- 1 Les Three Lions ont enfin lâché le frein
- 2 Kane commence son Mondial comme un capitaine
- 3 La Croatie n’a jamais paniqué en première période
- 4 Tuchel a réveillé l’Angleterre à la pause
- 5 Bellingham et Anderson, le cœur moderne des Three Lions
- 6 La Croatie a eu son dernier souffle
- 7 Saka et Rashford ferment la porte
- 8 Les anciens valident, l’Angleterre s’enflamme déjà
- 9 Un départ idéal, un message à confirmer
Les Three Lions ont enfin lâché le frein
L’Angleterre a souvent eu des générations dorées qui jouaient comme si elles portaient un sac de pierres sur les épaules. Des talents partout, des noms brillants, des promesses gigantesques, mais trop souvent cette impression de retenue, de prudence, de peur de mal faire. Pour son entrée dans la Coupe du Monde 2026, face à une Croatie toujours dangereuse dans les grands rendez-vous, la sélection de Thomas Tuchel a envoyé un message différent.
Victoire 4-2. Du rythme, des occasions, du pressing, des courses, des buts, des remplaçants décisifs, un Harry Kane déjà en mode patron et un Jude Bellingham lancé comme une fusée au retour des vestiaires.
Ce n’était pas parfait. Défensivement, les Three Lions ont encore laissé des ouvertures. Mais offensivement, l’Angleterre a montré un visage beaucoup plus vivant, plus ambitieux, plus tranchant. Le genre de prestation qui change l’ambiance autour d’une équipe dès le premier match.
Kane commence son Mondial comme un capitaine
Harry Kane savait que les grandes stars du tournoi avaient déjà commencé à marquer les esprits. Il ne pouvait pas rester silencieux. Dès la 12e minute, le capitaine anglais a ouvert le score sur penalty, même s’il a fallu s’y reprendre à deux fois. Livakovic avait stoppé sa première tentative, mais le gardien croate s’était avancé trop tôt. Deuxième chance, même tireur, sanction immédiate.
Kane n’a pas seulement marqué. Il a ensuite joué comme il sait le faire dans ses meilleurs soirs : en numéro 9, en point d’appui, en faux quarterback, en organisateur caché des attaques anglaises. Il est redescendu, a orienté, a attiré les défenseurs et a libéré des espaces.
À la 42e minute, il a doublé la mise d’une tête magnifique sur un corner de Declan Rice. Deux buts en une mi-temps, une présence constante, et même un sauvetage défensif du ventre en fin de rencontre. Du Kane complet. Du Kane utile partout.
La Croatie n’a jamais paniqué en première période
Même dominée, même secouée, la Croatie n’a pas disparu. C’est presque sa marque de fabrique depuis des années. Les Vatreni savent souffrir sans s’effondrer, attendre leur moment, jouer avec peu de munitions et quand même faire mal.
À la 36e minute, Martin Baturina a sorti une frappe terrible à l’entrée de la surface pour égaliser. Un missile, servi après une récupération haute et un bon travail de Sucic. Pickford n’a presque rien pu faire. 1-1, contre le cours du jeu, mais pas complètement par hasard.
Martin Baturina nettoie la lucarne d’un bijou pour battre le gardien anglais ⚽️ La Croatie recolle avec style.
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La Croatie a ensuite encaissé le deuxième but de Kane, mais elle a encore répondu juste avant la pause. À la 45e+5, Petar Musa a conclu à bout portant un mouvement collectif superbe, en trois touches, avec Perisic dans le rôle du passeur malin.
2-2 à la mi-temps. Une première période folle, presque trop ouverte pour un match d’entrée en Coupe du Monde.
Tuchel a réveillé l’Angleterre à la pause
Le tournant du match s’est peut-être joué dans le vestiaire. Après la rencontre, Kane a expliqué le discours de Thomas Tuchel : si l’Angleterre devait perdre, elle devait le faire à sa façon, avec son style de jeu. Plus d’agressivité, plus d’intensité, plus de prises de risque.
Le message a été reçu immédiatement.
Dès la 47e minute, Jude Bellingham a redonné l’avantage aux siens. Servi par une passe superbe d’Elliot Anderson, le joueur du Real Madrid a attaqué l’espace, pris le dessus et conclu d’une frappe limpide en angle fermé. 3-2.
Jude Bellingham frappe dès le retour des vestiaires ! Parti côté droit, il croise parfaitement son tir et trompe Livaković ⚽️
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Ce but a changé la température du match. Pendant les dix minutes suivantes, l’Angleterre a presque submergé la Croatie. Courses dans tous les sens, pressing plus haut, ballon qui circule vite, projections tranchantes. Livakovic a dû sortir plusieurs parades, dont une triple intervention énorme pour maintenir son équipe en vie.
