Le transfert qui n’est jamais venu
Vinicius Junior, Morgan Rogers, Bradley Barcola, Julian Alvarez. Quatre noms, quatre pistes, zéro signature. Arsenal a passé son été à chercher un ailier gauche de classe mondiale et n’a rien trouvé. Trossard et Martinelli sont partis. Christos Tzolis est arrivé, inconnu du grand public.
Beaucoup y ont vu une fenêtre ratée. Les chiffres racontent autre chose.
Parce qu’Arsenal n’attaquait déjà pas à gauche. La saison dernière, les Gunners ont enregistré 31,8 % de leurs touches de balle dans le camp adverse sur le tiers gauche du terrain. Le plus faible taux de toute la Premier League. Ils ont quand même été champions.
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Et cette saison, c’est pire. Ou mieux.
Sur les trois premières journées de championnat, la répartition atteint 47,5 % à droite contre 27,4 % à gauche. Les deux extrêmes de la Premier League, et de loin.
Bukayo Saka est évidemment la raison principale. Mais pas la seule. La saison dernière, quand il manquait à l’appel, l’équipe ne changeait rien à son plan : Noni Madueke ou Max Dowman prenaient le couloir, et le ballon continuait d’aller de ce côté.
Contre Chelsea, Kai Havertz est venu se poster plus large que Saka pour surcharger l’aile. C’est de là qu’il est rentré dans l’axe pour égaliser. Face à Naples, Martin Ødegaard a parfois ressemblé à un ailier droit. Lui et Saka se sont trouvés plus souvent l’un l’autre qu’avec n’importe quel coéquipier.
Résultat de ce match : 4,05 buts attendus. Le plus haut total enregistré par Arsenal en Ligue des champions depuis 2012-2013. Le but vainqueur d’Ødegaard a conclu une action de vingt-neuf passes impliquant dix joueurs. Passe décisive de Tzolis, arrivé du banc, positionné à droite.
Le côté gauche existe, mais il ne décide rien
Ce serait exagéré de dire que la gauche ne sert à rien. Tzolis compte quatre passes décisives sur ses cinq premières apparitions. Riccardo Calafiori en a deux, et cumule huit courses à haute intensité conclues dans la surface, troisième total du club derrière Havertz et Saka.
Mais regardez les ballons touchés. Calafiori tourne à 39,6 par match, quatrième plus faible total de l’effectif, derrière le gardien David Raya et les attaquants Havertz et Gyökeres. Tzolis monte à 52,9. En face, le latéral droit Ben White affiche 68,4 touches par rencontre et fait partie des quatre seuls joueurs à avoir démarré les cinq matches.
Cinq victoires en cinq, 10-1 au cumul. Seul Chelsea a semblé capable de les embêter.
Reste une question que personne ne peut trancher aujourd’hui. Que se passe-t-il le jour où un adversaire verrouille vraiment ce couloir, ou le jour où Saka se blesse ? Personne n’a encore eu l’occasion de tester.
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