Moutet lance sa campagne marocaine avec autorité
Dans la chaleur sèche de l’ATP 250 de Marrakech, Corentin Moutet a signé une entrée en matière qui ressemble plus à une démonstration qu’à un simple tour de chauffe.
Face à lui, la sensation locale Taha Baadi arrivait portée par l’euphorie de son premier succès sur le grand circuit.
Le public espérait un combat, une étincelle, une histoire à raconter. Moutet, lui, a écrit un match sans suspense, clair, net, assumé.
Score final : 6-0, 6-2 en 1h04, comme un communiqué sec envoyé au reste du tableau.
Un début de rencontre étouffant
Pas de round d’observation. Pas de politesse. Dès le premier jeu, Moutet a imposé son tempo, alternant trajectoires bombées et prises de balle précoces,
comme s’il voulait enfermer Baadi dans une pièce sans fenêtres. Le break est tombé instantanément, presque par automatisme.
Sur le jeu suivant, le Marocain s’est rebellé le temps de trois volées gagnantes qui ont fait vibrer le court.
Mais même cette petite révolte n’a été qu’un souffle. À 40-40, il a cédé, laissant Moutet filer à 3-0. La hiérarchie venait d’être posée, nette.
Le Marocain surjoue, le Français déroule
Poussé dans ses retranchements, Baadi a voulu compenser l’écart de niveau en tentant le tout pour le tout.
Sauf que sur terre battue, face à un joueur qui lit le jeu comme Moutet, forcer devient souvent synonyme de craquer.
Les fautes directes en coup droit se sont accumulées, comme des grains de sable dans un engrenage déjà fragile.
Dans le même temps, Moutet s’offrait des amortis en série, parfois géniales, parfois un peu gratuites, mais toujours révélatrices d’une domination totale.
Un nouveau break, un jeu de service blanc, et voilà le premier set emballé : 6-0, sans bavure.
Une deuxième manche un peu plus vivante
Le second set a enfin offert quelques échanges plus serrés, où les deux joueurs ont dû couvrir toute la largeur du court.
Baadi a montré du cœur, de la volonté, presque de l’orgueil. Mais Moutet a calmé toute tentative de rébellion d’un passing de revers long de ligne splendide,
placé alors que Baadi glissait dans la terre et finissait au sol, spectateur impuissant de la trajectoire parfaite de la balle.
À partir de là, le Français a simplement continué d’appuyer là où ça faisait mal. Son service, sans être exceptionnel, a suffi à maintenir son adversaire à distance.
Il s’est même payé quelques services volées, histoire d’accentuer encore l’écart de maîtrise.
Baadi a tout de même réussi à remporter deux jeux de service, de quoi décrocher une poignée d’applaudissements sincères.
Mais l’issue ne faisait plus débat depuis longtemps. Le seul micro-moment de tension est venu sur le dernier jeu de Moutet, un instant moins propre, un peu chahuté.
Rien de dramatique : le Français a conclu avec la même sérénité que celle affichée tout au long de la rencontre.
Déjà un duel piégeux en ligne de mire
Pour une place en demi-finales, Moutet retrouvera maintenant l’Argentin Marco Trungelliti, tombeur de Kamil Majchrzak.
Un joueur atypique, imprévisible, capable de transformer un match en casse-tête si on le laisse installer son rythme.
Mais si Moutet conserve ce niveau de contrôle, ce mélange de vista et de variations, il avancera encore.
Son entrée en lice n’a pas simplement été réussie. Elle a été un message. À Marrakech, il n’est pas venu pour jouer le décor.
Il est venu pour laisser une trace.


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