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NBA : Ces "superteams" qui ont échoué dans leur quête du titre

NBA : Ces « superteams » qui ont échoué dans leur quête du titre

NBA : ces « superteams » qui n’ont jamais remporté le titre Fichier:NBA Logo.svg — Wikipédia

Dans l’imaginaire collectif, il suffirait parfois de réunir plusieurs superstars pour prendre un raccourci vers le titre NBA. Un dirigeant attire un ancien MVP, ajoute un autre All-Star à son franchise player, complète l’effectif avec quelques vétérans à la recherche d’une bague et attend le mois de juin. Sur le papier, la formule paraît presque imparable. Sur un parquet, elle se révèle beaucoup plus fragile.

L’histoire de la NBA est remplie d’équipes construites pour gagner immédiatement qui n’ont jamais atteint leur objectif. Certaines ont été freinées par les blessures. D’autres n’ont jamais trouvé l’équilibre entre leurs stars. Quelques-unes sont tombées sur un adversaire simplement mieux préparé. Il suffit parfois d’un tir manqué, d’un genou qui lâche ou d’un pied posé quelques centimètres trop près de la ligne pour transformer un projet historique en immense regret.

Avant de revenir sur ces échecs, encore faut-il s’entendre sur la définition d’une « superteam ». Le terme ne possède aucun cadre officiel et son utilisation divise depuis longtemps les amateurs de basket. Pour certains, toute équipe réunissant plusieurs All-Stars ou futurs membres du Hall of Fame mérite cette appellation. Avec cette vision très large, les Celtics de Bill Russell, les Lakers de Magic Johnson, les Bulls de Michael Jordan, les Spurs de Tim Duncan ou le Thunder de Kevin Durant pourraient tous entrer dans la discussion.

Cette lecture ne prend toutefois pas en compte la manière dont ces équipes ont été formées. Kevin Durant, Russell Westbrook, James Harden et Serge Ibaka ont tous été sélectionnés puis développés par Oklahoma City. Stephen Curry, Klay Thompson et Draymond Green ont eux aussi grandi ensemble à Golden State. Ces groupes sont devenus extrêmement talentueux grâce à la Draft, au développement interne et au temps passé dans la même organisation. Ils n’ont pas été assemblés en quelques mois avec l’objectif de réunir des stars déjà établies.

C’est cette seconde définition que nous retiendrons ici. Une « superteam » désigne une équipe construite volontairement par des signatures ou des transferts majeurs, avec plusieurs vedettes confirmées et une ambition immédiate : devenir championne. Cette distinction permet de séparer les dynasties développées en interne des projets montés pour prendre d’assaut la Ligue. Ces derniers ont parfois fonctionné, comme à Boston en 2008 ou à Miami après l’arrivée de LeBron James et Chris Bosh. Pour d’autres, l’accumulation de talents n’a débouché que sur une interminable série de frustrations.

Les Rockets de 1998-1999, un dernier défi pour trois légendes De 1995 à 2003.

À la fin des années 1990, Houston tente de prolonger artificiellement la fenêtre de tir ouverte par les titres de 1994 et 1995. Hakeem Olajuwon et Charles Barkley sont encore présents lorsque les Rockets récupèrent Scottie Pippen, tout juste libéré de la dynastie des Chicago Bulls. Sur les noms, difficile de faire beaucoup mieux : un pivot double champion NBA, un ancien MVP et le lieutenant historique de Michael Jordan.

La réunion fait immédiatement rêver. Olajuwon, Barkley et Pippen possèdent tous une expérience considérable des playoffs et cumulent les distinctions individuelles. Houston ne cherche pas à préparer l’avenir. La franchise veut profiter de ses dernières années au sommet pour retrouver les Finales.

Le problème se situe dans le calendrier. Les trois hommes ne sont plus au sommet de leur carrière et la saison 1998-1999, raccourcie par le lock-out, ne leur laisse que peu de temps pour apprendre à jouer ensemble. Les Rockets terminent avec un bilan honorable, mais l’équipe ne dégage jamais l’impression de domination attendue.

Les Lakers les éliminent dès le premier tour des playoffs. Pippen quitte Houston après une seule saison, sur fond de désaccords avec Charles Barkley et avec le fonctionnement de l’équipe. La « superteam » n’aura jamais réellement existé au-delà de l’affiche. Ce premier exemple résume déjà l’un des grands pièges du modèle : réunir des légendes ne permet pas de récupérer les meilleures années de leur carrière.

