- 1 Philadelphie a transformé Wells Fargo Center en chaudron
- 2 Pittsburgh a frappé en premier, sans jamais vraiment prendre la main
- 3 Le deuxième tiers a renversé toute la soirée
- 4 La longue confusion a fait basculer l’ambiance, puis le match
- 5 Vladar a tenu la maison pendant que les Flyers finissaient le travail
- 6 Les Flyers ont pris l’ascendant mental, et c’est peut-être le plus grave pour Pittsburgh
Philadelphie a transformé Wells Fargo Center en chaudron
Les Flyers attendaient ce moment depuis longtemps. Pas seulement une victoire en séries à domicile, la première depuis 2016. Ils attendaient une soirée de printemps capable de réveiller toute une ville, de faire trembler les tribunes, de rappeler à Pittsburgh que cette rivalité peut encore sentir la poudre. Mercredi soir, Philadelphie n’a pas seulement gagné. Philadelphie a imposé son tempo, son énergie, son vacarme. Résultat, une victoire 5-2 qui place désormais les Penguins au bord du vide, menés 3-0 dans cette série de premier tour.
Ce qui frappe, au-delà du score, c’est la sensation de maîtrise dégagée par les Flyers après un début de match pourtant mal engagé. Ils ont plié un instant, puis ils ont repris le contrôle du récit, comme une équipe qui commence à croire très fort qu’elle est en train de faire quelque chose de lourd. Dans une série où Pittsburgh court encore après son premier vrai match plein, Philadelphie, lui, joue avec une confiance qui grandit à chaque période.

Pittsburgh a frappé en premier, sans jamais vraiment prendre la main
Pour la première fois de la série, les Penguins ont enfin mené au score. Evgeni Malkin a ouvert la marque en avantage numérique dès la 4e minute, bien servi par Bryan Rust dans le demi-cercle. Sur l’instant, on aurait pu croire à un déclic. À un réveil, enfin. Crosby distribuait, Malkin concluait, et les Penguins donnaient l’impression d’avoir retrouvé un peu de tranchant.
Mais cette avance n’a jamais ressemblé à une prise de pouvoir. Elle avait plutôt le goût d’un sursis. Pittsburgh a eu un bon premier tiers, c’est vrai. Dan Muse l’a d’ailleurs reconnu après la rencontre. Sauf qu’en face, les Flyers n’ont jamais paniqué. Ils ont absorbé, attendu, puis frappé au moment où le match commençait à s’ouvrir. Et là, tout a tourné très vite.
Le deuxième tiers a renversé toute la soirée
C’est dans cette période que Philadelphie a cassé le match. Trois buts en six minutes, et d’un coup toute la rencontre a changé de camp. Trevor Zegras a d’abord remis les compteurs à zéro sur un tir sur réception en avantage numérique. Ce but avait presque quelque chose de symbolique. Les Flyers traînaient leur jeu de puissance comme un boulet depuis le début de la série, eux qui avaient déjà raté leurs huit premières occasions. Il fallait bien que ça tombe un jour. Et quand cela tombe dans un match 3 à la maison, face à votre rival, cela peut déverrouiller beaucoup de choses.
Puis Rasmus Ristolainen a donné l’avantage aux Flyers avec un tir du cercle droit glissé entre les jambières de Stuart Skinner. Et avant même que Pittsburgh comprenne vraiment ce qui lui arrivait, Nick Seeler a enfoncé le clou avec un tir de la pointe dans un trafic parfait devant le filet. En l’espace de quelques minutes, Wells Fargo Center ne vibrait plus, il grondait. Le genre de grondement qui fait perdre quelques repères à l’adversaire.
La longue confusion a fait basculer l’ambiance, puis le match
Il y a eu cette séquence étrange, presque interminable, après une mêlée derrière le but de Pittsburgh. Rust et Konecny tombent, ça s’échauffe, les arbitres distribuent les pénalités, tout le monde patiente, le rythme se coupe. Stuart Skinner l’a dit après coup, l’attente a paru une éternité. Et c’est souvent dans ces moments-là que les matchs de séries changent de texture.
Philadelphie a mieux vécu cette cassure. Les Flyers en sont ressortis plus branchés, plus agressifs, plus précis. Les Penguins, eux, ont semblé perdre le fil. Ce n’est jamais une excuse, juste un constat. Quand le jeu a repris, ce n’est pas Pittsburgh qui a repris sa marche. C’est Philadelphie qui s’est engouffré dans la brèche.
Vladar a tenu la maison pendant que les Flyers finissaient le travail
Il ne faut pas oublier Dan Vladar dans l’histoire. Le gardien des Flyers a stoppé 28 tirs et, surtout, il a su rester bien en place dans les moments où Pittsburgh aurait pu revenir. Les Penguins ont bien réduit l’écart à 3-2 grâce à Erik Karlsson en avantage numérique au troisième tiers. Pendant quelques secondes, on a presque cru à un retour, à une fin de match sous très haute tension.
Mais Philadelphie a immédiatement repris le manche. Noah Cates a redonné deux buts d’avance, encore en jeu de puissance, avec une feinte pleine de sang-froid devant le filet. Ce but a senti la sentence. Owen Tippett a ensuite fermé la boutique dans la cage vide, et tout le monde a compris que les Penguins n’avaient plus seulement perdu un match. Ils venaient de se mettre dans une position quasiment intenable.
Les Flyers ont pris l’ascendant mental, et c’est peut-être le plus grave pour Pittsburgh
À 3-0, les chiffres deviennent cruels. Mais le plus inquiétant pour les Penguins n’est peut-être même pas mathématique. Il est mental. Philadelphie joue plus libre, plus juste, plus uni. Pittsburgh, lui, donne l’impression de chercher encore la bonne formule en plein milieu de la série. Crosby parle de gagner un match, juste un. Karlsson rappelle que le quatrième est le plus dur à aller chercher. Tout cela est vrai. Mais encore faut-il montrer qu’on peut vraiment faire douter ces Flyers.
Pour l’instant, ce n’est pas le cas. Rick Tocchet a raison de calmer tout le monde en rappelant que la dernière victoire est toujours la plus difficile. Mais il sait aussi ce que son équipe vient de faire. Elle a pris les trois premiers matchs, elle a retrouvé son jeu de puissance au meilleur moment, elle a réveillé son public et elle a plongé son rival dans une vraie urgence.
Samedi, Pittsburgh jouera sa survie. Philadelphie, lui, arrivera avec une occasion immense. Celle de finir le travail. Celle de signer un balayage que, ce matin, on sent déjà très fort dans l’air de Pennsylvanie.
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