Un conseiller en règlement à la place d’un joueur
Rassie Erasmus a changé le protocole. Lundi, en conférence de presse avant l’ouverture de la série contre les All Blacks, le sélectionneur des Springboks n’a pas présenté un joueur aux médias. Il a présenté Jaco Peyper, conseiller en règlement de SA Rugby et ancien arbitre international.
Le choix répond à une accusation devenue insistante. Depuis plusieurs semaines, le camp néo-zélandais martèle que l’Afrique du Sud ralentit volontairement le jeu pour casser le rythme des rencontres.
« Mon opinion, c’est que la Nouvelle-Zélande a joué quatre matches et qu’il y a clairement eu une narration très technique autour de la vitesse du jeu, du ralentissement du jeu », a lancé Erasmus. « Jaco est plus à même de répondre à ces questions parce qu’il nous aide sur tout ce qui touche aux règles. »
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Peyper sort le règlement
L’ancien arbitre a répondu par les procédures. Il rappelle qu’un accord lie entraîneurs et arbitres depuis la réunion Shape of the Game organisée en début d’année par World Rugby.
« C’est le contrat entre les arbitres et les entraîneurs, qui dit aux entraîneurs d’entraîner leurs joueurs à jouer de cette manière et à nous d’arbitrer de cette manière », a-t-il expliqué. « Il y a un alignement le lundi après chaque match. Sur les cinq matches que nous avons joués, nous n’avons pas reçu un seul retour disant que nous ralentissons le jeu. »
Peyper a détaillé la règle : 30 secondes pour former la touche ou la mêlée, décomptées à partir du moment où l’arbitre pose le pied pour marquer, pas au coup de sifflet. Erasmus s’est engouffré dans la brèche. « Ce que vous faites jusqu’à cette touche vous appartient. Vous pouvez prier si vous voulez. Vous pouvez vous mettre à genoux, vous pouvez faire un regroupement. » Il justifie ces temps de concertation par les onze langues parlées dans son effectif.
L’altitude renvoyée à l’envoyeur
Peyper a retourné l’argument. Selon lui, ce sont les équipes qui voyagent qui cassent le tempo en altitude, pas les hôtes.
« J’ai arbitré beaucoup de matches de Super Rugby ici où le jeu était ralenti par les équipes qui se déplaçaient », a-t-il glissé, citant aussi les rencontres entre les Lions et les Bulls. Il ajoute qu’une équipe sous pression peut casser le rythme autrement, en multipliant les fautes au sol ou sur le maul.
En face, Dave Rennie ne cache pas son plan : imposer un tempo élevé et faire courir les Sud-Africains. Quatre Tests sont au programme de cette série. Erasmus, lui, a repoussé l’annonce de sa composition.
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