Une discipline sous pression depuis des années
Le double vit sous la menace d’une réforme depuis un bon moment déjà. À intervalles réguliers, la question ressurgit sur la table de l’ATP, et à chaque fois les spécialistes retiennent leur souffle. Édouard Roger-Vasselin connaît la partition par cœur. À 42 ans, l’un des doublistes français les plus expérimentés du circuit a de nouveau pris la parole pour défendre son terrain.
Interrogé par L’Équipe, il balaie d’abord l’argument que l’on ressort à chaque débat : celui du coût. « L’ATP va très bien », lâche-t-il, avant de préciser sa pensée sur ce que provoquerait une réforme mal pensée.
Le vrai enjeu, ce sont les carrières
« Certains spécialistes n’auront plus la possibilité de jouer les gros tournois et à terme, n’auront plus de taf, tout simplement », prévient-il. Derrière le débat de format se cache une réalité économique concrète pour des dizaines de joueurs qui vivent du double.
Roger-Vasselin pointe aussi un précédent récent. « On l’a vu à Roland-Garros le mois dernier, il y a eu énormément de forfaits des joueurs de simple dans le tableau de double. C’est ça la réalité, on a besoin des joueurs de double. » L’argument n’est pas anodin : quand les têtes d’affiche désertent le tableau, ce sont les spécialistes qui font tourner la discipline.
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Un aveu lucide sur l’audience
Le Français ne se cache pas derrière de fausses évidences. « Il y a des opposants qui disent que ça coûte trop d’argent. Évidemment qu’au premier tour d’un ATP 250, il n’y a peut-être que 200 personnes qui regardent, on en a conscience, mais il faut en passer par là. » Reconnaître la faiblesse d’audience tout en défendant l’utilité de la discipline, voilà une position rare à ce niveau. Son espoir tient en une phrase : que les Grands Chelems, eux, ne suivent pas le mouvement.
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