Les Lakers de 2003-2004, quatre Hall of Famers arrêtés par Detroit Fichier:Los Angeles Lakers logo.svg

Quelques années plus tard, les Lakers poussent la logique beaucoup plus loin. Los Angeles possède déjà le duo le plus dominant de la Ligue avec Shaquille O’Neal et Kobe Bryant. Les deux stars ont remporté trois titres consécutifs entre 2000 et 2002, avant de céder leur couronne aux Spurs. Pour repartir à la conquête du trophée, la franchise ajoute deux futurs membres du Hall of Fame : Karl Malone et Gary Payton.

Malone sort de dix-huit saisons avec le Utah Jazz et reste l’un des meilleurs marqueurs de l’histoire. Payton a longtemps été considéré comme le meneur le plus complet de sa génération. Tous deux acceptent de réduire leurs prétentions financières et leur rôle pour tenter de décrocher le seul accomplissement manquant à leur carrière.

À leurs côtés, les Lakers disposent encore de Derek Fisher, Rick Fox, Horace Grant et de Phil Jackson sur le banc. L’effectif paraît construit pour résister à toutes les situations. Il possède de la puissance intérieure, de la création, de la défense, de l’expérience et deux joueurs capables de prendre seuls le contrôle d’une rencontre.

La saison ne se déroule pourtant jamais comme prévu. Malone manque une grande partie de l’exercice en raison d’une blessure au genou. Les tensions entre Bryant et O’Neal occupent une place croissante autour de l’équipe. Payton peine à s’adapter à l’attaque en triangle, qui réduit son influence avec le ballon.

Los Angeles atteint malgré tout les Finales NBA. Face aux Detroit Pistons, les Lakers sont largement favoris. Ils possèdent les noms, l’expérience et l’avantage supposé du talent individuel. Detroit répond par une défense collective étouffante, une meilleure circulation du ballon et une cohésion que son adversaire n’a jamais réussi à construire.

Les Pistons remportent la série en cinq matchs. Malone prend sa retraite, Payton est transféré, Phil Jackson s’en va et Shaquille O’Neal rejoint Miami. En quelques semaines, l’équipe assemblée pour ajouter une nouvelle bannière au plafond de la Crypto.com Arena provoque au contraire la fin d’une époque.

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Les Lakers de 2012-2013, la couverture de magazine devenue cauchemar Fichier:Los Angeles Lakers logo.svg

À l’été 2012, Los Angeles recommence. Après deux éliminations consécutives avant les Finales de Conférence, les Lakers récupèrent Steve Nash puis Dwight Howard. Le premier vient de remporter deux trophées de MVP quelques années plus tôt. Le second reste le pivot le plus dominant de la Ligue et sort d’une longue période durant laquelle Orlando a construit toute son équipe autour de lui.

Nash et Howard rejoignent Kobe Bryant, Pau Gasol et Metta World Peace. La photographie des cinq titulaires devient immédiatement l’une des images fortes de l’intersaison. Certains imaginent déjà une nouvelle opposition entre les Lakers et le Heat de LeBron James pour le contrôle de la NBA.

Rien ne fonctionne comme prévu. Nash se blesse dès le début de la saison et ne retrouve jamais réellement son rythme. Howard revient d’une opération du dos et manque de mobilité. Gasol voit son rôle évoluer sans toujours comprendre sa place dans le système. Mike Brown est licencié après seulement cinq rencontres, puis Mike D’Antoni tente d’imposer une attaque qui ne correspond pas totalement aux caractéristiques de l’effectif.

Kobe Bryant maintient les Lakers en vie au prix d’un effort considérable. À 34 ans, il enchaîne les longues minutes et les performances offensives pour arracher une qualification en playoffs. Son corps finit par céder. Le 12 avril 2013, il se rompt le tendon d’Achille face à Golden State.

Privés de leur leader, les Lakers sont balayés par San Antonio au premier tour. Howard part à Houston quelques mois plus tard. Nash ne dispute qu’une poignée de rencontres supplémentaires avant de mettre un terme à sa carrière. L’équipe qui devait prolonger le règne de Los Angeles devient l’exemple parfait d’une « superteam » construite avec des noms prestigieux, mais sans tenir suffisamment compte de l’âge, de la santé et de la complémentarité.

