« Une crise de confiance fondamentale » : le Danemark ne veut plus de Gianni Infantino à la tête de la FIFA
Gianni Infantino n’a décidément pas beaucoup d’amis en ce moment. Quelques semaines après avoir tenté d’ouvrir une brèche dans le modèle économique de la Coupe du monde, le président de la FIFA voit désormais une fédération membre lui tourner clairement le dos. Et pas à demi-mot.
Ce vendredi, la Fédération danoise de football (DBU) a livré une charge particulièrement sèche contre le patron de l’instance mondiale. Pour les Danois, les dernières semaines ont provoqué « une crise de confiance fondamentale » envers la direction de la FIFA. Une formule lourde, qui en dit long sur le fossé désormais installé entre Copenhague et Zurich.
La DBU ne compte surtout pas revenir en arrière. Ni les excuses de Gianni Infantino, ni le retrait de son projet controversé ne suffisent à réparer les dégâts. Le message est limpide : le Danemark ne soutiendra pas le président sortant lors de la prochaine élection.
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Le projet de Coupe du monde a laissé des traces
À l’origine de cette nouvelle fracture, une idée qui avait fait l’effet d’une bombe dans le football mondial : permettre à des investisseurs privés de prendre part au financement et à l’organisation de certaines compétitions de la FIFA. Un projet finalement abandonné après une levée de boucliers, mais dont les conséquences politiques sont loin d’être effacées.
Pour la DBU, le problème dépasse donc largement une simple proposition retirée quelques jours plus tard. C’est une question de confiance. La fédération danoise rappelle d’ailleurs qu’elle n’avait déjà pas soutenu Infantino lors de sa précédente élection, en 2022.
Quatre ans plus tard, sa position n’a pas bougé d’un centimètre.
Et cette fois, les Danois veulent aller plus loin.
Le Danemark veut une véritable alternative en 2027
La prochaine élection présidentielle de la FIFA aura lieu le 18 mars 2027, à Rabat, au Maroc. La DBU entend profiter de cette échéance pour pousser à l’émergence d’un candidat capable de représenter une véritable alternative à Infantino.
L’objectif affiché est même particulièrement ambitieux : travailler avec l’UEFA et d’autres fédérations afin de présenter un profil susceptible de « réunir la FIFA au-delà des confédérations » et de restaurer une confiance sérieusement écornée.
Pour l’instant, aucun adversaire officiel n’a encore émergé. Les candidatures pourront être déposées jusqu’au 18 novembre. Mais le Danemark vient de poser une première pierre importante dans la bataille politique qui s’annonce.
Le message de la DBU tient en quelques mots : elle veut « voir un nouveau président à la tête de la FIFA ».
Une menace de boycott qui change de dimension
Le coup de pression ne s’arrête pas à l’élection. La Fédération danoise a également annoncé son soutien aux éventuelles menaces de boycott brandies par l’UEFA concernant les prochaines compétitions de la FIFA.
Une manière de rappeler que le rapport de force ne se jouera pas uniquement dans les urnes. Si l’instance mondiale souhaite continuer à avancer sans remettre en question son fonctionnement, certaines fédérations européennes sont désormais prêtes à hausser sérieusement le ton.
La DBU réclame notamment des garanties afin que les compétitions de la FIFA ne soient pas ouvertes à des investisseurs privés.
Infantino voulait peut-être tester les limites. Il vient surtout de découvrir qu’elles existent encore.
À quelques mois de l’élection de 2027, la contestation reste encore dispersée et aucun candidat alternatif n’est officiellement déclaré. Mais une chose est désormais certaine : au Danemark, le président de la FIFA n’a plus le bénéfice du doute. Et si d’autres fédérations suivent la même voie, la prochaine campagne présidentielle pourrait rapidement devenir beaucoup plus tendue que prévu.
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