Deux absences qui en disent long
Le tableau masculin de l’US Open s’ouvre sans son numéro un. Jannik Sinner a déclaré forfait. Carlos Alcaraz revient de blessure : l’Espagnol, tenant du titre à Flushing Meadows, n’a plus disputé le moindre match sur le circuit ATP depuis avril et son forfait à Barcelone, poignet en cause.
Ce forfait était tombé quelques jours après un tournant. Sinner venait de battre Alcaraz en finale du Masters de Monte-Carlo et de récupérer la place de numéro un mondial. L’Italien a ensuite enchaîné Madrid et Rome. Deuxième joueur seulement depuis 1990 à rafler les trois Masters 1000 sur terre battue dans une même saison. Le précédent s’appelait Rafael Nadal, en 2010.
Les deux hommes avaient déjà marqué l’année. En janvier, à Melbourne, Alcaraz est devenu le plus jeune joueur de l’histoire à boucler le Grand Chelem en carrière, effaçant un record que Don Budge détenait depuis 1938. En mai, avec Rome, Sinner a complété le Career Golden Masters. Le deuxième de l’histoire, en 62 participations de moins que Novak Djokovic.
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Le top 5 s’échappe, la tranche 6-10 décroche
Opta a remonté les données jusqu’à la saison inaugurale de 1990 pour mesurer l’écart. Le résultat est net.
Le taux de victoire du top 5 face aux joueurs classés hors du top 20 a grimpé entre 2009 (92,8 %) et 2015 (92,6 %). Dans les années 1990 et 2000, la norme tournait plutôt autour de 80 %. En 2024, le chiffre est remonté à 90,1 %, l’année où Sinner a franchi son palier.
L’écart entre le groupe 1-5 et le groupe 6-10 raconte la même chose. Il était de 6,0 % en moyenne sur la décennie 1990-1999. Il atteint environ 9,3 % sur les dix dernières saisons.
Le groupe 11-20, lui, recule légèrement. La profondeur du circuit a augmenté : les joueurs situés au-delà du top 20 servent plus fort et tiennent l’échange plus longtemps qu’avant. Vivre dans l’élite est devenu plus dur, sauf tout en haut.
L’héritage du Big Four explique une partie du décor. Entre 2005 et 2019, Djokovic, Federer, Nadal et Murray ont raflé 54 des 60 titres du Grand Chelem, 107 des 135 Masters 1000, 10 des 15 Masters de fin d’année et la totalité des médailles d’or olympiques en simple messieurs.
2026, une saison hors norme
Sinner a remporté les cinq premiers Masters 1000 de l’année. Il a battu Alexander Zverev en deux sets dans quatre d’entre eux : demi-finales d’Indian Wells, de Miami et de Monte-Carlo, puis finale de Madrid.
Derrière, ça a chuté vite. Seuls 50 % des membres du top 10 engagés en Masters 1000 cette saison ont atteint les huitièmes de finale, soit 27 sur 54. Depuis la création du format en 1990, seule l’année 2001 fait pire avec 46,1 %. Élargi au top 20, le taux tombe à 43,1 %, quatrième plus bas total de l’histoire de la formule.
En Grand Chelem, le tableau est moins sombre, avec 64,3 % des membres du top 10 engagés en deuxième semaine. Mais dans la tranche 6-10, seuls Alex de Minaur et Taylor Fritz y sont parvenus plus d’une fois cette année.
Roland-Garros a livré le symptôme le plus frappant. Sinner s’est écroulé sous la chaleur face à Juan Manuel Cerundolo, Djokovic a cédé en cinq sets contre João Fonseca. Pour la première fois de l’ère Open, aucun ancien vainqueur de Majeur n’a atteint la deuxième semaine d’un tournoi du Grand Chelem. Zverev en a profité pour décrocher son premier titre majeur.
L’ordre a été rétabli à Wimbledon. Sinner y a écarté Djokovic puis Zverev et conservé son titre.
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