Les Celtics de 2018-2019, trop de talents pour un seul vestiaire Fichier:Celtics de Boston logo.svg

Boston présente un cas légèrement différent. Les Celtics ne réunissent pas uniquement des stars venues de l’extérieur. Jayson Tatum, Jaylen Brown, Marcus Smart et Terry Rozier ont été draftés par la franchise. Mais lorsque Kyrie Irving et Gordon Hayward rejoignent un groupe déjà renforcé par Al Horford, l’effectif prend rapidement l’apparence d’une « superteam ».

La première saison aurait pu valider le projet. Malgré la grave blessure de Hayward dès le match d’ouverture puis l’absence d’Irving pendant les playoffs, les jeunes Celtics atteignent le septième match de la finale de Conférence face à Cleveland. Le raisonnement paraît évident : en récupérant leurs deux stars, Boston doit devenir encore plus fort.

C’est exactement l’inverse qui se produit. La progression accélérée de Tatum, Brown et Rozier modifie la hiérarchie. Les jeunes joueurs veulent conserver les responsabilités obtenues pendant le parcours de 2018. Irving souhaite reprendre le contrôle de l’équipe. Hayward tente de retrouver son niveau après une année presque blanche. Brad Stevens doit distribuer des minutes et des tirs entre des joueurs qui pourraient tous occuper un rôle majeur ailleurs.

Boston remporte 49 matchs, un total respectable mais très éloigné des attentes. Après un premier tour maîtrisé contre Indiana, les Celtics gagnent le premier match de leur série face à Milwaukee avant de s’effondrer. Les Bucks remportent les quatre rencontres suivantes et éliminent une équipe qui semble avoir abandonné toute identité collective.

Irving rejoint Brooklyn durant l’été. Horford part à Philadelphie. Rozier signe à Charlotte. Boston choisit finalement de rendre les clés à Tatum et Brown, deux joueurs formés en interne. L’échec de 2019 rappelle qu’un effectif peut posséder trop de solutions. Quand chacun estime pouvoir être davantage qu’un simple complément, la profondeur cesse d’être une force et devient un problème de hiérarchie.

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Les Clippers de Kawhi Leonard et Paul George, la fenêtre toujours repoussée De 2018 à 2024.Clippers de Los Angeles.

L’été 2019 transforme complètement les Los Angeles Clippers. Quelques semaines après avoir offert le premier titre de son histoire à Toronto, Kawhi Leonard revient en Californie. Sa signature est accompagnée d’une condition : la franchise doit lui trouver une autre superstar. Les Clippers envoient alors une quantité considérable de choix de Draft et Shai Gilgeous-Alexander à Oklahoma City pour récupérer Paul George.

Le message est limpide. Los Angeles ne veut plus seulement exister dans l’ombre des Lakers. La franchise vient de réunir deux des meilleurs ailiers à double sens de la Ligue, tous deux capables de défendre sur les stars adverses et de prendre le contrôle d’une attaque. Autour d’eux, l’effectif possède Lou Williams, Montrezl Harrell, Patrick Beverley, Marcus Morris, Ivica Zubac et plusieurs joueurs de devoir.

La saison 2019-2020 devait être celle du titre. Kawhi Leonard restait sur un parcours historique avec les Raptors. Paul George avait terminé troisième du classement du MVP en 2019. Les Clippers étaient profonds, expérimentés et construits pour les playoffs.

Dans la bulle d’Orlando, l’équipe ne trouve pourtant jamais son rythme. Les absences, les arrivées décalées et les problèmes de vestiaire perturbent le groupe. Face à Denver en demi-finales de Conférence, Los Angeles mène trois victoires à une et possède plusieurs avances importantes pour conclure la série. Les Nuggets reviennent à chaque fois. Lors du septième match, Kawhi et George passent complètement à côté de leur rendez-vous.

Doc Rivers est remplacé par Tyronn Lue et l’effectif évolue. Nicolas Batum et Reggie Jackson jouent un rôle important, tandis que les Clippers adoptent une attaque plus flexible. En 2021, ils atteignent enfin la première finale de Conférence de leur histoire. Kawhi Leonard n’est toutefois plus là. Touché au genou face à Utah, il manque la fin des playoffs. Sans lui, Los Angeles s’incline contre Phoenix.

Les saisons suivantes répètent le même scénario. Lorsque Leonard et George sont disponibles, les Clippers paraissent capables de battre n’importe qui. Mais les blessures empêchent le projet de connaître un véritable parcours complet. La saison 2020 reste le plus grand regret : l’effectif était au complet, la route semblait ouverte et l’équipe a laissé échapper une série qu’elle contrôlait.

