reste un joueur sur lequel on parie encore. À son âge, ce qu’il a montré cette saison impressionne la direction. Son jeu, fait de lecture, de puissance et d’intelligence, est perçu comme durable. Pas dépendant d’un premier pas ou d’un explosif vertical. Mais cette projection n’efface rien de la réalité immédiate.
Dunleavy le dit sans détour. Il est anéanti pour Butler. Et lucide pour le reste. La date limite des transferts approche, mais aucune décision ne sera prise sous le coup de l’émotion.
Kuminga, le nom qui flotte dans l’air
Quand Jonathan Kuminga entre dans la conversation, le ton change légèrement. Plus direct. Plus ouvert. Dunleavy reconnaît la demande. Elle existe. Il ne la nie pas. Mais il rappelle une règle simple. Une demande ne vaut rien sans un marché cohérent.
Mike Dunleavy on the Jonathan Kuminga trade demand: “I’m aware of that. In terms of demands, when you make a demand there needs to be demand.” pic.twitter.com/XOGXj3HFrs
— Anthony Slater (@anthonyVslater) January 21, 2026
Kuminga est éligible à un transfert, et tout le monde le sait. Lui aussi. La franchise aussi. Le GM se dit prêt à discuter, à accompagner un joueur qui souhaite autre chose. Mais toujours avec la même ligne directrice. L’intérêt de l’organisation avant tout.
Il n’y a rien d’imminent. Rien d’acté. Juste une situation à surveiller, dans une ligue où tout peut basculer en une nuit. Kuminga est prévenu. Il doit rester prêt. Mentalement et sportivement.
Les choix de draft, un tabou des Warriors
La question des futurs choix de draft n’est plus évitée. Elle est même frontalement abordée. Mais là encore, Dunleavy pose des limites nettes. Échanger des picks qui tomberont après l’ère Stephen Curry n’a de sens que pour un joueur censé rester au-delà de cette même ère.
Pas question de sacrifier l’après pour un pansement temporaire. Les Warriors savent ce qu’ils risquent. Ils savent aussi ce qu’ils doivent protéger. Curry reste le centre de gravité de toutes les décisions. Tant qu’il est là, chaque mouvement doit renforcer cette fenêtre, pas l’hypothéquer.
Steve Kerr, entre frustration et lucidité
Steve Kerr, lui, parle avec le cœur. Sa déception est palpable. Pour Butler d’abord, qui jouait peut-être son meilleur basket depuis des semaines. Pour les l’équipe des Warriors ensuite, qui perd un moteur émotionnel et tactique.
Steve Kerr on letting the reserves handle the comeback attempt and Jonathan Kuminga’s positive night in his return:
“I thought JK was really good. It’s a great sign. With Jimmy out, obviously there’s a hole in that spot in our roster. So JK is gonna factor in here again.” pic.twitter.com/AZvTWcrplw
— Kenzo Fukuda (@kenzofuku) January 21, 2026
Kerr ne dramatise pas. Il constate. Butler était au sommet de son jeu. Et maintenant, il n’est plus là. Le coup est dur. Mais la saison continue. Comme souvent à Golden State, il faudra avancer sans céder à la panique.
Les Warriors sont à un carrefour. Pas celui des grandes décisions spectaculaires. Mais celui, plus subtil, où chaque choix engage l’identité même de la franchise. Rien ne se fera dans le bruit. Tout se jouera dans les détails. Et dans la capacité à accepter que, parfois, l’incertitude fait partie du chemin.



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