Le message est passé
Novak Djokovic avait laissé une petite ouverture au doute lors de son entrée en lice. Accroché par Yibing Wu, obligé de s’employer davantage que prévu, le Serbe avait lancé son Wimbledon avec une victoire sérieuse, mais pas totalement rassurante. Face à Stefanos Tsitsipas, il a refermé la porte.
Victoire nette, 6-3, 6-4, 6-2. Trois sets, aucune vraie alerte, une maîtrise presque froide. Pour son deuxième tour, le septuple vainqueur du tournoi a livré exactement le genre de match qui change l’ambiance autour d’un joueur : propre, clinique, autoritaire.
Tsitsipas arrivait pourtant avec un premier tour solide contre Hugo Gaston, et l’envie de tester enfin Djokovic sur une scène majeure. Mais comme souvent dans leur histoire commune, le Grec a vite été enfermé dans un match qu’il ne contrôlait pas.
Djokovic a pris le match par le bon bout
Dès les premiers jeux, Djokovic a imposé ce qu’il sait faire de mieux : enlever le confort de l’autre. Il n’a pas forcément eu besoin d’être spectaculaire. Il a surtout été précis, long, propre dans ses choix, et terriblement lucide dans les moments importants.
Tsitsipas aime prendre le temps d’armer, dicter avec son coup droit, avancer quand il peut. Djokovic ne lui a presque jamais offert ce luxe. Le Serbe a varié les zones, attaqué les espaces, tenu son revers sous pression et refusé de lui donner une séquence vraiment respirable.
Le premier set, remporté 6-3, a vite donné le ton. Tsitsipas n’était pas dépassé sur chaque point, mais il jouait constamment avec une seconde de retard. Et contre Djokovic, une seconde, c’est déjà trop.
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Tsitsipas n’a jamais trouvé la clé
Le deuxième set devait être celui de la réaction grecque. Il a surtout confirmé l’écart. Tsitsipas a tenté de s’accrocher, de servir mieux, de raccourcir certains échanges, mais Djokovic lisait trop bien le jeu. Chaque fois que le Grec semblait pouvoir installer un début de momentum, le Serbe cassait le rythme, verrouillait son service, ou sortait un retour qui remettait tout à zéro.
Le 6-4 de la deuxième manche a fait très mal. Pas parce qu’il était violent au score, mais parce qu’il donnait l’impression que Djokovic maîtrisait toutes les options. Tsitsipas cherchait des solutions. Djokovic avait déjà les réponses.
Dans le troisième set, l’écart s’est ouvert pour de bon. Le Grec a fini par céder davantage, physiquement et mentalement, tandis que Djokovic a continué d’appuyer. 6-2. Rideau.
33 coups gagnants, 7 fautes directes : le vieux patron a réglé la mire
Le chiffre raconte très bien la soirée : 33 coups gagnants, seulement 7 fautes directes. C’est presque une définition statistique du Djokovic des grands jours. Pas forcément le plus flamboyant, mais celui qui frappe juste, qui refuse les cadeaux, qui construit une pression permanente jusqu’à rendre l’autre impuissant.
Après un premier tour un peu accroché, cette performance rassure forcément. À Wimbledon, Djokovic n’a pas besoin d’être à son sommet dès la première semaine. Il doit surtout monter en température, régler ses appuis, retrouver son efficacité au service et installer cette sensation que le match dépend toujours de lui.
Contre Tsitsipas, c’est exactement ce qu’il a fait.
Une domination qui continue face au Grec
Ce succès prolonge aussi une histoire déjà très déséquilibrée. Djokovic mène désormais 13 victoires à 2 face à Tsitsipas. Le Grec a souvent eu les armes pour le gêner, parfois même pour le faire douter, mais rarement pour le faire tomber.
Les souvenirs les plus douloureux restent évidemment les finales de Roland-Garros 2021 et de l’Open d’Australie 2023. Deux rendez-vous où Tsitsipas avait touché le rêve du doigt avant de voir Djokovic lui reprendre l’histoire.
À Wimbledon, cette fois, il n’y a même pas eu de grand suspense. Juste la confirmation d’un rapport de force qui pèse lourd.
Rinderknech au prochain tour
Au troisième tour, Djokovic affrontera Arthur Rinderknech. Ce sera la première confrontation entre les deux hommes sur le circuit. Pour le Français, l’affiche est immense. Pour Djokovic, ce sera un nouveau test à gérer avec sérieux, face à un joueur capable de s’appuyer sur son service et de jouer relâché dans un rôle d’outsider total.
Mais après ce qu’il vient de montrer contre Tsitsipas, le Serbe avance avec une autre assurance. Il n’a pas seulement gagné. Il a corrigé le tir. Il a rappelé au tableau que son nom à Wimbledon ne se lit jamais comme un nom ordinaire.
Djokovic est au troisième tour.
Et le tournoi sait déjà qu’il faudra encore venir le chercher.
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