Les Nets de Durant, Harden et Irving, quelques centimètres loin du titre Fichier:Brooklyn Nets newlogo.svg — Wikipédia

Brooklyn représente sans doute la « superteam » moderne dans sa forme la plus pure. En 2019, Kevin Durant et Kyrie Irving choisissent les Nets lors de la free agency. Durant arrive blessé et doit manquer une saison entière, mais la franchise accepte d’attendre. Son retour doit faire de Brooklyn un prétendant immédiat au titre.

En janvier 2021, les Nets accélèrent encore. James Harden souhaite quitter Houston et Brooklyn sacrifie une grande partie de sa profondeur ainsi que de nombreux choix de Draft pour former un trio offensif presque sans équivalent. Durant, Harden et Irving sont trois des meilleurs créateurs de leur génération. Chacun peut marquer de loin, provoquer, organiser le jeu ou prendre une rencontre à son compte.

Autour d’eux, Brooklyn rassemble une collection de role players particulièrement adaptée. Joe Harris apporte son adresse extérieure. Bruce Brown se transforme en intérieur mobile malgré sa taille. Jeff Green peut occuper plusieurs postes. Nicolas Claxton protège le cercle. Blake Griffin accepte un rôle moins important et retrouve suffisamment d’énergie pour contribuer. Landry Shamet complète la rotation, tandis que LaMarcus Aldridge rejoint également le projet avant de devoir interrompre sa saison pour des raisons médicales.

Sur le parquet, les trois stars jouent très peu ensemble durant la saison régulière. Lorsqu’elles sont réunies, la puissance offensive est pourtant évidente. Au premier tour, Boston ne peut rien faire. Le véritable test arrive contre Milwaukee.

La série bascule rapidement du côté de l’infirmerie. Harden se blesse dès les premières secondes du premier match. Irving se tord ensuite la cheville en retombant sur le pied de Giannis Antetokounmpo. Durant se retrouve presque seul, accompagné d’un Harden revenu diminué et incapable d’accélérer normalement.

Malgré cela, Brooklyn pousse Milwaukee jusqu’au septième match. Dans les dernières secondes du quatrième quart-temps, Durant inscrit un tir qui semble envoyer les Nets en finale de Conférence. Son pied touche toutefois la ligne à trois points. Le panier ne vaut que deux unités et le match part en prolongation. Épuisé, Brooklyn finit par céder.

La suite du projet est un lent démantèlement. Irving manque une grande partie de la saison suivante. Harden demande son transfert et rejoint Philadelphie. Ben Simmons arrive sans pouvoir apporter l’impact attendu. Durant et Irving quittent à leur tour la franchise en 2023.

Les Nets n’ont jamais bénéficié d’une saison complète pour mesurer réellement le potentiel de leur trio. Leur échec repose sur les blessures, les choix individuels et une construction trop dépendante de trois joueurs. Mais il reste surtout attaché à une image : la chaussure de Kevin Durant posée sur une ligne blanche. Quelques centimètres ont peut-être séparé l’une des plus grandes attaques de l’histoire d’un titre NBA.

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Les Suns de Durant, Booker et Beal, trois scoreurs mais aucun équilibre Phoenix Suns 2027 NBA Fixtures - ESPN (PH)

Après avoir atteint les Finales NBA en 2021 puis remporté 64 matchs la saison suivante, Phoenix aurait pu choisir la continuité. La franchise prend une direction opposée. En février 2023, elle transfère Mikal Bridges, Cameron Johnson et plusieurs choix de Draft pour récupérer Kevin Durant.

L’association entre Durant et Devin Booker fonctionne immédiatement sur le plan offensif. Les deux joueurs possèdent une maîtrise exceptionnelle du tir à mi-distance et peuvent attaquer presque tous les défenseurs. Phoenix élimine les Clippers au premier tour avant de pousser Denver à six rencontres, malgré un effectif déjà peu profond.

Durant ne constitue pourtant que la première étape. Quelques mois plus tard, les Suns se séparent de Chris Paul et récupèrent Bradley Beal. La franchise possède désormais trois joueurs capables de dépasser les 25 points de moyenne. Sur le papier, les prises à deux deviennent impossibles : aider sur Booker libère Durant, fermer l’accès à Durant offre un tir à Beal.

