- 1 Une piqûre de rappel avant le grand départ
- 2 Cherki a allumé la lumière
- 3 Une première période française encourageante, mais pas parfaite
- 4 La pause a changé le match
- 5 Guéla Doué, le héros ivoirien
- 6 Des entrants qui n’ont pas vraiment bousculé la hiérarchie
- 7 La Côte d’Ivoire a joué le match qu’il fallait
- 8 Cherki annonce la couleur, Deschamps calme le jeu
- 9 Le Sénégal arrive déjà dans les têtes
Une piqûre de rappel avant le grand départ
La France voulait lancer sa préparation au Mondial 2026 avec des certitudes, un peu de rythme, quelques automatismes et surtout aucun pépin physique. Les Bleus repartent de Nantes avec une défaite, des questions, et une phrase de Didier Deschamps qui résume assez bien la soirée : il ne faut pas se voir plus beau qu’on est.
Battus 2-1 par la Côte d’Ivoire à la Beaujoire, les Bleus ont vécu un premier test à deux visages. Une première période plutôt maîtrisée, portée par un Rayan Cherki inspiré. Puis une seconde beaucoup plus brouillonne, hachée par les changements, plombée par des erreurs défensives et punie par une équipe ivoirienne plus cohérente au fil des minutes.
À douze jours du premier match de Coupe du Monde contre le Sénégal, ce n’est pas encore une alarme rouge. Mais ce n’est clairement pas un détail.
⚽️ #FIFAWorldCup l 🇫🇷Les Bleus battus par la Côte d’Ivoire !
🤝Les joueurs de Didier Deschamps se sont inclinés face aux Éléphants (1-2). Guéla Doué avait répondu à la très belle ouverture du score de Rayan Cherki, avant qu’Amad Diallo ne signe le but de la victoire à la 84e pic.twitter.com/PE3vqUWJqb
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Cherki a allumé la lumière
Dans une soirée où beaucoup de regards étaient tournés vers le quatuor Mbappé, Cherki, Olise, Thuram, c’est bien Rayan Cherki qui a laissé la plus forte impression. Placé dans l’axe, dans sa zone de confort, le joueur de Manchester City a vite rappelé pourquoi son profil intrigue autant.
Entre les lignes, il a alterné remises simples, déplacements malins, passes soyeuses et gestes plus osés. Il a d’abord manqué une énorme occasion à la 31e minute, en tardant trop alors que le but semblait ouvert. Mais les joueurs comme lui ont rarement besoin de beaucoup de temps pour se faire pardonner.
Juste avant la pause, il a sorti une action dont il a le secret : râteau devant la surface, défenseur effacé, frappe croisée, Fofana battu. 1-0 pour la France. Un but de pur talent, celui qui donne envie de poser une question que Deschamps n’évitera pas longtemps : Cherki vient-il de marquer des points pour une place de titulaire au Mondial ?
GOOOOAAAALLLLL !!! ⚽️
MAGNIFIQUE ouverture du score par Rayan Cherki ! Le dribble et la frappe ! 😍 🇫🇷France 1 – 0 Côte d’Ivoire #FRACIV
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Une première période française encourageante, mais pas parfaite
Avant la pause, les Bleus ont dominé. Pas forcément avec une intensité folle, mais avec assez de contrôle pour installer le match dans le camp ivoirien. Mbappé a eu la première vraie opportunité, avec une frappe repoussée par Fofana. Olise, parfois plus discret au départ, a fini par mieux entrer dans le match en permutant avec Cherki et en créant plusieurs décalages.
Rabiot a apporté du volume et de l’impact au milieu. Upamecano a dégagé une impression de puissance rassurante derrière. Théo Hernandez a tenté de monter, même si son déchet technique a parfois coupé l’élan français.
Mais tout n’était pas propre. Tchouaméni a perdu un ballon très dangereux devant sa surface. Konaté a souffert face à la vitesse de Yan Diomandé. Koundé, lui, a vécu une soirée compliquée dès les premières relances, avec trop d’imprécisions et un manque de sérénité inquiétant.
La France menait, oui. Elle ne respirait pas totalement la sécurité.
La pause a changé le match
Didier Deschamps avait prévenu : ce match devait servir à répartir le temps de jeu. À la mi-temps, il a donc largement fait tourner. Mbappé, Olise, Tchouaméni, Upamecano et Théo Hernandez sont sortis. Mateta, Akliouche, Kanté, Lacroix et Digne sont entrés.
Sur le papier, rien d’illogique dans un match de préparation. Sur le terrain, l’effet a été immédiat : la France a perdu du rythme, de la précision, du liant. Les automatismes se sont évaporés, les lignes se sont étirées, et la Côte d’Ivoire a senti qu’il y avait quelque chose à aller chercher.
