« Neuf cents kilos derrière toi »
Jeremy Paul a joué talonneur pour les Wallabies entre 1998 et 2006. Il sait ce que pèse une mêlée. Et il n’a pas envie d’être poli.
L’ancien international australien s’en est pris à la règle du brake foot, ce pied que le talonneur doit poser au milieu du tunnel avant l’engagement. Dangereux, selon lui. Carrément dangereux. Son raisonnement tient en une image : on demande à un joueur de bloquer une poussée de neuf cents kilos avec un pied à plat, quand les sept autres sont sur la pointe des pieds.
« On va revenir à des talonneurs d’1,65 m, parce qu’au-dessus d’1,88 m, ça devient très compliqué », a-t-il lâché au micro du podcast GBRANZ. Il ne s’est pas arrêté là, traitant d’idiot celui qui, à World Rugby, a eu l’idée d’introduire cette règle il y a quatre ans.
Essaie pour 2,99€.
La sortie de Neil Barnes a rouvert le dossier
Tout est reparti du week-end dernier. Face aux Springboks, la Nouvelle-Zélande a été sanctionnée deux fois très tôt en mêlée, d’abord d’un coup de pied franc, puis d’une pénalité. L’arbitre Karl Dickson n’a pas aimé le placement du pied des All Blacks.
Neil Barnes, l’homme des avants néo-zélandais, a répondu par une formule que personne n’a manquée : plus personne ne se soucie de cette règle. Sur le plateau, l’ancien capitaine des All Blacks Kieran Read est allé dans le même sens. Pour lui, l’essentiel est qu’une mêlée reste debout et joue vite. Le public ne vient pas regarder des remises en jeu à répétition.
World Rugby, elle, défend son texte depuis son introduction : plus de stabilité, moins de charge axiale, donc moins de pression sur la tête et le cou. Le débat oppose une intention de sécurité à un vécu de première ligne.
Sa solution tient en un mot : les hanches
Paul ne s’est pas contenté de taper. Il propose. Sa lecture de la mêlée passe par les hanches, pas par les pieds. Dès que les hanches s’écartent, la mêlée se disloque.
Concrètement : le pilier gauche doit garder ses hanches collées à celles du talonneur. Sur ballon adverse, il les écarte parce qu’il n’a nulle part ailleurs où aller. L’arbitre, placé du côté de l’introduction, voit parfaitement l’autre côté. Si les hanches du pilier gauche défensif décrochent, la faute est de son côté.
Simple sur le papier. Sauf que la mêlée reste, depuis toujours, le geste le plus difficile à arbitrer du rugby. Et que les Wallabies affrontent bientôt ces mêmes Springboks.
Découvrez le reste de l’actu RUGBY sur notre site et application PenseBet !
dans ta poche.
Notifications & alertes en temps réel


Laisser un commentaire