La construction présente cependant une faiblesse évidente. Les trois vedettes évoluent principalement avec le ballon et excellent davantage pour conclure les actions que pour organiser durablement une attaque collective. Phoenix manque d’un véritable meneur, de défenseurs extérieurs, de taille sur les ailes et de profondeur.

Les blessures empêchent également le trio de développer des automatismes. Beal manque une grande partie du début de saison, tandis que Booker et Durant doivent tour à tour assumer l’organisation du jeu. Les Suns possèdent assez de talent pour gagner des matchs, mais rarement assez de continuité pour installer une identité.

Le premier véritable test en playoffs tourne au désastre. Minnesota balaie Phoenix en quatre rencontres. Les Timberwolves imposent leur puissance physique, ciblent les faiblesses défensives des Suns et empêchent leurs stars de trouver un rythme confortable. Le dernier match se termine avec une nouvelle blessure de Beal et l’impression qu’une équipe construite autour de trois immenses scoreurs a oublié tout ce qui permettait de les mettre dans de bonnes conditions.

Le projet rappelle qu’une attaque ne se résume pas à additionner les moyennes de points. Une équipe doit créer des tirs simples, protéger le ballon, défendre et survivre lorsque les stars sont sur le banc. En concentrant ses ressources sur Durant, Booker et Beal, Phoenix avait obtenu la puissance de feu. Il ne lui restait presque plus rien pour bâtir autour.

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Les 76ers et le Process, une « superteam » qui change de visage chaque saison 76ers de Philadelphie — Wikipédia

Philadelphie constitue le cas le plus difficile à classer. Les Sixers ne correspondent pas parfaitement à la définition traditionnelle d’une « superteam ». Joel Embiid et Tyrese Maxey ont été draftés puis développés par la franchise. Le Process lui-même reposait sur l’accumulation de jeunes joueurs et de choix de Draft, pas sur l’arrivée immédiate de plusieurs vedettes confirmées.

La trajectoire du projet a pourtant changé. À mesure qu’Embiid s’est rapproché du niveau MVP, les dirigeants ont multiplié les mouvements pour placer des stars autour de lui. Jimmy Butler, Tobias Harris, James Harden puis Paul George ont successivement rejoint Philadelphie. Ben Simmons, premier choix de la Draft 2016, devait lui aussi devenir le second visage de la franchise.

Chaque version des Sixers a semblé posséder une raison de croire au titre. En 2019, Embiid partage l’affiche avec Butler, Simmons, Harris et JJ Redick. Philadelphie dispose de taille, de défense, de création et de plusieurs joueurs capables de décider d’un match. L’équipe s’arrête pourtant sur le tir devenu légendaire de Kawhi Leonard lors du septième match contre Toronto.

Le groupe se sépare durant l’été. Butler rejoint Miami, tandis qu’Al Horford arrive pour former un cinq immense aux côtés d’Embiid, Simmons, Harris et Josh Richardson. Le pari tourne rapidement court. L’effectif manque de tir, d’espace et de complémentarité. Boston balaie les Sixers dès le premier tour dans la bulle.

Doc Rivers puis Daryl Morey tentent une nouvelle formule. Après l’échec de la relation entre Simmons et la franchise, le meneur est envoyé à Brooklyn contre James Harden. Embiid, Harden et Maxey forment un trio capable de produire une attaque de très haut niveau. En 2023, les Sixers mènent 3-2 contre Boston en demi-finales de Conférence, mais laissent échapper le sixième match à domicile avant de s’effondrer dans le septième.

Harden quitte ensuite Philadelphie, remplacé quelques mois plus tard par Paul George dans une nouvelle tentative pour entourer Embiid et Maxey. Le Process est ainsi devenu une succession de « superteams » inachevées. La tête d’affiche reste la même, mais les lieutenants, les entraîneurs et les priorités changent continuellement.

Les Sixers occupent une place particulière dans cette histoire parce que leur fenêtre n’est peut-être pas encore totalement refermée. Tant qu’Embiid peut retrouver son meilleur niveau et que Maxey poursuit sa progression, Philadelphie conserve une chance de transformer cette longue construction en succès. Mais plus les saisons passent, plus le projet ressemble à une course contre le corps de son pivot.

