Un choc attendu se transforme en désillusion pour Coco Gauff
Le Rod Laver Arena s’était mis sur son trente-et-un, prêt à vibrer pour un duel annoncé comme l’un des sommets du tournoi. Svitolina face à Gauff, l’expérience contre la fougue, la précision contre la puissance. Sur le papier, c’était une affiche qui sentait la poudre. Sur le terrain, pourtant, c’est un tout autre spectacle qui s’est joué, un monologue ukrainien où Coco Gauff n’a jamais trouvé la moindre réplique.
Dès les premiers échanges, quelque chose clochait. Gauff semblait courir avec un sac de sable accroché aux chevilles. Ses frappes manquaient de précision, son regard de conviction, ses déplacements de détermination. Engluée dans un mélange de nervosité et d’imprécisions, elle a offert un premier set catastrophique, lâché 1-6, comme si chaque point lui échappait entre les doigts.
En face, Elina Svitolina avançait avec une assurance glaciale, presque déconcertante. Elle n’a pas eu besoin de sortir un tennis stratosphérique, simplement de dérouler sa partition habituelle, propre, méthodique, terriblement efficace. Le deuxième set n’a été qu’une confirmation. Score final 1-6, 2-6. Une claque, une vraie. Le genre qui laisse une empreinte rouge sur la joue et un goût amer au fond de la gorge.
Pour Svitolina, cette victoire est plus qu’un ticket pour le dernier carré. C’est un jalon majeur, un passage symbolique dans une carrière où elle n’avait encore jamais franchi les demi-finales à Melbourne. Pour Gauff, c’est un faux pas. Pas un drame, mais un mur contre lequel elle est venue taper à pleine vitesse.
Une réaction explosive hors du court
Sur le court, elle avait gardé la face. Petite tape sur la raquette, salut au public, masque neutre. Rien ne filtrait. Mais dans les coulisses du stade, loin des projecteurs mais jamais vraiment hors de portée des caméras, la digue a cédé.
Une porte poussée un peu trop fort. Un souffle court. Et puis sa raquette, projetée contre le mur, éclatée comme un miroir qui renvoie l’image crue de la frustration. Une scène brève, brutale, presque cathartique. Le genre de moment qu’on a vu chez Baghdatis, chez Bencic, chez tant d’autres avant elle. Le genre de moment qui dit tout sans un mot.
Coco Gauff n’a que 19 ans, mais elle porte déjà les attentes d’une star majeure du circuit. Ce geste n’est pas un caprice, c’est un cri. Un rappel que derrière le sourire, la maturité précoce et les victoires impressionnantes, il y a une athlète qui veut tout, tout de suite, et qui supporte mal les jours où rien ne répond.
<blockquote class= »twitter-tweet »><p lang= »en » dir= »ltr »>Coco Gauff releases her frustrations after a disappointing defeat in the Australian Open quarter-finals 💥 <a href= »https://t.co/4Ur9jlxR0P »>pic.twitter.com/4Ur9jlxR0P</a></p>— TNT Sports (@tntsports) <a href= »https://twitter.com/tntsports/status/2016078126741151958?ref_src=twsrc%5Etfw »>January 27, 2026</a></blockquote> <script async src= »https://platform.twitter.com/widgets.js » charset= »utf-8″></script>
Le parcours impressionnant de Svitolina
Dans l’ombre de cette défaite inattendue, il faut surtout regarder la lumière qui éclaire Svitolina. Sa montée en régime est l’une des belles histoires de ce tournoi. Elle joue simple, elle joue juste, elle joue concentré. Il n’y a rien de spectaculaire dans son tennis, mais tout est chirurgical. Une prise d’informations permanente, des variations précises, une gestion millimétrée des temps faibles.
Face à Gauff, elle n’a jamais reculé. Elle a absorbé, relancé, accéléré quand il fallait. Une partition maîtrisée qui montre pourquoi elle est désormais une prétendante sérieuse au trophée. Le public australien adore les battantes. Svitolina en est une. Une vraie.
Un avenir prometteur pour Gauff
Il serait bien trop simple d’enterrer Coco Gauff après une telle sortie. Et ce serait surtout une erreur monumentale. La jeune Américaine a déjà montré qu’elle savait transformer les déceptions en moteur. Elle a le jeu, elle a la tête, elle a l’envie. Ce qu’elle a vécu aujourd’hui, ce n’est pas un frein, c’est une cicatrice de plus. Et les champions se construisent avec leurs cicatrices.
La prochaine fois qu’elle entrera sur un court, cette déroute face à Svitolina sera dans un coin de son esprit. Pas comme un poids, mais comme un aiguillon.
Ce match n’a pas tenu ses promesses, c’est vrai. Mais il a raconté quelque chose. L’ascension patiente d’une Svitolina sûre de son tennis. Et la croissance parfois douloureuse d’une Gauff encore en construction. Deux trajectoires qui se croisent. Deux histoires qui ne font que commencer.


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