Bellingham et Anderson, le cœur moderne des Three Lions
Jude Bellingham n’a pas tout réussi, mais il a joué avec cette intensité rare qui donne le ton à toute une équipe. Rushs, duels, retours défensifs, projection, finition. Il a parfois voulu forcer, mais dans un match comme celui-là, on accepte les excès d’un joueur qui veut faire basculer les choses.
À côté de lui, Elliot Anderson a confirmé pourquoi Tuchel semble autant compter sur lui. Interceptions, volume, agressivité dans les duels et surtout cette passe magnifique pour le but de Bellingham. Une vraie trouvaille dans l’entrejeu anglais.
Avec Rice, plus discret mais toujours précieux sur coups de pied arrêtés et dans l’équilibre, l’Angleterre a montré un milieu plus dynamique que par le passé. Moins figé. Plus capable d’avancer.
La Croatie a eu son dernier souffle
Le match aurait pu être plié plus tôt, mais l’Angleterre a gâché plusieurs situations. Et quand on laisse vivre la Croatie, elle trouve toujours une manière de vous faire douter.
En fin de rencontre, Pasalic a obligé Pickford à se montrer décisif. Sucic a aussi semé la panique dans la surface anglaise avec une série de crochets qui a laissé Stones en difficulté. La Croatie poussait, Modric avait déjà quitté le terrain, mais l’expérience et l’orgueil restaient là.
À 3-2, tout pouvait encore basculer sur une frappe, une déviation, une erreur anglaise. Et les défenseurs de Tuchel n’ont pas tous rassuré. James a souffert face à Perisic. O’Reilly a été en difficulté. Stones a parfois semblé fragile face à la technique croate. Konsa a alterné bonnes séquences et duels perdus.
L’Angleterre a gagné, mais elle sait qu’elle ne pourra pas toujours vivre avec autant d’espaces derrière elle.
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Saka et Rashford ferment la porte
Thomas Tuchel a alors utilisé la profondeur de son banc. Saka est entré pour Madueke, Rashford pour Gordon. Deux changements offensifs, deux joueurs capables d’attaquer l’espace, deux profils parfaits pour punir une Croatie obligée de se découvrir.
À la 85e minute, le plan a payé. Saka a lancé un mouvement côté droit, a accéléré, fixé, puis trouvé Rashford de l’autre côté. L’attaquant anglais a ajusté une frappe hors de portée de Livakovic. 4-2. Match terminé.
Ce but dit beaucoup sur cette Angleterre version Tuchel. Elle ne se contente pas de protéger. Elle peut aussi tuer un match avec ses entrants. Roy Keane l’a souligné après la rencontre : les remplaçants ont eu un impact. Dans une Coupe du Monde, c’est souvent ce qui sépare une belle équipe d’une vraie candidate.
Les anciens valident, l’Angleterre s’enflamme déjà
Outre-Manche, les réactions ont été fortes. Wayne Rooney a adoré le visage positif des Three Lions. Ian Wright a même estimé ne pas se souvenir d’un match où l’Angleterre s’était montrée aussi dangereuse offensivement. Gary Neville a insisté sur l’excellente deuxième période, tandis que Jamie Carragher a placé cette rencontre parmi les plus excitantes du début de tournoi.
L’emballement anglais est toujours un sport national, mais cette fois, il s’appuie sur du concret. Quatre buts contre la Croatie. Une réaction immédiate après la pause. Des cadres au rendez-vous. Un banc décisif. Une vraie envie de jouer vers l’avant.
Cela ne garantit rien. Mais cela change le regard.
Un départ idéal, un message à confirmer
L’Angleterre prend une option sérieuse sur la première place du groupe L, qui comprend aussi le Ghana et le Panama. Pour la Croatie, la défaite fait mal, mais elle ne détruit pas tout. Les hommes de Zlatko Dalic ont montré qu’ils pouvaient encore rivaliser avec une grande nation, même avec certains cadres vieillissants et une seconde période plus compliquée physiquement.
Les Three Lions, eux, ont frappé fort. Pas seulement parce qu’ils ont gagné. Parce qu’ils ont gagné en jouant. Parce qu’ils ont assumé. Parce qu’ils ont donné l’impression, enfin, de vouloir être à la hauteur de leur talent.
Kane a lancé son Mondial. Bellingham aussi. Tuchel a marqué des points.
Et l’Angleterre, pour une fois, n’a pas juste survécu à son statut.
Elle l’a embrassé.
Photo by Jose HERNANDEZ / Anadolu via AFP
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