Un regard de double champion du monde
Os du Randt a connu les deux mondes. Le pilier sud-africain a débuté sous l’ère amateur, avant que le rugby ne bascule dans le professionnalisme en 1995. Cette année-là, il a soulevé la Coupe du monde. Il l’a gagnée une seconde fois en 2007. Invité de l’émission Boks Unpacked X The Verdict, propos relayés ce matin par Planet Rugby, il a pointé trois changements majeurs entre les deux époques.
Le premier tient à la pression. Selon lui, elle pèse désormais dès l’école. « Il y a trop de pression sur les jeunes aujourd’hui. Les parents mettent beaucoup de pression sur la victoire et sur les sponsors », estime l’ancien Springbok.
Les chiffres vont dans son sens. La Coupe du monde 1987 avait attiré 469 664 spectateurs sur l’ensemble du tournoi. L’édition 2023 en a compté 2 437 208. Plus de public, plus d’exposition. Et donc plus de regards braqués sur chaque erreur.
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L’argent a tout changé
Deuxième point, l’argent. « Il a changé toute la donne », reconnaît Du Randt. Les joueurs peuvent aujourd’hui mettre leur avenir à l’abri. Il ne s’en plaint pas.
Mais il raconte une anecdote qui en dit long. De retour de blessure après une opération, il avait refusé de passer pilier droit quand l’entraîneur Nelie Smith le lui avait proposé. Il préférait encore jouer avec l’équipe réserve. « Il n’y avait pas d’argent en jeu, pas de célébrité, on ne passait pas à la télé. Aujourd’hui, j’imagine qu’on dirait oui. »
Il cite l’exemple de Thomas du Toit, qui a accepté ce changement de côté en première ligne. Un choix qui, selon lui, n’aurait sans doute pas été fait à l’époque amateur. L’état d’esprit a changé avec les contrats.
Moins de coups de poing, toujours autant d’engagement
Troisième changement, et pas le moindre : les bagarres. Elles étaient monnaie courante avant les années 2000. Elles ont presque disparu du rugby professionnel, sous l’effet des amendes, des citations et des suspensions.
Du Randt en sourit. « À l’époque, il y avait beaucoup plus de coups de poing. Parfois, j’avais envie d’organiser un combat de boxe après le match. On joue au rugby, et on va boxer ensuite. » Le jeu restait dur, insiste-t-il. Mais il apprécie que l’attention se porte de nouveau sur le rugby lui-même.
Les dérapages n’ont pas totalement disparu pour autant. Eben Etzebeth, deuxième ligne des Springboks, avait écopé de douze semaines de suspension pour une fourchette sur un joueur gallois lors de la tournée d’automne 2025.
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