Djorkaeff ne retient rien
Youri Djorkaeff n’est pas venu faire de la figuration sur RMC. Lundi soir dans l’After Foot, l’ancien numéro 10 des Bleus a sorti une sortie cash, sans filet, sur le niveau du football moderne. Et pour illustrer son propos, il a pris l’exemple le plus douloureux du moment : le Brésil, éliminé dès les huitièmes de finale par la Norvège, sorti par la petite porte d’un Mondial qu’il abordait en prétendant.
Champion du monde en 1998, champion d’Europe en 2000, présent au Mondial 2026 comme ambassadeur FIFA, Djorkaeff a vu des choses. Et manifestement, ce qu’il voit depuis les tribunes ne lui plaît pas.
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« Tu as envie de vomir »
La formule est brute, directe, et elle ne laisse aucune place à l’interprétation. « Tu as envie de vomir quand tu regardes ce Brésil. » Pas de nuance, pas d’habillage diplomatique. Le Snake a dit ce qu’il pensait, et ce qu’il pensait n’était pas tendre.
Derrière la provocation, il y a un fond de diagnostic qui mérite d’être pris au sérieux. Djorkaeff ne s’en prend pas aux résultats ou au système tactique. Il parle de quelque chose de plus fondamental : la technique, le contrôle de balle, la capacité à faire les choses simples bien. « Il n’y a plus de joueurs techniques. Quand je parle de la qualité, c’est juste le contrôle. »
C’est là que ça fait mal. Pas parce qu’un ancien joueur se plaint que c’était mieux avant. Mais parce que le Brésil, de tous les pays du monde, est précisément celui qui devrait incarner cette qualité technique. Romario, Ronaldo Fenomeno, Ronaldinho : autant de noms qui résonnent comme une accusation silencieuse quand on regarde ce que la Seleçao a proposé dans ce Mondial.
Haaland, Endrick, et le fossé des générations
Djorkaeff illustre son propos par deux séquences très précises. Sur le deuxième but d’Erling Haaland contre le Brésil, il pointe l’espace laissé au Norvégien pour contrôler et frapper. « Vous avez vu le temps qu’il prend ? Avant, les défenseurs auraient été plus proches. » Un simple contrôle orienté, une frappe propre. Haaland n’a rien inventé ce soir-là. Il a juste profité d’une défense qui lui offrait de l’air comme on offre des cadeaux.
Puis il y a Endrick. Seul face au gardien, à 0-0, et le ballon poussé mollement. « Si ça avait été Ronaldo Fenomeno, il aurait cassé les reins du gardien. » La comparaison est cruelle, peut-être injuste pour un joueur de 18 ans, mais elle dit quelque chose de réel sur l’écart entre ce que ce Brésil produit et ce qu’on attend de lui historiquement.
Et Neymar dans tout ça ? Djorkaeff le cite presque avec résignation. 34 ans, cinq ans sans vraiment jouer, et c’est encore lui qui « crée un peu quelque chose à la fin ». Le constat est saisissant.
Le Mondial des stars et des gardiens
Djorkaeff élargit ensuite sa réflexion à l’ensemble de la compétition. Sa conclusion est limpide : ce Mondial 2026 est « la Coupe du monde des stars, des avant-centres et des gardiens ». Personne ne se souviendra d’un milieu ou d’un défenseur marquant. Messi marque trois buts contre l’Algérie, Haaland élimine le Brésil, les gardiens sauvent des équipes entières.
Le football s’est recentré autour des individualités aux deux extrémités du terrain. Tout ce qui se passe entre les deux, cette zone créative où vivaient autrefois les techniciens brésiliens, semble s’être vidée. Djorkaeff le dit avec ses mots, sans gants. Et difficile de lui donner complètement tort.
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