Un pays sous le choc
Il y a des défaites qui font mal, et il y a des défaites qui laissent une nation entière avec un goût de trahison dans la bouche. La Norvège vient de vivre la seconde version. Éliminée par l’Angleterre (1-2 après prolongation) en quarts de finale de la Coupe du monde, la sélection de Stale Solbakken n’a pas seulement perdu un match. Elle a perdu un rêve, et une bonne partie du pays est convaincue qu’on le lui a volé.
Au cœur de la tempête : l’arbitre français Clément Turpin, et une assistance vidéo qui a semé plus de confusion que de justice. Le sujet qui empoisonne tout le monde, c’est ce but égalisateur de Jude Bellingham, point de départ du naufrage norvégien. Sur l’action, le ballon aurait touché un câble de caméra aérienne lors d’un dégagement du gardien Orjan Nyland, modifiant sa trajectoire avant de finir au fond. Une balle à terre aurait dû suivre. Elle n’est jamais venue.
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Des mots très durs venus du nord
En Scandinavie, on ne prend pas de gants pour qualifier l’épisode. Le consultant de la NRK Kristoffer Lokberg s’est dit sans voix, estimant que si le contact avec la caméra était confirmé, l’affaire resterait comme « l’un des plus grands scandales de l’histoire de la Coupe du monde ». Même verdict chez l’ancien international Erik Mykland, qui parle lui aussi de scandale et pointe l’ironie d’une technologie censée protéger le jeu et qui, ce soir-là, l’a plutôt saboté.
Du côté suédois, la plume ne tremble pas davantage. Le journaliste Erik Niva, dans les colonnes d’Aftonbladet, a comparé les images de la scène au tristement célèbre film amateur ayant capté l’assassinat de Kennedy à Dallas, une référence qui dit tout du traumatisme collectif que cet épisode a laissé.
Le VAR, coupable numéro deux
Mais le but de Bellingham n’est pas le seul point de crispation. Dans Expressen, le chroniqueur Noah Bachner décrit une équipe norvégienne engloutie dans un enchaînement de décisions vidéo incohérentes, un système qu’il accuse littéralement de pervertir le football. Sa cible : l’annulation du second but norvégien, inscrit sur corner par Torbjorn Heggen, après qu’une légère poussette d’Erling Haaland sur Elliot Anderson a été repérée par la VAR. Une intervention qu’il juge totalement hors de propos, rappelant que les corners restent, par nature, des zones de contact permanent où l’on se bouscule sans que l’arbitre siffle à chaque fois.
Haaland lui-même n’a pas caché son agacement en zone mixte. S’il fallait sanctionner ce genre de contact, a-t-il lâché, il faudrait lui accorder une faute à chaque duel, sur chaque match, tant il se sent constamment accroché et bousculé sur le terrain. Une sortie qui résume assez bien l’exaspération d’toute une génération de joueurs norvégiens.
Un père en colère, symbole d’une nation
Même les proches s’en sont mêlés. Alfie Haaland, le père d’Erling, présent dans les tribunes, a ironisé sur les réseaux sociaux en félicitant sarcastiquement Bellingham et l’arbitre pour leur soirée. Un message court, mais qui a suffi à mettre le feu aux réseaux scandinaves, déjà chauffés à blanc.
Ce qui frappe, dans cette déferlante de réactions, c’est moins la défaite elle-même que le sentiment partagé d’avoir été flouée par le système censé garantir l’équité. La Norvège rêvait d’une demi-finale historique. Elle se retrouve à ressasser des images de câble de caméra, en boucle, avec la certitude amère que le sort de son parcours mondial s’est joué ailleurs que sur la pelouse.
Well done Bellingham and referee.
— Alfie Haaland (@alfiehaaland) July 11, 2026
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