Onze buts en trois journées
Auxerre a encaissé onze buts en trois journées de Ligue 1. Le chiffre est brut et se passe presque de commentaire. Battue à Lyon vendredi soir (3-1), l’AJA ferme le classement.
Pour mesurer l’anomalie, il faut remonter à la saison 1985-1986. Cette année-là, Bastia avait concédé douze buts après trois journées. C’est le seul précédent pire que celui de Will Still dans toute l’histoire du championnat de France.
Lens (2-5), Angers (1-3) puis Lyon (3-1) : trois adversaires très différents, une seule constante défensive.
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Douze recrues, aucun automatisme
Le paradoxe est là. Auxerre n’a pas subi son été, il l’a construit. Douze recrues extérieures sont arrivées avant la fermeture du mercato, dont Arthur Piedfort (5,5 M€) et Danny Namaso (5 M€). Paul Nardi, Axel Tuanzebe, Pierre Ekwah et Cameron Archer ont suivi.
Le problème d’un tel volume, c’est le délai. Tuanzebe, pas encore qualifié, a manqué le déplacement à Lyon. L’arrière-garde change de visage à chaque journée et les erreurs individuelles s’enchaînent, à l’image de la perte de balle de Nouirou Ahamada sur le troisième but lyonnais.
« On encaisse encore un but très embêtant sur un coup de pied arrêté, alors qu’on est à quatre contre un. Puis on se fait avoir sur une touche pour nous. On est trop gentils, on doit être beaucoup plus agressifs et efficaces défensivement », a réagi Still. « Mais on ne va pas tout remettre en question. Staff compris, il y a une vingtaine de nouvelles personnes au club, soit un gros chamboulement. On savait qu’on n’allait pas tout réussir du jour au lendemain. »
Deux réceptions pour éteindre l’incendie
Tout n’est pourtant pas à jeter. L’AJA marque, se procure des situations, et Cameron Archer, prêté par Southampton, s’est montré décisif contre l’OL.
« On voit que quand on va au bout de nos actions on se montre dangereux. On cherche la bonne formule, trouver un équilibre collectif. Il faut qu’on apprenne vite sinon on va encore se mettre en difficulté », concède l’entraîneur icaunais.
Le calendrier lui laisse une fenêtre : deux réceptions consécutives, Nice puis Brest. Deux occasions de transformer un chantier en équipe. À défaut, un projet qui a coûté cher finira par peser sur celui qui le porte.
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