Jannik Sinner triomphe à Wimbledon : une revanche éclatante
Quand Jannik Sinner a obtenu trois balles de match dans le quatrième set de la finale de Wimbledon face à Carlos Alcaraz, les spectateurs du Centre Court ont revu en mémoire les scènes de Roland-Garros. Cinq semaines plus tôt, il avait laissé filer une avance similaire dans la dernière manche. Cette fois, aucun effondrement : le numéro un mondial a tenu bon pour s’imposer 4-6, 6-4, 6-4, 6-4 et devenir le tout premier Italien sacré en simple à Wimbledon.
Le fantôme de Paris enfin chassé
À Paris, Sinner avait craqué au pire moment. À Londres, il a montré un visage bien différent. Serein, lucide, capable de maintenir la pression sans fléchir. Alcaraz, en quête d’un triplé historique à Wimbledon, a tout tenté. Il a même sauvé une balle de match devant le roi Felipe d’Espagne. Mais l’Espagnol n’a rien pu faire sur la deuxième : un service puissant, extérieur, ligne parfaite. Rideau.
Maîtrise et sobriété
Pas d’explosion, pas de gestes démesurés. Sinner a simplement levé les bras avant de saluer Alcaraz avec classe et de rejoindre son équipe pour une accolade sobre mais pleine de soulagement. L’Italien, 23 ans, est resté fidèle à lui-même : discret, mais déterminé. Ce titre, son quatrième en Grand Chelem, marque un tournant dans sa trajectoire déjà exceptionnelle.
Un parcours semé d’embûches
Originaire des Dolomites et ancien skieur de haut niveau, Sinner a évoqué un rêve lointain devenu réalité. « Quand j’étais jeune, Wimbledon paraissait inaccessible », a-t-il confié. Il a aussi souligné l’impact émotionnel de sa défaite à Roland-Garros, une épreuve qu’il a visiblement transformée en carburant. À noter : cette victoire intervient quelques mois après une suspension de courte durée pour dopage, liée à une erreur de manipulation d’un membre de son staff. L’épisode n’a pas entamé sa progression fulgurante.
Un duel au sommet entre deux visages du tennis moderne
Moins dramatique que leur affrontement de Paris, cette finale n’en a pas moins confirmé l’immense qualité de la rivalité entre Sinner et Alcaraz. Les deux joueurs se partagent les sept derniers titres du Grand Chelem. Sinner mène désormais 4 à 3 sur l’année, mais Alcaraz dominait leurs confrontations directes jusqu’à ce week-end (8-4 avant le match).
Sur le court, l’Italien a fait preuve d’une rigueur stratégique remarquable. Il a encaissé la perte du premier set sans paniquer, puis a progressivement imposé son rythme. Sa capacité à étouffer les prises d’initiative d’Alcaraz a fait la différence. L’Espagnol, pourtant habitué aux grands rendez-vous, a manqué de réponses.
Une génération qui redéfinit le sommet
« Chaque fois qu’on s’affronte, notre niveau grimpe », a résumé Alcaraz en conférence de presse. « Je ne vois pas d’autres duels atteindre une telle intensité. » Difficile de le contredire. À Wimbledon, Sinner et lui ont une nouvelle fois livré une démonstration de tennis moderne, athlétique, tactique et mental.
Et si cette finale n’a pas tenu le public en haleine jusqu’à un cinquième set épique, elle confirme que le duel entre Sinner et Alcaraz n’est pas un feu de paille. Leur rivalité structure désormais le haut du tableau mondial. Ce Wimbledon 2025 n’est peut-être qu’une étape dans une longue série de batailles majeures à venir.
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