À la 53e minute, Nicolas Pépé a parfaitement servi Guéla Doué, qui a trompé Maignan avec sang-froid. 1-1. Le genre de but qui sanctionne une défense en retard et une équipe revenue des vestiaires avec moins de tranchant.
But de Doué ! Mais pas celui qu’on attendait ! 🇨🇮 #FRACIV
C’est Guéla Doué, le frère de Désiré Doué, qui vient surprendre la défense française et ouvrir le score pour les Éléphants !
France 1 – 1 Côte d’Ivoire
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Guéla Doué, le héros ivoirien
Guéla Doué a d’abord mis un peu de temps à entrer dans sa rencontre. Puis il a tout changé. Son égalisation a lancé sa soirée, mais son match ne s’est pas arrêté là. Plus les minutes passaient, plus le Strasbourgeois gagnait en confiance, en agressivité, en justesse.
À la 84e minute, il a signé l’action qui a fait basculer la rencontre. Sur un mouvement collectif parfaitement mené, il a servi Amad Diallo, qui a devancé la défense française pour dévier du pied droit et battre Maignan. 2-1 pour la Côte d’Ivoire.
La Côte d’Ivoire renverse les Bleus !! #FRACIV
But d’Amad Diallo à la 84ème minute ! Les Éléphants surprennent la défense française, il va falloir réagir sur les dix dernières minutes !
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Un but logique au regard de la seconde période. Les Ivoiriens ont gagné en assurance, en rythme, en ambition. La France, elle, a semblé attendre que le match se termine plutôt que chercher vraiment à le reprendre.
Des entrants qui n’ont pas vraiment bousculé la hiérarchie
C’est probablement l’un des enseignements les plus importants pour Deschamps. Les changements n’ont pas apporté l’énergie attendue. Mateta a mis du poids et de la détermination, mais sans peser suffisamment dans la surface. Akliouche a montré quelques bonnes connexions techniques avec Cherki, mais pas assez pour changer le tempo. Digne a semblé émoussé. Gusto a souffert sur le deuxième but. Lacroix a alterné relances volontaires et placements approximatifs.
Kanté, lui, a progressivement retrouvé son activité habituelle, mais dans une équipe déjà moins stable, son impact n’a pas suffi.
Deschamps ne dramatisera pas. Il a raison. Mais cette seconde période rappelle une chose simple : la profondeur d’un groupe ne se mesure pas seulement au nombre de noms sur la feuille. Elle se voit dans la capacité à garder une identité même quand le onze change.
La Côte d’Ivoire a joué le match qu’il fallait
Emerse Faé peut être satisfait. Son équipe a souffert en première période, mais elle n’a jamais explosé. Fofana a sorti les arrêts nécessaires. Singo et Agbadou ont résisté dans les duels. Diomandé a constamment créé du danger par sa vitesse et son audace. Pépé a apporté du peps dès son entrée. Amad Diallo a conclu comme un joueur sûr de son geste.
La Côte d’Ivoire n’est pas venue faire de la figuration. Elle a joué avec sérieux, patience et ambition. Et quand la France a baissé d’un ton, elle l’a punie.
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Cherki annonce la couleur, Deschamps calme le jeu
Après la rencontre, Rayan Cherki n’a pas fait dans le tiède. Le message est fort : la France n’ira pas à la Coupe du Monde en favorite, elle ira pour “écraser tout le monde”. Une déclaration ambitieuse, presque provocante, mais qui colle bien à son tempérament.
Deschamps, lui, a préféré rappeler les bases. La défaite ne fait jamais plaisir, surtout à domicile, surtout contre une équipe que la France n’avait jamais battue en amical avant un Mondial sous son ère. Mais le sélectionneur a aussi insisté sur les changements, le manque d’automatismes et la nécessité de ne pas paniquer.
Le fond du message est clair : les Bleus ont du talent, mais ils n’ont encore rien gagné.
Le Sénégal arrive déjà dans les têtes
Cette défaite ne condamne rien. Les matchs de préparation servent aussi à ça : voir ce qui tient, ce qui casse, ce qui doit être corrigé avant que les points ne comptent vraiment.
Mais à Nantes, la France a vu ses fragilités. Une défense parfois prise dans le dos, des latéraux irréguliers, une seconde période sans maîtrise, des entrants qui n’ont pas tous marqué des points.
Dans douze jours, face au Sénégal, l’intensité sera encore plus élevée. Deschamps le sait. Les Bleus aussi.
La préparation vient à peine de commencer, mais la première leçon est déjà là : le statut ne protège personne. Même pas la France.
Photo by Loic VENANCE / AFP
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