Une journée à rallonge qui finit par se payer
Il y a des tournois où tout s’enchaîne un peu trop vite pour un seul corps. Ce vendredi, à Gstaad, Quentin Halys en a fait la douloureuse expérience. Qualifié en fin de matinée après avoir bataillé face à Alexander Bublik, tenant du titre, le Français n’a eu que quelques heures pour souffler avant de retourner sur le court l’après-midi même. Son adversaire du jour ? Un deuxième Kazakhstanais, Alexander Shevchenko, pour un quart de finale qui sentait déjà le piège avant même le premier échange.
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Un physique qui dit stop avant la tête
Sur le papier, les conditions auraient pourtant pu jouer en sa faveur. Le soleil, absent depuis le début de semaine sur la terre battue helvétique, avait enfin décidé de pointer le bout de son nez, rendant les échanges plus francs et plus propices aux frappes lourdes qui font la force de Halys. Sauf qu’encore fallait il avoir les jambes pour en profiter. Et sur cette deuxième apparition de la journée, les jambes du Français ont clairement montré leurs limites.
Le premier set en a été le parfait résumé. Halys tient bon, reste dans le match, avant de complètement craquer dans le money time du tie-break. Alors qu’il menait pourtant 5-3, une avalanche de fautes en coup droit, souvent dans des positions favorables où il aurait dû faire mal, a ouvert la porte à Shevchenko. Le Kazakhstanais, lui aussi à son deuxième match du jour, n’a pas hésité à s’y engouffrer, revenant à hauteur avant de conclure sur un smash sans appel dès sa première balle de set.
Un sursaut de fierté dans le dernier jeu
La suite ressemblait à une formalité qui se dessinait. Dans la deuxième manche, Halys tentait bien quelques initiatives, comme cet enchaînement service volée joué sur une balle de break, mais l’exécution manquait cruellement de fraîcheur. Sa volée mourait dans le filet, Shevchenko prenait le large 4-2, et tout semblait plié.
Sauf que le tennis a parfois ce truc de rappeler qu’un match n’est jamais vraiment terminé tant que le dernier point n’est pas joué. Sur le service de Shevchenko, à quelques centimètres de la sortie de route, Halys a sorti son meilleur tennis de la journée. Un jeu interminable, complètement fou, où il a sauvé pas moins de six balles de match consécutives. Certaines grâce à des frappes retrouvées, d’autres portées par la nervosité grandissante de son adversaire, à l’image de cette double faute concédée sur la sixième occasion. Un vrai coup de chaud pour Shevchenko, qui sentait pourtant la victoire à portée de main depuis plusieurs minutes.
Une sortie logique malgré la résistance
Mais il en fallait plus pour faire dérailler totalement le Kazakhstanais. Sur la septième balle de match, la bonne cette fois, Shevchenko refermait définitivement la porte et validait sa qualification pour les demi finales de l’Open de Gstaad, sur le score de 7-6 (5), 6-3.
Pour Halys, cette élimination a un goût amer mais pas franchement surprenant au regard du programme de sa journée. Jouer deux matches dans la même journée, contre deux adversaires différents, sur une terre battue exigeante physiquement, relève souvent du numéro d’équilibriste impossible à tenir jusqu’au bout. Le Français peut néanmoins retenir ce dernier jeu de résistance, symbole d’un mental qui n’a rien lâché, même quand le corps, lui, avait clairement dit stop bien avant la fin.
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