La phrase de Vinicius qui dit tout
Après Brésil-Norvège, Vinicius Júnior n’a pas parlé de Haaland. Il a parlé d’un autre. « La Norvège nous a surpris. Ils bougeaient bien, ils contrôlaient le jeu, comme Ødegaard le fait toujours. On n’a jamais trouvé le bon moment pour presser. » Venant d’un Brésilien éliminé, ça pèse lourd.
C’est lui, oui. Pas le buteur monstrueux qui fait la une. Le type discret au milieu, celui qu’on oublie de citer et qui décide de tout.
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Le gamin de Strømsgodset
Ødegaard s’entraînait avec les pros à 13 ans. Sélectionné à 15. Le Real Madrid le rafle en 2015 pour environ 2,7 millions de livres, et là, tout se complique. Trop de pression, trop tôt.
Heerenveen, Vitesse, la Real Sociedad, Arsenal. Il tourne, il cherche, il doute. Et puis Londres. Arteta le prend sous son aile et transforme le prodige cabossé en capitaine. Parfois une carrière tient à une main tendue au bon moment.
Les chiffres, eux, ne mentent pas
Haaland vole les projecteurs, troisième au Soulier d’or. D’accord. Mais regardez le reste. Ødegaard a réalisé plus de conduites de balle que n’importe quel Norvégien (104). Il est le meilleur passeur progressif de l’équipe : passes dans le dernier tiers, dans le camp adverse, dans la surface, il domine partout.
Sept passes qui cassent la ligne défensive adverse. Personne ne fait mieux dans tout le tournoi. Trois passes décisives aussi, un record norvégien. Contre la Côte d’Ivoire, il est devenu le troisième joueur depuis 1966 à offrir un but lors de chacun de ses trois premiers matchs de Coupe du monde, après Belanov en 1986 et Ballack en 2002.
Et il court. Quatre-vingt-trois pressions haute intensité dans le camp adverse, plus que tous ses coéquipiers. Solbakken le résume mieux que personne : « C’est le premier défenseur. Le déclencheur. Il lit le jeu et donne le ton. » Un manager sur la pelouse.
Et maintenant, l’Angleterre
Ce samedi à Miami, quart de finale. Le supercalculateur Opta voit l’Angleterre passer dans 62,3 % de ses simulations. Sur le papier, la Norvège rentre à la maison.
Sauf que la Norvège n’a rien fait comme prévu depuis le début de ce Mondial. Premier quart de finale de son histoire. Un exploit face au Brésil. Si Ødegaard tient ce niveau, l’histoire n’est peut-être pas finie.
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