Une première complète à Rotterdam
Les juges de gymnastique ont travaillé avec une nouvelle assistante cette semaine. Aux Championnats du monde de Rotterdam, aux Pays-Bas, ils ont eu accès pour la première fois aux analyses d’une intelligence artificielle sur l’ensemble des dix agrès, masculins et féminins.
Le président de la Fédération internationale de gymnastique, le Japonais Morinari Watanabe, veut aller plus loin. Âgé de 67 ans, il milite depuis des années pour cet outil. Il a tenté de l’imposer pour les Jeux de Tokyo, puis pour ceux de Paris en 2024. Cette fois, il vise Los Angeles 2028 et assure que des discussions sont en cours avec le Comité international olympique. Selon lui, tous les sports jugés pourraient en profiter, pas seulement la gymnastique.
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Des caméras et des modèles en 3D
La technologie est fournie par le groupe japonais Fujitsu, partenaire des Mondiaux depuis l’édition 2019. Le principe : quatre caméras braquées sur chaque agrès, huit pour le sol. Les images servent à reconstruire en 3D les mouvements des gymnastes. Le système génère ensuite des mesures articulaires, toutes reliées au code de pointage, environ 10 à 15 secondes après la fin de l’exercice.
Les juges humains gardent la main. Pour l’instant, ce sont eux seuls qui valident les notes officielles. L’IA sert d’appui, pas d’arbitre.
Omega, l’obstacle contractuel
Le chemin vers les Jeux reste encombré. Le CIO est lié à Omega, chronométreur officiel, par un partenariat qui couvre le chronométrage, la notation et la gestion des résultats jusqu’en 2032. Fujitsu ne peut donc pas livrer sa solution telle quelle pour Los Angeles. Un montage reste à trouver.
Watanabe a un argument en tête : l’affaire Jordan Chiles à Paris. L’Américaine avait d’abord été classée cinquième en finale du sol, avant qu’une réclamation de son entraîneuse ne la fasse monter sur le podium. Le Tribunal arbitral du sport avait ensuite annulé cette décision, la réclamation ayant été déposée quatre secondes trop tard. Le bronze était revenu à la Roumaine Ana Barbosu. Un scénario qu’une notation assistée pourrait éviter, estime le dirigeant japonais.
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