Le Process devait permettre aux Sixers d’éviter le ventre mou et de construire une équipe capable de jouer le titre pendant de nombreuses années. Il a effectivement produit un MVP, plusieurs stars et des effectifs extrêmement ambitieux. Il n’a toujours pas conduit Philadelphie au-delà du deuxième tour des playoffs, mais avec les derniers changements: Les Sixers seront-ils champions NBA en 2027 ?

Pourquoi autant de « superteams » échouent-elles en NBA ?

Les équipes réunies dans cet article n’ont pas toutes échoué pour les mêmes raisons. Les Rockets de 1999 et les Lakers de 2013 ont misé sur des stars vieillissantes. Les Clippers et les Nets ont été frappés par les blessures. Les Suns ont sacrifié leur équilibre pour concentrer leur attaque autour de trois scoreurs. Les Celtics n’ont jamais réussi à établir une hiérarchie acceptée par tous. Les Lakers de 2004 ont fini par rencontrer une équipe moins prestigieuse, mais infiniment plus cohérente.

Un point commun les relie pourtant : la volonté de réduire le temps nécessaire pour devenir champion. La construction d’une « superteam » permet d’éviter plusieurs années de développement, mais elle crée d’autres difficultés. Les contrats des stars limitent souvent les possibilités de compléter l’effectif. Les choix de Draft utilisés dans les transferts réduisent les marges de manœuvre futures. Les vétérans recrutés à bas prix doivent accepter des rôles précis. Chaque blessure prend une dimension immense, car la rotation dépend d’un nombre limité de joueurs.

L’alchimie ne peut pas non plus être achetée. Plusieurs grands joueurs peuvent partager le terrain sans se rendre mutuellement meilleurs. Les compétences doivent se compléter, les responsabilités être clairement distribuées et les stars accepter que leur rôle change. Une équipe remplie de créateurs peut manquer de joueurs prêts à défendre, poser des écrans, couper sans ballon ou rester plusieurs possessions sans prendre de tir.

Le mot « superteam » crée enfin une pression particulière. Une formation développée progressivement peut connaître plusieurs échecs avant d’atteindre sa maturité. Une équipe montée autour de stars déjà établies n’obtient pas toujours ce délai. Chaque élimination est considérée comme une catastrophe. Chaque tension devient le signe d’une séparation prochaine. Le temps travaille rarement en sa faveur.

Des noms sur une feuille ne suffisent pas à construire un champion

Les « superteams » occupent une place particulière dans l’histoire de la NBA parce qu’elles promettent quelque chose d’immédiat. Elles font naître les comparaisons avant même leur premier match, transforment une saison régulière en simple préparation des playoffs et donnent l’impression que le titre constitue la seule issue acceptable.

Leur échec rappelle pourtant que le talent individuel n’est qu’une partie de l’équation. Une équipe championne doit rester en bonne santé, trouver des joueurs complémentaires, accepter une hiérarchie et progresser collectivement lorsque les séries deviennent plus difficiles. Elle doit également profiter du bon moment, celui où ses stars sont encore suffisamment fortes et où ses adversaires ne le sont pas davantage.

Les Nets de Kevin Durant, James Harden et Kyrie Irving n’ont peut-être été séparés d’un titre que par une chaussure trop grande. Les Clippers ont perdu Kawhi Leonard au moment où ils semblaient enfin avoir trouvé leur formule. Les Lakers de 2004 ont découvert qu’une défense parfaitement organisée pouvait résister à quatre futurs membres du Hall of Fame. Phoenix a appris que trois excellents scoreurs ne formaient pas automatiquement une excellente attaque.

C’est sans doute pour cela que ces équipes fascinent encore. Elles constituent autant d’expériences interrompues et de scénarios impossibles à vérifier. Personne ne saura ce que les Nets auraient produit au complet, si les Clippers auraient remporté le titre avec un Kawhi en bonne santé ou si les Sixers auraient changé d’histoire en conservant Jimmy Butler.

Construire une « superteam » permet de réunir les talents. Cela ne garantit ni le temps, ni la santé, ni les sacrifices nécessaires pour devenir champion. En NBA, les trophées ne se remportent jamais au moment de la signature des contrats. Ils se gagnent plusieurs mois plus tard, lorsque les noms disparaissent derrière l’équipe.

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Crédit photo : Jason Miller / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Auteur/autrice

  • Elouan Chartier

    Rédacteur chez Pensebet, passionné de sports et immense fan de basket. Étudiant en information-communication, curieux et investi pour vous proposer des articles sur l’actualité sportive.


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