- 1 Une sortie douloureuse, loin du scénario rêvé
- 2 Vingt ans au même endroit, cela ne se raconte pas seulement en statistiques
- 3 Le respect autour de lui dit tout de l’homme qu’il a été
- 4 Les Kings vont devoir apprendre à vivre sans leur boussole
- 5 Kopitar quitte la glace, mais pas vraiment le cœur des Kings
La fin n’a pas eu la beauté d’un dernier grand parcours. Elle a pris la forme d’un balayage, d’une défaite 5-1 contre l’Avalanche, et d’une sortie brutale dès le premier tour.
Mais au moment où Anze Kopitar s’est avancé au centre de la glace pour saluer le public du Crypto.com Arena, tout le monde a compris qu’il ne s’agissait pas d’une élimination comme une autre. C’était la fin d’une époque.
Après vingt saisons passées entièrement à Los Angeles, le Slovène a disputé le dernier match de sa carrière. Et même si le scénario était cruel, l’émotion, elle, était immense.
Une sortie douloureuse, loin du scénario rêvé
Évidemment, personne n’imaginait ce dernier chapitre de cette façon. Kopitar lui-même l’a reconnu : ce n’est pas comme cela qu’il voulait que tout s’arrête. Il y a toujours, chez les grands joueurs, le fantasme d’une dernière campagne prolongée, d’un dernier frisson de printemps, peut-être même d’un adieu retardé par une ultime aventure. À la place, les Kings ont été balayés dès le premier tour par le Colorado. Une cinquième élimination consécutive en ouverture des playoffs. Et au bout, une carrière qui se termine sur une note forcément amère.
Mais c’est aussi ce qui a donné autant de force à l’instant. Parce que dans cette défaite, dans cette tristesse visible, dans cette émotion difficile à contenir, il y avait la vérité d’une fin de carrière. Pas une mise en scène. Pas un décor parfait. Juste un joueur qui comprend, à quelques minutes du buzzer final, que cette fois il n’y aura pas de “l’an prochain”. Que cette fois, c’est vraiment terminé.
Vingt ans au même endroit, cela ne se raconte pas seulement en statistiques
Bien sûr, les chiffres sont immenses. Kopitar s’en va comme meilleur pointeur de l’histoire des Kings avec 1316 points. Il part aussi comme le joueur ayant disputé le plus de matchs avec la franchise, avec 1521 rencontres. Il a dépassé Marcel Dionne, il a soulevé deux Coupes Stanley, en 2012 et 2014, il a remporté deux trophées Selke, et il a incarné pendant deux décennies l’exigence au plus haut niveau.
Mais limiter son héritage à cela serait encore trop petit. Ce qui rend sa carrière si particulière, c’est la manière. Kopitar n’a jamais eu besoin d’en faire trop pour imposer son importance. Il n’a jamais eu besoin de bruit pour exister. Il a mené par le jeu, par la régularité, par l’exemple, et surtout par une forme de respect permanent pour tout ce qui entoure une équipe. C’est d’ailleurs ce qui ressort le plus dans les hommages.
Le respect autour de lui dit tout de l’homme qu’il a été
Quand Drew Doughty peine à parler de lui, quand Adrian Kempe a la voix tremblante, quand Gabriel Landeskog, pourtant adversaire, le décrit comme le professionnel ultime, on comprend vite qu’on ne parle pas seulement d’un très grand centre. On parle d’un joueur qui a marqué profondément ceux qui ont partagé la glace avec lui, et même ceux qui ne l’ont affronté qu’en face.
Le plus révélateur est peut-être dans les détails. Après la série de poignées de main avec les joueurs et les coaches de l’Avalanche, Kopitar est allé saluer aussi les soigneurs et les membres du staff adverse. Ce petit geste résume presque toute sa carrière. L’attention portée aux autres. Le respect accordé à ceux qui ne sont pas sous la lumière. Cette capacité à considérer tout le monde avec la même dignité. C’est précisément ce qu’a voulu souligner D.J. Smith, en parlant d’un homme qui connaissait les enfants de tout le monde, qui ne se comportait jamais comme une star séparée du reste.
Les Kings vont devoir apprendre à vivre sans leur boussole
C’est peut-être là le vide le plus difficile à mesurer. Los Angeles ne perd pas seulement un attaquant productif ou un ancien capitaine. Les Kings perdent leur boussole morale, leur visage le plus stable, leur référence quotidienne. Pendant vingt ans, Kopitar a représenté une certaine idée du hockey à Los Angeles : sérieuse, collective, humble, durable.
Le défi de la suite sera immense pour la franchise. Pas seulement sur le plan sportif, même s’il sera déjà énorme. Mais aussi dans la transmission. Comment continuer à faire vivre cette culture sans celui qui l’a incarnée aussi longtemps ? Comment prolonger cet héritage autrement que par des hommages ? Les Kings entrent maintenant dans une nouvelle phase. Et pour beaucoup, elle commencera par une absence.
Kopitar quitte la glace, mais pas vraiment le cœur des Kings
Lui, en tout cas, semble prêt. Prêt à vivre autre chose, à être enfin un père à temps plein, à regarder grandir ses enfants sans les coupures imposées par une saison NHL. Il a parlé de cela avec une émotion très simple, presque plus forte encore que celle liée à sa carrière. Comme si, derrière la douleur de la fin, il y avait déjà la paix d’un autre rôle à embrasser.
Quand on lui demande comment il aimerait qu’on se souvienne de lui, sa réponse est à son image : comme d’un bon coéquipier, et comme de quelqu’un qui a gagné la Coupe Stanley deux fois. Rien d’enflé. Rien de grandiloquent. Juste l’essentiel.
Et c’est peut-être pour cela, justement, qu’Anze Kopitar restera immense.
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